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Essai AUDI S5

Vincent Desmonts le 06/06/2007

Les coupés avaient totalement disparu du catalogue Audi au milieu des années 90, laissant le champ libre à Mercedes et BMW. Mais ils reviennent, et de fort belle manière !

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Présentation

Les coupés avaient totalement disparu du catalogue Audi au milieu des années 90, laissant le champ libre à Mercedes et BMW. Mais ils reviennent, et de fort belle manière ! La S5 incarne la fascinante montrée en gamme de la marque aux anneaux. Il suffit pour s'en convaincre de mettre côte à côte la nouvelle venue et une Audi Ur-Quattro ou même les derniers Audi Coupé S2 de 1996 : l'A5 semble plus grosse, plus cossue, en un mot plus luxueuse. La sportive S5 marie l'excellence technologique chère au constructeur d'Ingolstadt à une rare élégance mêlée d'agressivité. Son V8 de feu et sa transmission intégrale Quattro habillés d'une robe digne d'un grand couturier italien vont sérieusement bousculer les deux rivales en place, les coupés BMW Série 3 et Mercedes CLK. Une nouvelle étoile est née !

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Design

C'est en Italie, près de Vérone, qu'Audi a décidé de présenter les nouvelles A5 et S5. Un lieu qui n'a pas vraiment été choisi au hasard : les Italiens sont réputés pour leur designers hors pair, aussi doués lorsqu'il s'agit de dessiner une voiture qu'une cuisine ultramoderne ou des meubles contemporains. C'est d'ailleurs à un italien que la S5 doit son style qui fait tourner tant de têtes : un certain Walter de'Silva, natif de Lecco, en Lombardie, à une cinquantaine de kilomètres de Milan. Walter de'Silva a marqué les esprits chez Alfa Romeo, où il a notamment signé les 156 et 147, qui marquèrent le renouveau du style de la marque milanaise. Après un passage chez Seat, il fut nommé chez Audi afin de revigorer le design un peu endormi de la marque. La désormais célèbre calandre « singleframe », c'est lui !

L'Audi S5 est sans doute la plus belle réussite de Walter de'Silva chez Audi. Musculeuse mais pas massive, agressive mais pas vulgaire, rigoureuse mais pas rigoriste, la S5 est un miracle de design ! Les fans de BMW crieront peut-être au vol en comparant le style arrière avec celui du tout nouveau coupé Série 3, mais pour le reste, la S5 ne doit rien à personne. Harmonieusement proportionnée, la S5 s'offre un empattement confortable et des porte-à-faux réduits au strict minimum. Un dynamisme souligné par la jolie vague courant des optiques avant à la malle, élégamment incurvée à hauteur des passages de roues. Quant au montants de custode en trapèze, ils évoquent le profil de l'Audi Ur-Quattro des années 80.

Habitacle

Dans l'habitacle aussi, les fans de la marque à l'hélice risquent de hurler : la S5 adopte une planche de bord avec console centrale orientée vers le conducteur, une disposition autrefois si chère à BMW ! La position de conduite est excellente, les diverses commandes tombent naturellement sous la main. La S5 reçoit des sièges baquet aussi beaux qu'accueillants, dotés de multiples réglages électriques. Les matériaux employés sont aux standards Audi, tout comme l'assemblage. A l'arrière, la garde au toit reste modeste, mais les places se révèlent confortables et accueillantes. Contrairement au coupé Mercedes CLK, les vitres arrière sont fixes.

Côté équipement, la S5 n'est évidemment pas dépouillée, puisqu'elle possède une radio CD compatible MP3 à 10 haut-parleurs, une climatisation automatique à trois zones, une sellerie cuir/Alcantara ou encore des phares au xénon. Mais on pourra cependant la taxer de pingrerie : le contrôle de la pression des pneus, les sièges avant à mémoires, le radar de stationnement ou le système de navigation figurent au catalogue des options. Agrémentée de quelques-uns de ces suppléments, notre voiture d'essai culminait à 68 800 euros !

Châssis

L'Audi A5 inaugure des liaisons au sol qui seront réutilisées par la prochaine berline A4. La version S5 profite quant à elle de réglages orientés vers plus de sportivité grâce à des ressorts et amortisseurs raffermis. Le tout nouveau train avant à cinq bras dispose en outre d'un renfort destiné à améliorer la rigidité torsionnelle. La transmission intégrale Quattro de série est quant à elle paramétrée pour favoriser légèrement l'essieu arrière, qui reçoit 60 % du couple en conditions normales. Les freins sont majorés et l'ESP totalement déconnectable pour ceux qui voudraient faire joujou sur circuit ou, plus vraisemblablement, sur route sinueuse.

Car si la S5 dépasse les 1 600 kg à vide – un poids cependant relativement contenu comparé aux concurrentes, cela ne se sent guère à la conduite. Le train avant semble posé sur des rails tant son potentiel d'adhérence est élevé : le sous-virage n'intervient que très tardivement. Quant au train arrière, il reste rivé sur sa trajectoire, mais n'hésite pas à faciliter l'inscription en courbe pour peu que l'on rentre dans le virage « sur les freins ». La S5 marie avec un talent consommé agilité et facilité, plaisir de conduite et sécurité tous temps. Quant au confort de suspension, il n'est guère entaché que par une certaine fermeté à basse vitesse, sans doute causée par la monte pneumatique imposante. Le poids ne se rappelle à notre bon souvenir qu'au bout d'un certain nombre de freinage appuyés : les adeptes des descentes de cols à rythme soutenu devront alors se résigner et adopter un train plus paisible pour laisser refroidir les garnitures soumises à rude épreuve.

Moteurs

A tout seigneur, tout honneur : la S5 a le privilège de recevoir le V8 de l'Audi R8 ! Dans une version « dégonflée » à 354 ch, cependant. Une cavalerie qui reste suffisante pour catapulter cet élégant coupé de 0 à 100 km/h en 5,1 s, avec en bonus une sonorité caverneuse qui incite à rouler vitres baissées plus que de raison ! Quatre arbres à cames en tête actionnés par chaînes, 32 soupapes, injection directe FSI, bloc en alliage d'aluminium et silicone, admission à deux étages... le V8 de la S5 fait la techno parade sous le capot ! Coquetterie suprême : il ne se cache pas sous un sarcophage en plastique comme trop de moteurs aujourd'hui, et préfère exhiber fièrement son admission et ses couvre-culasses. Avis aux amateurs de belles mécaniques !

Capable de prendre 7 000 tr/min, mais aussi de reprendre sans un hoquet depuis 1 000 tr/min sur n'importe quel rapport, le V8 4.2 FSI sait tout faire. Souple et silencieux en bas du compte-tours, énergique et mélodieux en haut, il saura se plier à tous vos caprices (de star). Il délivre son couple maxi de 440 Nm à 3 500 tr/min, mais en offre déjà 375 à 2 000 tr/min. Dès lors, guère besoin de recourir fréquemment au levier de vitesses, pourtant précis et bien guidé. Seul bémol : le bilan consommation n'est pas aussi flatteur qu'Audi l'affirme. Malgré l'injection directe FSI, la S5 réclame 12,4 l/100 km en moyenne, alors que la Mercedes CLK 500 se contente de 11,5 l/100 km malgré une cylindrée supérieure (5,5 litres) et la présence d'une boîte automatique. Si elle a contribué à la victoire d'Audi aux 24 Heures du Mans à six reprises, la technologie FSI doit encore faire ses preuves sur nos routes...

Sur la route

Ces routes sinueuses et très étroites de la province de Vérone semblent peu destinées à accueillir ce coupé puissant et relativement imposant. Pourtant, l'Audi S5 s'y coule avec facilité. La puissance du V8 se charge de raccourcir encore les brèves portions de lignes droites, tandis que sa souplesse permet de rester en troisième la plupart du temps. L'équilibre du châssis et son adhérence exceptionnelle mettent en confiance le moins expérimenté des conducteurs. Même les passages plus bosselés du trajet ne parviennent pas à mettre en péril cette belle harmonie, grâce à des suspensions bien calibrées qui se payent le luxe de préserver le confort !

Il va sans dire que sur des routes plus accueillantes, la S5 est dans son élément. Inlassable routière, elle jouit d'une insonorisation de qualité (le V8 sait ronronner discrètement lorsqu'on ne le sollicite pas) et d'un confort plutôt feutré. Sa stabilité sur autoroute fait également merveille. Il n'y a finalement qu'en ville où la belle sera à manier avec précautions. Sa carrosserie exposée et le rayon de braquage assez imposant seront deux contraintes qui la prédisposent aux larges avenues des beaux quartiers. Mais, après tout, n'est-ce pas là sa véritable destination ?

À retenir

Audi frappe fort avec cette S5 : le coupé sportif de la marque aux anneaux frise le sans-faute ! D'une rare élégance, confortable, performant, plaisant et sécurisant, il ne souffre guère que d'un freinage dont l'endurance paraîtra un peu légère aux conducteurs les plus exigeants. Le prix, lui, risque au contraire de sembler un peu lourd à digérer, d'autant qu'il faut agrémenter la note de quelques options pour atteindre le standing attendu d'un tel coupé.
points fortsChâssis exceptionnel, adhérence élevée et agilité, V8 souple et mélodieux, performances élevées, confort préservé, présentation soignée.
points faiblesTarif élevé, quelques lacunes d'équipement, consommation, endurance du freinage en utilisation intensive.
16.3

20
Les chiffres
Prix 2007 : 61 900 €
Puissance : 354 ch
0 à 100km/h : 5.1s
Conso mixte : 12.4l/100
Notre avis
Agrément de conduite : 18/20
Sécurité active et passive : 16/20
Confort et vie à bord : 16/20
Budget : 9/20

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Avis des propriétaires

Commentaires

avatar de Benj12345
Benj12345 a dit le 24-10-2016 à 11:51
Possesseur d'une S5 V8 de 2007, je dois dire que je suis surpris par certains commentaires !! La sonorité du V8 est envoûtante, qu'il s'agisse à faible vitesse ou lorsque l'on grimpe dans les tours.... Qui peut dire qu'un V8 est "sans intérêt" ... encore un pseudo amoureux de l'automobile !!! Comment peut-on manquer à ce point d'objectivité... chaque avis est subjectif mais je trouve que certains sont dénoués de sens .... concernant l'agrément moteur, sans être une hyper-sportive, la s5 reste quand même très efficace et procure des sensations que vous ne retrouverez pas sur une voiture lambdas. Je peux comprendre que l'on puisse ne pas aimer mais il faut quand même reconnaître des qualités à cette très bonne voiture.
avatar de spooky
spooky a dit le 12-01-2014 à 20:43
L'essayeur m'etonne beaucoup par ses commentaires. J'en ai achete une il y a 3 ans (version V8, la meme que l'essai) et parcouru 60'000km avec. Contrairement a ce qui est dit dans l'essai, voila ce que j'ai constate: * Le bruit ne presente aucun interet, pas beau du tout (a l'interieur, car a l'exterieur il est bien). Vitres ouvertes, on entend le vent, pas le moteur. * l'equilibre de la voiture est franchement sous-vireur, pas du tout sportive, pas equilibree en fait. * jamais eu de problemes de freins