Championnat Endurance 2014

Audi, Toyota, Porsche à l’assaut d’un nouveau règlement basé sur l’économie de carburant : le WEC (Word Endurance Championship) 2014 promet d’être un millésime exceptionnel digne des grands duels Ford/Ferrari ou Ford/Porsche des années 60. Huit épreuves sont au programme à partir du 20 avril (6 heures de Silverstone) jusqu’au 30 novembre (6 heures de Sao Paulo) en passant par les 24 Heures du Mans les 14 et 15 juin, sommet de la saison.

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Silverstone : Toyota donne une leçon d’hybridation à Audi

Jean-François Destin le 22/04/2014

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Toyota

Audi
Doublé Toyota, aucune Audi à l’arrivée et un podium pour Porsche : cette première manche britannique du WEC a bien répondu aux questions que nous nous posions lors de la présentation de la course. Basé sur l’efficience énergétique, le nouveau règlement a surtout profité à Toyota et à ses choix de V8 essence atmosphérique associé à une double hybridation et à un super condensateur électromagnétique. Un ensemble délivrant 1000 chevaux testé depuis près de deux ans et qui a parfaitement fonctionné sur le circuit de Silverstone balayé par la pluie et les rafales de vent glacé.

Les deux TS040 de Toyota Racing ont mené la course pratiquement de bout en bout, la N°8 de Davidson/Lapierre/Buemi l’emportant devant la N°7 de Sarrazin/Nakajima/Wurz à 1 tour, menacée jusqu’au bout par la Porsche 919 N°20 de Bernhard/Webber/Hartley.

Dès le départ, ces 6 heures de Silverstone prirent des allures de Grand Prix de F1, les 6 protos Hybrides bataillant presque portière contre portière pour se porter aux avant-postes. Des passes d’armes très risquées qui permirent tout de même à l’Audi de Lotterer de devancer brièvement les deux Toyota au 13 ème tour.

Un bonnet de laine sur la tête, Wolfgang Ullrich, Directeur d’Audi Sport fronçait les sourcils en se demandant s’il allait falloir calmer l’ardeur des pilotes à la radio.

Audi

Toyota
En fait, l’arrivée brutale de la pluie allait sceller le triomphe de Toyota et provoquer la déroute d’Audi. Les Japonais firent immédiatement rentrer les deux autos pour monter des pneus pluie alors que chez Audi, on n’en fit rien en misant sur une courte averse.

Au 34ème tour, l’Audi N°1 aux mains de di Grassi allait brutalement taper le rail. Le Brésilien parvenait à ramener la R18 au box mais les dégâts sur la coque interdisaient tout retour en piste. A cet instant, tous les concurrents surfaient sur des nappes d’eau, Lotterer sur l’Audi N°2 roulant presque au ralenti. Chez Porsche, la N°14 rentrait sans sa roue avant gauche et abandonnait, la transmission ayant été endommagée.

Pour Audi, la mauvaise stratégie pneus semblait responsable de la perte d’une des deux voitures mais à la mi-course, c’était au tour de Benoit Tréluyer sur la n°2 de venir heurter violemment le garde-rail. Comme en témoignaient les images de la caméra embarquée, la R18 avait échappé au contrôle du pilote sans aucune raison dans cette courbe rapide. Tréluyer, légèrement touché au poignet tentait sans succès de refaire démarrer la voiture, le train avant ouvert dans les graviers interdisant tout mouvement.

En fait, ces deux accidents aux circonstances curieusement similaires sur lesquels le staff technique d’Audi n’a pas voulu se prononcer seraient liés aux perturbations du comportement de la voiture lors des phases de récupération cinétique au freinage. Par obligation de réserve, Benoit Treluyer n’a pas souhaité se prononcer mais il est certain que les debriefings organisés à Ingolstadt cette semaine seront animés. Et il faut pouvoir remédier à ce problème avant les 6 Heures de Spa programmées le 6 mai prochain.

Porsche

Porsche
On évoquait avant la course les choix d’hybridation très différents de chaque constructeur. Il est clair que celui d’Audi (V6 diesel turbo, une seule récupération cinétique et un volant à inertie pour faire transiter l’énergie) n’est pas le meilleur, les deux R18 ayant été surclassées en performances par les Toyota.

Chez Porsche, on a tout lieu d’être satisfait. La perte de la roue de la 919 N°14 n’est due qu’à la défaillance d’une pièce et la fiabilité comme les choix d’hybridation augurent de belles performances.
"Porsche a opté pour une configuration aérodynamique typée Le Mans avec très peu d’appui jusqu’aux 24 Heures" expliquait Romain Dumas, déçu de l’abandon prématurée de sa voiture. "A Silverstone, vu les conditions climatiques, nous aurions aimé disposer d’un kit aéro adapté car nous perdions en courbe ce que nous gagnions en ligne droite avec notre vitesse de pointe. On sera en revanche plus à l’aise à Spa".

A Silverstone, il n’a pratiquement pas été question des restrictions énergétiques pourtant au cœur du nouveau règlement FIA impliquant une surveillance de la consommation tour après tour. Apparemment, aucun concurrent n’a été pris en flagrant délit de dépassement. Au titre du rodage du système, les délégués techniques FIA Wec se sont-ils montrés magnanimes pour cette course inaugurale du Championnat ou les constructeurs ont-ils mis au point des logiciels automatiques bien étalonnés ? Le mystère demeure d’autant qu’aucun pilote n’a accepté de dévoiler la nature des systèmes embarqués leur permettant de contrôler les données des débitmètres.

Reste que même si les pluies intermittentes et les conditions automnales (la course a été écourtée de 25 minutes) ont souvent ralenti la cadence, les 45.000 spectateurs ont assisté à une vraie course de vitesse. Si certains pilotes ont levé le pied dans le trafic pour préserver le carburant, ça ne s’est pas vu. Et c’est bien là l’essentiel.

Porsche
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