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Acheter une FIAT 124 Spider (1966 - 1985)

Stéphane Schlesinger le 19/10/2018

Face à l'Alfa Romeo Duetto, dévoilée en même temps, la 124 Spider fait très bonne figure. Sa ligne plus consensuelle, qui n'est pas sans rappeler celle de la Ferrari 275 GTS, s'allie à une puissance de 90 ch, élevée vu la faible cylindrée.

Valeur à suivre

FIAT 124 Spider (1966 - 1985)

Elle ne paie pas de mine, la berline Fiat 124, lors de sa présentation en mars 1966. D'un dessin très cubique, façon boîte à chaussures, bien dans son époque, elle reste une classique propulsion à essieu arrière rigide. Toutefois, sérieusement conçue, avec sa suspension bien guidée et ses quatre freins à disques, elle est élue "Voiture de l'année" 1967. Elle passe à la postérité en URSS où, après quelques modifications, elle devient la Lada 2101-7 en 1970 : près de 20 millions seront produites. Mais le plus beau survient en septembre 1966 avec la présentation des 124 Sport, un coupé dessiné en interne par Mario Boano et un spider dû à Tom Tjaarda chez Pininfarina. Ces deux modèles inaugurent une mécanique ultramoderne, un 4-cylindres à double arbre à cames en tête doté d'une courroie de distribution, alors bien plus simple à entretenir qu'une chaîne et plus silencieuse. Ce moteur, conçu par Aurelio Lampredi, va durer jusqu'en 1999 !

Face à l'Alfa Romeo Duetto, dévoilée en même temps, la 124 Spider fait très bonne figure. Sa ligne plus consensuelle, qui n'est pas sans rappeler celle de la Ferrari 275 GTS, s'allie à une puissance de 90 ch, élevée vu la faible cylindrée (1 438 cm3). La boîte à 5 rapports, une rareté à l'époque, permet de l'exploiter de façon optimale : la 124 Spider pointe à 170 km/h. Cela dit, elle manque un poil de tempérament. Néanmoins, sûre, pratique avec ses petites places arrière, et confortable, cette première mouture (AS), qui a vu le guidage de son train arrière amélioré en 1968, se vend à 32 327 unités. La première évolution (BS) apparaît fin 1969. Retouchée esthétiquement (capot à double bossage, calandre nid-d'abeilles, feux arrière agrandis), elle gagne aussi un peps bienvenu. Comment ? Grâce à un nouveau bloc très vif de 1 608 cm3 qui, gavé par deux carburateurs double corps, développe 110 ch et propulse ce charmant petit cabriolet à 180 km/h. Simultanément, la 1,4 l ne passe plus la 5e qu'en option. Facturée 21 028 F en 1970 (22 500 € actuels), la 1600 se positionne favorablement face à l'Alfa Spider 1750 (24 600 F pour 118 ch) voire la Peugeot 504 Cabriolet (24 730 F), mais la MGB, certes limitée à 96 ch, reste beaucoup plus abordable à 17 975 F.

En août 1972, le cabriolet 124 devient CS en adoptant les Lampredi modernisés de la nouvelle 132. Le 1,6 l descend à 1 592 cm3 (toujours 110 ch, mais un seul carburateur), le 1,4 l disparaît et un 1 756 cm3 de 118 ch vient chapeauter la gamme. Avec ce bloc, la découvrable italienne atteint 185 km/h : joli bouquet final ! En effet, en 1975, la 124 Spider quitte le marché européen pour ne plus être vendue qu'aux États-Unis, en série CS1, ornée de gros pare-chocs noirs qui lui vont curieusement bien ! Attention, les modèles exportés là-bas voient leur puissance sérieusement entamée à cause des normes de dépollution. Or ils sont nombreux à avoir été ramenés en Europe. Le 1,8 l chute à 83 ch, et le 2,0 l, qui le remplace en 1978 (série CS2), se cantonne à 87 pathétiques chevaux ! Heureusement, la série CSO, présentée en 1979, adopte une alimentation par injection, portant le 2,0 l à 102 ch. Et, pour enfoncer le clou, l'importateur américain lui greffe un turbo en 1981, portant la cavalerie à 122 ch. Sept cents seulement sont fabriqués. Surprise, le spider revient en Europe dès 1982. Ce n'est plus la Fiat 124 mais la Pininfarina Spider Europa, le carrossier italien en assurant la fabrication. Tableau de bord redessiné, intérieur luxueux, il est transfiguré. Codé DS, il profite d'aciers de meilleure qualité et se pare d'une version Volumex à compresseur forte de 135 ch en 1983 (500 produites). La plus désirable de cette génération !

Le spider quitte la scène en 1985, après avoir été fabriqué à 198 120 unités. Très majoritairement vendu outre-Atlantique, ce cabriolet est devenu bien rare en Europe, où sa très grande sensibilité à la rouille l'a décimé. Dommage, car sa mécanique est fiable. Du coup, les beaux exemplaires voient leur cote grimper sérieusement, d'autant que le nouveau 124 Spider de 2015 a ramené l'attention sur les anciens. Bourrés de charme, sains dynamiquement et encore performants, les modèles AS/BS/CS sont les plus recherchés, surtout en 1 608 cm3, du fait de leur grande vivacité. Les DS ont leur mot à dire, car plus confortables et chics. Ils résistent aussi mieux à la corrosion et n'ont pas été défigurés en se modernisant, contrairement à l'Alfa Spider et à la MGB. Quant aux modèles US, moins chers, ils peuvent être intéressants s'ils disposent d'une carburation européenne. Mais gare aux cache-misère...

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