Acheter une FERRARI 365 GT4 2+2 /400/412 (1972 - 1989)

Stéphane Schlesinger le 12/10/2020

Adulé pour ses voitures de sport et de course, Ferrari est pourtant passé de l'artisanat à l'industrie avec les 2+2. En effet, elles ont d'emblée réalisé des volumes de vente bien plus importants que les biplaces, et ont permis au Cheval cabré de financer ses activités en course. Elles procèdent toutes de la 250 GTE de 1960 qui, à son retrait en 1963, avait été fabriquée à près de 950 unités, soit plus que toutes les Ferrari réunies entre 1947 et 1960 (750) ! Elle fut remplacée par la 330 America, puis GT (1964), la 365 GT 2+2 (1967), elle-même éclipsée par la 365 GT4 2+2 en 1972.

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Valeur à suivre

FERRARI 365 GT4 2+2 /400/412 (1972 - 1989)

Celle-ci, dessinée par Leonardo Fioravanti, alors designer chez Pininfarina, surprend par ses lignes sobres et tendues. Elles mêlent avec bonheur les influences de la Fiat 130 Coupé – une autre création de Pininfarina apparue un an auparavant – pour les volumes ainsi que l'arrière tronqué, et de la Daytona, que Fioravanti a lui-même tracée, pour les flancs bombés et barrés d'une nervure en leur milieu, les passages de roues étant délicatement soulignés. L'auto arbore aussi une face avant pointue, très novatrice avec cette calandre repoussée sous le pare-chocs et ces feux affleurants, encadrant une partie tôlée. Des projecteurs rétractables jaillissent carrément dans le prolongement du capot. Un ensemble fin, homogène et fort en caractère que l'œil raffiné saura apprécier à sa juste valeur.

La GT4 récupère le châssis tubulaire de la 365 GTC/4 qu'elle remplace, en l'allongeant de 15 cm au profit des passagers arrière, ainsi que son tableau de bord et son V12 4,4 l à 4 arbres à cames en tête et six carburateurs, dérivant de celui de la Daytona, excusez du peu... Sur la GTC/4 et GT4 2+2, il se contente d'un carter humide et non plus sec, tout en s'accolant à la boîte, la puissance ressortant à 340 ch. Très moderne par son look, la GT4 2+2 coûte 30 000 F plus cher qu'une Daytona : 165 000 F, soit environ 150 000 € actuels. Conçue pour plaire aux Américains, elle ne sera pourtant pas vendue outre-Atlantique, car elle ne passe pas les normes antipollution de l'Oncle Sam ! Ferrari ne pouvant se passer de ce marché, il revoit profondément le moteur, en augmentant le cubage à 4,8 l dès 1976, la puissance restant à 340 ch. En conséquence, le nom des Ferrari étant alors celui de leur cylindrée unitaire, la 365 devint 400.
Pas grave, penserez-vous, mais un drame a lieu juste à côté du V12 : le coupé italien est livré d'office en boîte automatique ! Du jamais-vu à Maranello ! Heureusement, une version GT est aussi proposée, avec une boîte 5 manuelle. Mais devinez quoi : les acheteurs choisissent très majoritairement la version automatique. 355 ventes contre 147 au total. Esthétiquement, la 400 se distingue de la 365 par ses jantes à 5 boulons et non plus à fixation centrale ainsi que par ses feux arrière, au nombre de 4 contre 6. En 1979, dépollution encore, la 400 gagne un i en adoptant une injection Bosch, perdant 30 ch au passage. Fin 1982, la 400i voit ses sièges ainsi que son tableau de bord redessinés, sa cavalerie remontant au passage à 315 ch, puis fin 1985, cède la place à la 412. Il s'agit d'une évolution profonde, repérable à sa malle relevée, ses boucliers couleur carrosserie, son moteur 4,9 l de 340 ch et son habitacle remanié. Au total, jusqu'en 1989, 2 872 exemplaires de 365/400/400i/412 ont été produits, respectivement 525, 502, 1 306 et 576. Cette génération ne sera remplacée qu'en 1992 par la sublime 456 GT.

Ces majestueux coupés peinent à sortir de l'ombre alors que leur pedigree est exceptionnel : ligne Pininfarina, V12 de très haute lignée, châssis efficace et confortable. Outre leurs quatre places et leur boîte automatique (sauf la 365), elles ont longtemps été considérées comme les Ferrari du pauvre, leur cote s'étant effondrée jusqu'à moins de 20 000 €. Or leurs frais d'entretien restant ceux d'une Daytona, beaucoup d'exemplaires n'ont pu recevoir la maintenance adéquate, trop chère pour leur propriétaire. Et ne parlons pas des restaurations ! Mais si on trouve un exemplaire choyé, c'est l'occasion de rouler dans une Ferrari classique, au superbe V12, pour un tarif pratiquement abordable.

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