Acheter une CHEVROLET CORVETTE C4 ZR1

Stéphane Schlesinger le 02/09/2021

Conçu par Lotus, le V8 de la ZR-1 lui est totalement spécifique et lui offre des performances de supercar. Et le châssis bénéficie d'une préparation poussée.

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La plus européenne des Corvette

CHEVROLET CORVETTE C4 ZR1

Débutée en 1951, l'histoire de la Corvette est tumultueuse. Devenue une sportive estimable à la fin des années 50, elle se montre redoutable dans sa deuxième génération, la C2, alors que la C3, réalisée sur la même plate-forme, va progresser côté puissance puis chuter lamentablement à partir de 1974, à cause des normes antipollution sévissant aux USA. Superbe mais sous-motorisée et très mal fabriquée, elle cède en 1983 la place à la quatrième génération (C4), conçue sous l'égide de David McLellan, formé par Zora Arkus Duntov, auteur de la C2. Hormis le concept général, presque tout est nouveau : châssis, carrosserie, suspension, désormais à ressort à lames transversal à l'avant. Le V8 5,7 l reste le L83 de la toute dernière C3, alimenté par injection et développant 205 ch. C'est modeste, mais le design sobre et ultramoderne signé de l'équipe de John Cafaro fait mouche. Les ventes démarrent fort, et pour répondre aux attentes de la clientèle, on greffe à la Corvette le V8 L98 de 230 ch en 1985, qui passe à 240 ch en 1987.


Cette année-là, on peut la faire grimper à 345 ch grâce à kit double turbo fourni par Callaway (et vendu en concession Chevrolet), mais le meilleur intervient en 1989. A Genève, la ZR-1 est dévoilée, qui arbore un incroyable V8 développé avec Lotus, racheté par GM en 1986. Ce bloc tout alliage a été spécialement conçu pour s'installer sous le capot de la Corvette sans qu'on doive en modifier le dessin. Doté de 4 arbres à cames en tête et de 32 soupapes, il développe 375 ch tout en conservant la cylindrée habituelle de 5,7 l. Qu'on ne s'y trompe pas, ce bloc, codé LT5, est entièrement nouveau ! Doté d'une alimentation sophistiquée (deux injecteurs et deux tubulures d'admission de diamètre différent par cylindres), il est capable de désactiver la moitié de ses soupapes sous faible charge, limitant sa puissance et sa consommation. Ensuite, passé 3 500 tr/mn, il offre toute sa puissance : deux moteurs en un ! Il s'accouple à une boîte manuelle ZF à six rapports (une rareté à l'époque), alors que le châssis est à l'unisson : amortisseurs pilotés, jantes de 17, détecteur de sous-gonflage, ABS Bosch… Signalée par une poupe convexe et non plus concave, la ZR-1 coûte le double d'une Corvette normale mais se vend tout de même à 3 000 unités en 1990. Puis c'est la chute. Les années-fric c'est fini, a guerre du Golfe entraîne une crise économique, et même si la puissance grimpe à 405 ch en 1993, la ZR-1 tire sa révérence en 1995. Un peu moins de 7 000 unités ont été produites, et si cette Corvette n'a jamais été officiellement importée en France, on en trouve tout de même quelques dizaines.

Au volant

Je suis très fan de la ligne de la Corvette C4, moins de son habitacle. Torturé, le tableau de bord pâtit d'une fabrication approximative, mais il n'a pas si mal vieilli en 25 ans. L'instrumentation mixe digital (tachymètre, jauge à essence) et analogique (jauges de pression et de température), alors qu'on trouve même un ordinateur de bord. Bien installé, je réveille le V8 en position Normal. Il se révèle très souple et docile, et avec l'amortissement réglé en Tour, l'auto se pose en confortable voyageuse. Evidemment, elle couine de partout, mais c'est le lot des Corvette jusqu'à la C6 ! Bizarre, la boîte, à ma commande ferme et directe, impose pratiquement de passer 1ere en 4ème directement : c'est fait exprès, et le moteur s'en accommode bien. Mais voilà que je tourne la clé au bas de la console centrale sur « Full ». Jusqu'à 3 500 tr/mn, le moteur continue à tourner en mode économique, mais ensuite… Boudiou ! Il change de tonalité, chante comme le V8 survolté qu'il est, tout en administrant une très belle poussée. Prenant 7 000 tr/mn, il délivre de superbes performances, et heureusement, le châssis le seconde bien. Suspension en Sport, il se révèle bien amorti, mais aussi très équilibré et suffisamment précis. Une bonne surprise ! Moins raffinée qu'une Porsche 928, la ZR-1 prodigue des sensations plus fortes, et coûte moins cher.

Avenir

Moyennant un entretien basique mais complexe du fait du manque de pièces, la ZR-1 est fiable. Quant à la cote, elle stable depuis une quinzaine d'années. Comptez de 25 000 € à 30 000 € pour un bel exemplaire parfaitement fonctionnel. Va-t-elle grimper ? Peu probable, mais cela n'empêche pas la ZR-1 d'être un bon placement en raison de sa rareté.

3 points clés

- Performances de supercar.
- Châssis à la hauteur.
- Cote stable.

Evolution

- 1983 : Lancement de la Corvette C4.
- 1989 : Apparition de la surpuissante ZR-1.
- 1993 : Puissance portée à 405 ch.
- 1995 : Fin de commercialisation de la ZR-1.

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