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Acheter une ASTON MARTIN DB9 (2003 - 2016)

Stéphane Schlesinger le 19/10/2018

Logiquement, la remplaçante de la DB7 aurait dû s'appeler DB8. Mais la logique, c'est parfois trop simple pour Aston, qui a préféré la baptiser DB9.

Valeur à suivre

ASTON MARTIN DB9 (2003 - 2016)

Logiquement, la remplaçante de la DB7 aurait dû s'appeler DB8. Mais la logique, c'est parfois trop simple pour Aston, qui a préféré la baptiser DB9. Pourquoi ? D'une part, cela aurait, selon la marque de Gaydon, laissé supposer qu'elle se contentait de 8 cylindres. Bon... D'autre part, cette rupture numérique symbolisait le saut en avant technologique que réalisait la nouvelle GT. Là, c'est plus compréhensible car celle-ci inaugurait la plateforme VH, pour "Vertical Horizontal". En aluminium, mais très différente de celle de la Vanquish, elle est modulaire, c'est-à-dire conçue pour s'adapter à un grand nombre de modèles. Ensuite, la DB9 installe le nouveau design Aston, dû aux talents d'Henrik Fisker et peaufiné par Ian Callum. Simplicité, élégance et dynamisme qualifient la sublime carrosserie de l'anglaise quand elle apparaît au salon de Francfort, en septembre 2003. Cette combinaison de style et de technologie va définir toutes les Aston à venir, à l'exception de la Cygnet (une Toyota iQ replâtrée) et de la One-77, tout en carbone.

Sous le capot, la DB9 conserve le V12 6,0 l de la DB7 Vantage, un groupe composé de deux V6 Ford Duratec peaufiné par Cosworth. Poussé à 455 ch et initialement associé à l'excellente boîte automatique ZF 6HP26 Touchtronic à commande séquentielle, il confère à la grande 2+2 anglaise de belles performances puisqu'elle pointe à 300 km/h. Grâce à des liaisons au sol sophistiquées, elle jouit d'excellentes dispositions autoroutières, sans oublier de se montrer sûre et confortable. Même si elle n'est pas une pure sportive, manquant de maniabilité dans le sinueux, elle peut se frotter aux meilleures de la catégorie, d'autant qu'elle se montre raisonnablement ruineuse, à 148 600 € (174 500 € actuels). En face, la Bentley Continental GT, certes bien plus complexe technologiquement, atteint 164 000 €, et la Ferrari 612 Scaglietti, plus puissante, 217 000 €. De façon prévisible, et nantie d'un somptueux cockpit (malgré quelques accessoires roturiers, fournis par Ford), la DB9 connaît un intéressant succès commercial et propulse Aston dans un XXIe siècle prometteur. Présentée quelques mois plus tard, la superbe découvrable Volante entérine cet engouement, près de 3 000 DB9 étant immatriculées dans le monde en 2005. La boîte manuelle Graziano, apparue entre-temps, n'y est pour rien tant elle a été boudée par la clientèle, alors friande d'automatisme. En 2008, l'Aston profite d'améliorations intéressantes (V12 porté à 477 ch, console centrale revue), puis une nouvelle rafale de modifications intervient en 2012, boostant par exemple le moteur à 517 ch. En 2015, la DB9 gagne une version GT de 547 ch, avant que la gamme ne tire sa révérence en 2016. Elle est remplacée par la DB11, qui adopte la même stratégie : nouveau style, nouvelle plateforme et appellation qui avance de deux crans. Plus de 10 000 DB9 ont été produites. Un joli succès pour une auto aussi exclusive ! Si elle n'échappe pas à des caprices électroniques et nécessite un entretien très cher (surtout en France, en raison de la rareté de réseau), la DB9 est globalement fiable et sans histoires. Surprise, en version 455 ch, elle offre sa beauté, ses performances, son V12 atmo formidablement musical et son raffinement à des prix invraisemblablement bas : dès 46 000 € ! Et ce, en coupé ou en Volante. Alléchant. Mais cela ne concerne que les automatiques, les manuelles, rarissimes, demandant au moins 65 000 €, ce qui reste raisonnable. Évidemment, avec une puissance fiscale variant de 39 à 40 cv, elle tombe sous le coup de la supertaxe, mais son impact demeure marginal. Si vous avez un professionnel capable de l'entretenir près de chez vous, n'hésitez pas car la cote de ce futur classique du design a atteint un plancher depuis quelques années. Voici une excellente façon d'accéder à un summum automobile frappé d'un blason mythique sans être millionnaire. Même James Bond a eu la sienne ! Au pire, vous ne perdrez rien en décote, au mieux, vous réaliserez une plus-value, surtout dans le cas d'une DB9 manuelle.

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