Acheter une ASTON MARTIN DB5 4.0

Stéphane Schlesinger le 07/05/2021

Grâce à la fabuleuse exposition conférée par James Bond, la DB5 est entrée quasi instantanément dans la légende automobile. Elle a aussi fixé l'ADN des Aston modernes.

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L'agent fait le bonheur

ASTON MARTIN DB5 4.0

Pour un lot de consolation… Les producteurs de « Goldfinger » voulaient installer l'agent secret 007 dans une Type E, mais Williams Lyons, pingre créateur et dirigeant de Jaguar, a refusé d'en fournir gratuitement. Ils se sont alors tournés vers Aston Martin, où, après quelques réflexions, on a accédé à leur requête. Contrairement à ce que l'on croit souvent, l'auto qui a reçu les fameux gadgets n'était pas une DB5 mais une DB4 Vantage… Les deux modèles sont effet très proches, tant techniquement qu'esthétiquement, la 5 étant une évolution de la 4, lancée en 1958.

Elle s'est déclinée en GT, avec un avant aux projecteurs carénés en 1959, celle-ci évoluant en Vantage en 1961, et c'est à partir de cette dernière que la DB5 est établie. Celle-ci progresse surtout par son confort d'utilisation. Meilleure insonorisation, équipement enrichi (vitres teintées Sundym à activation électrique), et… poids en hausse. Pour faire face à tout ceci, la voiture remplace la dynamo par un alternateur, renforce son système de freinage, augmente la cylindrée du 6-cylindres double arbre conçu par Tadek Marek de 3,7 l à 4,0 l et l'accouple, en supplément, à une boîte ZF comptant désormais 5 rapports.


Présentée en septembre 1963, la DB5 impressionne avec ses 282 ch... et son prix de 75 000 F, soit 106 000 € actuels. Et le cabriolet est plus cher encore (81 000 F) ! Malgré ce montant stratosphérique, la DB5 se vend mieux que la DB4 : on peut voir là l'effet James Bond, qui lui a offert une visibilité incroyable. En 1964, la boîte 5 devient standard cependant qu'apparaît la Vantage, remplaçant les carburateurs SU par des Weber, portant la puissance à 314 ch. Plus performante, cette version est aussi moins souple à l'usage, de sorte qu'elle ne remportera guère de succès.

Quoi qu'il en soit, grâce à la DB5 et surtout à James Bond, Aston Martin abat une carte cruciale pour sa pérennité puisqu'elle entre dans la mémoire collective mondiale. Et ce, alors que dès la fin 1965, la voiture est déjà remplacée par la DB6, plus spacieuse et confortable, mais perdant en élégance à cause de sa poupe fastback tronquée. En deux ans, elle a été fabriquée à 1 059 unités, toutes versions confondues, soit presque autant que la DB4 en cinq ans.

Au volant

C'est avec une certaine circonspection qu'on s'installe aux commandes d'une beauté ancienne valant plus de 600 000 € ! Passé l'instant de stress, on examine le somptueux habitacle de l'anglaise, on sourit en découvrant le tachymètre gradué jusqu'à 300 km/h. Puis on réveille le 6-cylindres, qui régale alors de sa sonorité sublime, rauque et profonde, mais raffinée. On se trouve bien installé, la position de conduite étant excellente, mais la direction, non assistée, se révèle très ferme en manœuvre. En roulant, tout s'arrange, et si la voiture demeure pataude, elle n'est pas pesante. Rigide, l'essieu arrière ne compromet pas la tenue de route, très saine, alors que la suspension réalise un bon compromis entre confort et maintien de caisse. Surtout, allié à une excellente boîte 5, le moteur magnifie l'agrément de conduite, faisant de la DB5 une monture rêvée pour traverser l'Europe avec style. En se souvenant qu'il s'agit d'une GT et non d'une sportive : comme une Aston moderne en somme.

Avenir

Difficile d'émettre un avis sur la fiabilité d'une auto de près de 60 ans : celle-ci dépend d'abord de sa restauration. Mais d'une manière générale, l'entretien et, à plus forte raison, la remise en état d'une DB5 coûte très cher. Quant à la cote… C'est dur de se dire que dans les années 80, on pouvait s'en offrir une pour 60 000 F ! Il y a eu la brève flambée de 1989, puis dans la décennie suivante, la valeur de l'Aston a commencé à grimper doucement. En 2002, lors du passage à l'euro, elle s'établissait à 75 000 €, puis elle passe les 100 000 € en 2007, les 200 000 € en 2010, les 300 000 € en 2012, les 500 000 € en 2014, pour culminer à 1 000 000 € en 2016. Depuis ce pic, elle est redescendue, les coupés 282 ch les plus intéressants partant pour 650 000 € environ. Produite à 65 unités, la Vantage peut réclamer 150 000 € supplémentaires, et le cabriolet 1,2 million. La cote semble stabilisée.

Evolution

1963 : Lancement de la DB5 à l'été, en coupé. Le cabriolet suit en fin d'année.
1964 : Version Vantage, forte de 314 ch, et boîte 5 montée d'office.
1965 : Légères modifications sur le cabriolet, annonçant la DB6.
1965 : Arrêt de la production en fin d'année, la DB6 remplaçant la DB5.

3 points clés

Voiture mythique
Performances très actuelles
Cote colossale et stable

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