Salon de Genève 2007

CHEVROLET Sequel

Vincent Desmonts le 15/03/2007

Il y a 5 ans, l'Hy-Wire rassemblait ce que l'on imaginait de mieux en matière d'automobile futuriste. Le Chevrolet Sequel représente l'aboutissement de ces recherches.

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L'automobile fait aujourd'hui face à deux défis d'envergure : la raréfaction prochaine des ressources pétrolières d'une part, et la montée du réchauffement climatique d'autre part. Si certains constructeurs se dévouent corps et âme à la cause des voitures hybrides, d'autres estiment que le véritable avenir de l'auto propre est à chercher du côté des véhicules à pile à combustible. Parmi les plus ardents défenseurs de cette seconde voie, General Motors figure en bonne place.

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Les amateurs de technologie de pointe gardent en effet un souvenir ému du concept-car Hy-Wire présenté par GM au salon de Detroit en 2002, non pas pour son style – à vrai dire plutôt banal – mais bien davantage pour ses aspects de laboratoire roulant.

Il y a cinq ans, l'Hy-Wire rassemblait déjà tout ce que l'on pouvait imaginer de mieux en matière d'automobile futuriste : une propulsion électrique par pile à combustible, des commandes de conduite électriques (« drive by wire ») et un châssis sandwich accueillant toute la machinerie. En gros, la technologie se faisait discrète, laissant un habitacle s'étendant de pare-chocs à pare-chocs. Quant aux émissions, elles tendaient vers zéro.

Le Chevrolet Sequel représente l'aboutissement ultime de ces recherches. Si le GM Hy-Wire était encore un prototype roulant peu réaliste, le Sequel apparaît quant à lui très concret. A tel point que General Motors a d'ores et déjà fixé une date de commercialisation : 2010. Autant dire demain !

Le Hy-Wire démontrait brillamment ce que pouvait donner l'association d'une propulsion à hydrogène et des commandes électroniques, mais ne répondait à aucune norme d'homologation, contrairement au Chevrolet Sequel, dont la structure rigide en aluminium répond aux normes de crash-test américaines. Le Hy-Wire n'offrait que 160 km d'autonomie sur un plein d'hydrogène, alors que le Chevrolet Sequel peut parcourir plus de 480 km avec ses trois réservoirs stockant 8 kilogrammes d'hydrogène à une pression de 700 bars. Bref : si le Hy-Wire prouvait que la propulsion à hydrogène était viable techniquement, le Sequel démontre lui qu'elle est compatible avec une utilisation dans le « monde réel ».

Mais venons-en à l'essentiel : la technique. Car, sous ses allures de monospace bien propre sur lui, le Chevrolet Sequel dissimule des options technologiques très raffinées.
Pour la propulsion d'abord. Une pile à combustible fournit 73 kW d'électricité à partir d'hydrogène stocké dans trois réservoirs cylindriques situés dans le plancher-sandwich, tout en ne rejetant que de la vapeur d'eau. Une batterie lithium-ion d'une puissance de 65 kW vient suppléer la pile à combustible lors de fortes accélérations et permet de récupérer l'énergie dispersée lors des freinages – augmentant ainsi l'autonomie.

Le Sequel possède trois moteurs : un à l'avant, délivrant 65 kw (88 ch) et 2 350 Nm de couple, et deux à l'arrière, installés directement dans les moyeux des roues. Ces deux petits moteurs développent 25 kW (34 ch) et 800 Nm chacun. Au global, le Sequel peut donc compter sur 156 ch et... 3 950 Nm de couple. A titre de comparaison, un tracteur de semi-remorque tourne autour de 2 200 Nm de couple !

Reste que ce n'est pas du luxe, car malgré une coque et une carrosserie en aluminium et des réservoirs à hydrogène en carbone, le Chevrolet Sequel pèse 2 170 kg à vide ! Il faut dire qu'il affiche des dimensions typiquement américaines, avec ses 4,99 m de long et 1,97 m de large. Des mensurations qui lui permettent d'offrir un habitacle et un coffre spacieux. Mais le poids élevé induit des performances qui paraissent faiblardes selon nos standards : si l'accélération de 0 à 100 km/h devrait prendre moins de 10 secondes (merci le couple « camionesque » !), la vitesse maxi reste modeste, avec 145 km/h. Quelques progrès restent donc à accomplir dans ce domaine.

Mais la plateforme est prometteuse : avec son châssis sandwich et ses composants mécaniques répartis dans tout le véhicule, le Sequel affiche une répartition des masses idéale et un centre de gravité très bas. En outre, la présence de trois moteurs électriques permet de contrôler avec précision le couple envoyé à chaque roue, rendant les systèmes ESP ou les transmissions intégrales totalement obsolètes ! Quant aux commandes électroniques, elles renvoient les fluides hydrauliques de direction assistée ou de freinage au musée, tout en autorisant une plus grande liberté aux stylistes.

Rendez-vous donc dans trois ans pour voir ce Chevrolet Sequel en concessions. Reste une inconnue majeure : le prix. Les piles à combustible restent coûteuses, la plateforme en aluminium et les réservoirs en carbone également. La voiture 100% écolo est pour demain, mais elle n'est pas encore pour toutes les bourses...

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