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Salon de Genève 2007

BENTLEY Brooklands

Vincent Desmonts le 13/03/2007

Bentley, marque de grande diffusion ? La question est un brin provocatrice, mais reflète un fond de vérité.

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Bentley, marque de grande diffusion ? La question est un brin provocatrice, mais reflète un fond de vérité : entre 2003 et 2006, les ventes de l'auguste marque britannique ont bondi de 993 à... 10 087 unités par an ! Bien des constructeurs rêveraient de voir leurs scores décupler en l'espace de seulement trois ans, mais pour Bentley cet exploit a quelque chose d'encombrant. Comment en effet parvenir à maintenir une image d'exclusivité et de luxe inaccessible lorsque les Bentley, Continental GT en particulier, se croisent à tous les coins de rues huppées de la planète ?

BENTLEY Brooklands BENTLEY Brooklands

La première réponse de Bentley a été de tenir fermement la bride. Hors de question désormais d'élargir encore la diffusion des modèles de la marque, notamment en proposant des modèles placés plus bas en gamme. Quant à la vague des 4X4 de loisirs luxueux, sans doute jugée trop passagère par cette marque vouant un culte à son glorieux passé, Bentley entend bien s'en tenir à l'écart.

Mais jouer les snobs ne suffit pas à garder sa place au sein de la haute société. Depuis l'arrêt des classiques coupés Continental, Bentley avait quitté le segment des coupés de très grand luxe. Un marché microscopique mais incroyablement porteur d'image. La Bentley Brooklands marque le retour à cette grande tradition anglaise du coupé de Grand Tourisme.

Brooklands, du nom d'un circuit anglais mythique, équivalent britannique de l'autodrome de Montlhéry. Premier anneau de vitesse jamais construit, ouvert dès 1907, Brooklands fut le théâtre de courses et de records homériques. Dans les années 1920, Bentley y écrivit quelques pages d'Histoire, notamment grâce aux Bentley Boys, un groupe de gentlemen drivers connus pour quelques exploits hauts en couleur.

Le plus célèbre de ces exploits est signé Woolf Barnato, playboy héritier d'un diamantaire qui défia le fameux Train Bleu : parti de Cannes en même temps que l'express, Barnato arriva à Londres alors que le rapide n'était pas encore entré en gare de Calais. Vitesse moyenne : près de 70 km/h... transfert en car-ferry !

La Bentley Brooklands s'inscrit donc en écho à ce patrimoine historique d'une grande richesse. Série limitée à 550 exemplaires, dont la coque sera assemblée dans l'usine historique de Crewe (contrairement à celle des Continental GT et Flying Spur, fabriquée en Allemagne), la Brooklands renoue avec les anciens coupés Continental. Elle marque également le retour du célèbre V8 « six trois quarts », le bon vieux bloc à arbre à cames central dont les origines remontent à... 1959.

Réputé pour sa souplesse infatigable et sa douceur sans égale, ce V8 de 6,75 litres de cylindrée n'a cessé d'évoluer depuis vers plus de puissance. A la fin des années cinquante, il offrait timidement 200 ch et 400 Nm de couple. Mais dans sa dernière évolution, dont la Brooklands a les honneurs, il affiche fièrement 537 ch et... 1 050 Nm !

C'est qu'entre-temps, la « petite » Continental GT est apparue, avec son ultramoderne W12 d'origine Volkswagen fort de 557 ch. Le V8 « made in Crewe » avait donc du retard à rattraper afin de se remettre à niveau. Nouveaux arbres à cames plus « pointus », turbocompresseurs à inertie réduite et reprogrammation du boîtier électronique ont permis d'extraire 87 ch supplémentaires par rapport à la limousine Arnage. Pas encore suffisant pour tailler des croupières à la Continental GT, mais bien assez pour catapulter avec vigueur cet imposant coupé.

De toutes manières, plus que par ses performances pures, la Brooklands séduira par son subtil cocktail entre son style un brin désuet, son incroyable raffinement intérieur et sa faculté à bousculer quelques sportives bien établies... au moins en ligne droite ! La commercialisation interviendra au premier semestre 2008, date à laquelle le tarif sera enfin connu. Pour rappel, la limousine Arnage T qui partage bien des éléments avec cette Brooklands frise déjà les 300 000 euros.

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