Salon de Genève 2004

ITAL DESIGN Toyota Volta

Jean-François Destin le 01/01/2004

Giugiaro croit aux motorisations hybrides, au point de présenter un concept mû par un V6 thermique et deux moteurs électriques d'origine Toyota : la Toyota Volta.

Avant l'avènement laborieux de la pile à combustible, l'avenir de l'automobile passera t-il par les motorisations hybrides ? Comme Toyota qui vient de lancer sa Prius II, Giugiaro y croit au point d'avoir présenté à Genève un concept de berlinette sportive mû par un V6 thermique et deux moteurs électriques d'origine Toyota. Le patron d'Ital Design et son fils Fabrizio ont aussi voulu rendre hommage à l'inventeur italien de la batterie en baptisant leur prototype Alessandro Volta.

Pour mettre en valeur cette double motorisation plus économique, les Giugiaro se sont arrêté sur une carrosserie de supercar : volumes compacts, garde au sol et porte-à-faux réduits et arrière tronqué. Avec une différence majeure : une largeur XXL de 1.925m pour pouvoir installer 3 places de front. Les portes en ailes de libellule s'ouvrent à la verticale et les phares étirés sur les ailes rappellent ceux des récentes Peugeot.

ITAL DESIGN Toyota Volta ITAL DESIGN Toyota Volta

Avec l'objectif d'obtenir la meilleure équation puissance/consommation, Italdesign a joué la carte de l'allègement maximum. Malgré la présence de 70 kilos de batteries, le poids total à vide ne dépasse pas les 1250 kilos. Un bon résultat obtenu grâce à l'adoption de la fibre de carbone pour le châssis et la carrosserie.

Fabrizio Giugiaro a tenu à Genève à justifier cette voie nouvelle : «Les voitures hybrides présentées jusqu'ici ne disposent pas de performances vraiment attrayantes pour le public. Pour cette Volta écologique, j'ai voulu reprendre des éléments de style des modèles à moteur central que j'avais déjà retenu pour la BMW Nazca, l'Alfa Romeo Scighera et les Volkswagen W12. Avec la conviction qu'une voiture carrossée comme un modèle de course peut recevoir un mode de propulsion innovant, propre et économique. Il n'y a donc aucune raison de ne pas l'envisager sur nos futures automobiles de tous les jours».

Partenaire de longue date de Toyota, Giugiaro s'est tourné vers le constructeur japonais pour lui emprunter la motorisation hybride du SUV RX 400 h dévoilé également à Genève. Mais pour le designer italien, les 270 chevaux fournis par le V6 3.3l et les deux moteurs électriques du RX 400 ne constituaient pas une puissance suffisante. Une préparation a permis de la porter à plus de 400 chevaux. En théorie (la maquette Volta de Genève n'était pas roulante), il serait possible de passer de 0 à 100 km/h en 4,03s, la vitesse de pointe étant limitée électroniquement à 250 km/h.

Aucune donnée de consommation n'a été fournie mais Fabrizio Giugiaro estime que la Volta serait capable de couvrir 700 kms à bonne vitesse sur autoroute avec le plein de 52 litres. Soit une moyenne d'un peu plus de 7 litres aux cent. Pas mal pour une quatre roues motrices.

Cette économie de carburant également significative sur le RX 400h (entre 8 et 9 litres) résulte du subtil relais des deux modes de propulsion. Alimentés par un pack de batteries, les deux moteurs électriques (un relatif à chaque essieu) assurent le démarrage de la voiture, le V6 essence prenant le relais dès que l'on accélère. Cette astuce permet de ne pas gaspiller d'énergie pour mettre le véhicule en mouvement. En croisière, les trois moteurs travaillent en bonne harmonie, les quatre roues motrices recevant leur part égale de couple.

L'habitacle accueille trois personnes de front. Grâce aux commandes électroniques réglables «drive-by-wire», le pilote peut installer son siège où il le souhaite, à gauche, à droite ou au centre, le volant et les pédales coulissant sur une glissière. Quant à la planche de bord, elle se trouve réduite au minium avec seulement un indicateur de vitesses, un compte-tours et une jauge.

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