Salon de Genève 2004

ITAL DESIGN Alfa Romeo Visconti

Jean-François Destin le 01/01/2004

Deux ans après avoir imaginé la superbe sportive Brera, le patron d'Ital Design et son fils Fabrizio présentaient à Genève l'Ital Design Visconti.

La liaison passionnelle entre Giorgetto Giugiaro et Alfa Romeo n'a jamais été aussi torride. Deux ans après avoir imaginé la superbe sportive Brera, le patron d'Ital Design et son fils Fabrizio présentaient à Genève la Visconti. Cette imposante berline de près de 5 mètres de long et 1.90m de large a été ainsi nommée, non pas pour rendre hommage au célèbre réalisateur de cinéma, mais pour rappeler l'origine du « Biscione » (la partie droite du logo Alfa) l'emblème ducal des Visconti représentant un serpent surmonté d'une couronne. Ce blason tire son origine d'une légende remontant à l'an 800 et faisant état d'un ancêtre Visconti qui avait tué un serpent capable d'empoisonner les enfants d'un simple souffle. La partie gauche du logo Alfa, la croix rouge sur fond blanc, dérivant, elle, de la bannière de la ville de Milan.

ITAL DESIGN Alfa Romeo Visconti ITAL DESIGN Alfa Romeo Visconti

Giugiaro a voulu remettre les origines de la marque en perspective pour cette «Ammariglia» (vaisseau amiral) dont la définition constitue un sommet en matière de berline sportive de prestige. «Alfa Romeo a profondément caractérisé ma longue carrière de designer – a-t-il rappelé à Genève - et pour le Salon 2004, j'ai imaginé, non pas une berline traditionnelle trois volumes quatre portes statutaire, mais une grande sportive presque à deux volumes assortie d'un arrière à profil descendant».

Architecturée sur la nouvelle plate-forme Premium développée par Alfa pour la GT et la remplaçante prochaine de la 156, la Visconti possède la silhouette d'un grand coupé. A l'avant, les ailes comme le capot et les optiques paraissent attirés, comme aspirés par la grande calandre au dessin typique. A l'arrière, les ailes rebondies mettent en valeur une poupe déjà evoquée : Giorgetto Giugiaro ne cache pas que la Bugatti EB 112 sortie de ses fusains en 1993 a constitué une source d'inspiration, notamment dans le traitement de la queue. «Mais le dessin de la Visconti s'est tellement imprégné d'évocations Alfa Romeo que toutes références à la Bugatti se sont estompées jusqu'à devenir une évolution cohérente des lignes et de l'esprit de la Brera» se défend Giugiaro.

Giugiaro père et fis ont bien tort de se justifier car l'EB 112 reste sans doute encore aujourd'hui la plus majestueuse berline que l'on ait pu réaliser. On peut même regretter que Giugiaro n'ait pas subsisté le magnifique pavillon intégrant ces deux custodes presque à l'horizontale.

Aussi malin qu'inspiré, Giugiaro, s'il parle de Visconti comme d'une provocation stylistique, n'a pas dérogé à une tradition qui veut que tous ses concept-cars soient réalisables industriellement. Pour bien marquer le caractère supérieur de «l'Ammariglia», le blason Alfa agrandi et dominateur est souligné par des barrettes chromées épaisses et espacées. Le logo circulaire surmonté d'une paupière chromée s'allonge sur le capot pour donner naissance à une fine moulure chromée qui court jusqu'à la base du pare-brise. On remarque aussi les 6 prises d'air, deux sur la jupe avant, deux de chaque côté de la calandre et deux aux coins des optiques. «Plus qu'un choix esthétique, explique Giugiaro, cet excès apparent des bouches d'air dérive de l'expérience acquise lors de l'évaluation ‘Série' de la Brera montrant la nécessité de prévoir un volume d'air suffisant pour le refroidissement d'une puissante motorisation turbo».

Délaissant les longs capots statutaires, Giugiaro a offert à la Visconti un nez court et contenu pour transmettre une sensation de puissance à l'accélération et pour adhérer aux futures normes de sécurité relatives aux chocs avec les piétons.

Les flancs de Visconti se montrent également extrêmement expressifs avec ce subtil pli de tôle reliant le haut des passages de roues. Le profil met également en évidence une arche presque ininterrompue englobant une poupe basse et aérodynamique. Et ce, tout en ménageant un vrai coffre d'une capacité de 458 dm3. Giugiaro avoue avoir toujours eu un faible pour un arrière bas, musclé et fermé, une solution retenue autrefois sur l'Alfa Pescara 6C.

Sur le plan mécanique, la Visconti prévoit l'utilisation d'un moteur Alfa Romeo V6 3.2l bi-turbo à injection directe de 405 chevaux. ItalDesign ne révèle pas les performances mais évoque un énorme couple de 680 Nm. De quoi lui assurer des accélérations de sportive de haut niveau. La transmission sur les quatre roues motrices et directrices est relayée par une boite automatique à 6 rapports.

Le conducteur pourrait aussi compter sur le VDC (l'ESP chez Alfa) et sur le contrôle actif des barres stabilisatrices. Quant à la suspension, elle fait appel à des ressorts pneumatiques pilotés. Et comme chez Porsche, les disques ont été fabriqués par Brembo à partir d'un composite en céramique pour offrir un freinage exceptionnel à la hauteur des performances.

Malheureusement, si Alfa n'est pas insensible aux démonstrations inspirées de Giugiaro, il est peu probable qu'une super berline au dessus de la 166 (bientôt remplacée) reprenne la silhouette de la Visconti. Tout juste peut-on espérer en retrouver quelques traits significatifs.

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