Les concept cars de la General Motors

Une plongée dans l'imagination débordante des années 50 et 60, période bénie du design et synonyme de rêve au pays de l'Eldorado automobile.

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OLDSMOBILE Starfire

Gilles Bonnafous le 12/11/2001

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En pleine période de prospérité, la division Oldsmobile de la General Motors fête au mois de mai 1953 la sortie d'usine de sa quatre millionième voiture. Un bonheur n'arrivant jamais seul, elle présente la même année son premier show car, la Starfire. Contemporaine de la Cadillac Eldorado, la Starfire fait sa première apparition au Motorama de New York, en même temps que la Buick Wildcat, les Cadillac Le Mans et Orleans et la Pontiac Parisienne.

La Starfire propose un concept assez nouveau, celui du cabriolet familial sportif (à l'américaine), c'est-à-dire équipé d'une mécanique puissante. Un genre appelé à un très grand succès outre-Atlantique, comme le prouveront notamment les versions de la Ford Thunderbird postérieures à 1958 ou la Studebaker Gran Turismo Hawk de 1962.
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Tirant son nom du chasseur Lockheed F-94 B Starfire (toujours le thème récurrent de l'aviation), qui équipera l'armée de l'air américaine, cet imposant cabriolet offre au regard ses lignes majestueuses et équilibrées. Surtout, il se distingue par sa silhouette longue et basse, dont la hauteur ne dépasse pas 1,38 mètre.

Tout comme la Chevrolet Corvette, également apparue en 1953, décidément année bénie de l'automobile américaine (surtout pour la General Motors), la Starfire bénéficie d'une carrosserie en matière plastique renforcée de fibre de verre. Cette technique connaîtra le feu de la production en série avec la Corvette, avant d'être utilisée par Raymond Loewy sur la Studebaker Avanti. Très représentative de l'époque, la livrée vert turquoise de la Starfire se marie avec une sellerie en cuir de même ton rehaussée de blanc.

Du point de vue stylistique, la voiture affiche plusieurs traits originaux, qui préfigurent le design des Oldsmobile des années cinquante. En 1954, le sacro-saint pare-brise panoramique, dont la Starfire est équipée, apparaîtra sur les modèles 88. Encore faut-il signaler que dès 1953, un modèle de série limitée, la 98 Fiesta, reçoit ce gimmick cher à Harley Earl, qui l'avait inauguré deux ans plus tôt sur la Buick Le Sabre. Construite à 458 exemplaires, l'Oldsmobile Fiesta est ainsi la première voiture américaine commercialisée avec un pare-brise panoramique.

Autres nouveautés, la moulure chromée en forme de club de hockey (héritière du passé Oldsmobile mais redessinée), qui orne les flancs arrière, ainsi que les enjoliveurs ornés d'une roue à trois branches seront repris sur les modèles de série.

La face avant est barrée par une immense calandre grillagée en forme de gueule de poisson. Bien que soulignée par des chromes surabondants, sa belle forme dépouillée lui vaudra de décorer la proue des modèles Oldsmobile de 1956 (avec une ligne moins pure et un pilier central) et de 1957 (dans une variante remaniée).
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Sur la planche de bord symétrique, le haut-parleur de l'autoradio et le tachymètre, qui se répondent, entourent cinq cadrans circulaires.

Réputé pour ses moteurs puissants, Oldsmobile a doté la Starfire d'une mécanique qui impose le respect, un V8 Rocket expérimental de 200 ch doté d'un taux de compression de 9 à 1 (des valeurs de pointe pour l'époque). Toujours sur le plan technique, la voiture reçoit une direction assistée, ainsi qu'un servofrein. Des antennes radios télescopiques prennent place sur les ailes arrière.

Le public réservera un accueil enthousiaste à la Starfire et il encouragera la firme de Lansing à réaliser de nouveaux dream cars au cours de la décennie cinquante. L'appellation Starfire sera portée par les cabriolets Oldsmobile haut de gamme dès l'année suivante. Elle demeurera au catalogue jusque dans les années soixante avec d'autres modèles, notamment un coupé sportif.
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