Les concept cars de la General Motors

Une plongée dans l'imagination débordante des années 50 et 60, période bénie du design et synonyme de rêve au pays de l'Eldorado automobile.

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BUICK Wildcat

Gilles Bonnafous le 12/11/2001

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Présentée en même temps que l'Oldsmobile Starfire, les Cadillac Le Mans et Orleans, ainsi que la Pontiac Parisienne, la Buick Wildcat fait son apparition au Motorama de New York en 1953. Elle est la première d'une série de trois show cars Wildcat construits consécutivement jusqu'en 1955.

Il s'agit d'un cabriolet deux places construit sur un châssis de Roadmaster - le haut de gamme Buick -, dont l'empattement a été raccourci de dix-neuf centimètres (2,90 mètres contre 3,09 mètres). A l'instar de tous concept cars General Motors de l'époque, la Wildcat reçoit une carrosserie en matière plastique et fibre de verre. Une technique qui, outre la légèreté qu'elle procure, permet de raccourcir les délais de réalisation des show cars grâce à la rapidité de confection des moules.
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La Wildcat se présente comme un exercice de style proche de la série. Ce " chat sauvage " arbore une silhouette aussi basse que féline (seulement 1,37 mètre de hauteur capote fermée). Après la tournée du Motorama 1953, les designers de la General Motors dessineront un hard-top, qui sera monté sur la voiture en janvier 1954.

La face avant de la Wildcat annonce celle des modèles Buick de 1954, à l'exception de la grille de calandre ornée, comme la XP-300, de fanons concaves, moins sensibles aux chocs que les dents convexes qui singularisent le visage des Buick depuis 1946. Cette grille sera reprise sur les voitures de série en 1955. Inspirée de la queue d'un jet, la poupe porte deux petits ailerons en son centre - signature d'Harley Earl -, qui s'amorcent dès les ouïes d'aération situées derrière les sièges. Les deux sorties d'échappement sont intégrées à la jupe arrière.

A la différence des modèles de production, les orifices d'aération (" Ventiports "), qui constituent avec les célèbres dents de la calandre le gimmick le plus caractéristique de la marque, prennent place au-dessus des ailes avant et non sur les côtés. Dotée, comme les vitres latérales et le réglage des sièges, d'une commande hydraulique, la capote disparaît dans un logement fermé par un panneau métallique. On notera la finesse de l'encadrement du pare-brise panoramique à l'angle de 60°, ainsi que la présence de persiennes sur les ailes arrière - le prétexte en étant l'aération des freins…
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La Wildcat est motorisée par le nouveau V8 Buick " Fireball " de 5,3 litres et 188 ch monté sur les modèles Roadmaster et Super. Par ailleurs, les roues avant sont équipées de moyeux fixes. Baptisé " Roto Static ", ce système inédit autorise un meilleur refroidissement des freins.

Après avoir connu une longue période de purgatoire, la Wildcat a été acquise et restaurée par Joseph Bortz, un riche collectionneur américain. A en croire ce dernier, la voiture s'avère fiable et d'un entretien relativement aisé. Ces qualités ne surprendront pas quand on sait qu'elle intègre de nombreuses pièces Buick de série (châssis et mécanique).
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Dévoilée en 1954, la Wildcat II est la plus petite et la plus sportive de la série des " chats sauvages " Buick. Réalisée sur un empattement court de 2,54 mètres (cinq centimètres de moins que la Corvette), elle reçoit le V8 Fireball gavé par quatre carburateurs, qui font monter la puissance à 220 ch - la carrosserie est naturellement en fibre de verre.

Conçue par le designer Ned Nickles, la Wildcat II apparaît clairement comme une interprétation Buick de la Corvette lancée l'année précédente - comme la F-88 l'est pour Oldsmobile en cette même année 1954.
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Les ailes avant découpées constituent son trait de style majeur. Celles-ci dégagent entièrement les roues et une partie de la suspension, qui pour la circonstance se voit recouverte de chrome, tout comme l'intérieur des ailes. Spectaculaire à défaut d'être du meilleur goût, ce traitement esthétique apparente quelque peu la Wildcat II à une Corvette customisée.

A l'origine, les projecteurs prenaient place sur l'encadrement du pare-brise, avant d'être déplacés et montés sur le pare-chocs. On remarquera la présence des " Ventiports " sur le capot, tandis que le levier de la boîte automatique Dynaflow prend place sur la console.

La poupe de la voiture, qui rappelle celle de la Wildcat I en moins développée, inspirera le cabriolet Buick Skylark, une série limitée de 1954, ainsi que, sous une forme un peu différente, la Corvette de 1958.

Seul cabriolet quatre places de la série, la Wildcat III de 1955 revendique un gabarit plus généreux que sa devancière - son empattement est de 2,79 mètres pour une longueur de 4,83 mètres.
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Si elle apparaît comme la plus conventionnelle des trois Widcat, elle en est aussi la plus puissante. Toujours gavé par quatre carburateurs, le V8 Buick développe ici pas moins de 280 ch.

Avec un design très pur, la Wildcat III est une très belle réussite esthétique. Sa proue annonce les Buick de 1956 et 1957, alors que sa face arrière s'orne de deux impressionnants butoirs obus à la forme sophistiquée. La carrosserie en fibre de verre reçoit une livrée rouge " Kimberly " en l'honneur de Jim Kimberly, un pilote automobile célèbre outre-Atlantique.
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