La Carrosserie Ghia

Avec Giugiaro, Touring, Pininfarina et Bertone, Ghia est l’autre grand de la carrosserie italienne. C’est aussi l’une des plus anciennes maisons de la péninsule.

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GHIA Gilda

Gilles Bonnafous le 29/03/2005

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La Gilda apparaît comme une création décisive dans l’histoire Ghia, un tournant dans l’histoire stylistique de la carrosserie. Présentée comme « carrosserie expérimentale » sur le stand Ghia du salon de Turin 1955, où elle obtient un succès de curiosité considérable, elle est le reflet exemplaire d’une époque. Un dream car futuriste, dont le nom, référence au célèbre film de Charles Vidor, se veut un hommage à Rita Hayworth.
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Dessin de la Gilda D.R.
Projet parmi les plus fascinants des années cinquante, la Gilda se veut la réponse de Ghia aux B.A.T. de Bertone. Son auteur n’est autre que Giovanni Savonuzzi, directeur technique de Ghia de 1954 à 1957. Professeur d’université (la Polytechnique de Turin), l’homme est également un ancien ingénieur aéronautique. Il a conçu la Gilda pour Chrysler, qui lui a transmis un cahier des charges assez précis : une quatre places confortable à l’empattement de 129 pouces, large de 80 pouces et haute de 54 pouces.
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Gilda D.R.
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Gilda D.R.

Giovanni Savonuzzi modèle lui-même la maquette au cinquième, qu’il soumet à des essais dans la soufflerie de l’Ecole Polytechnique de Turin. La Gilda est ainsi présentée comme « modelée par le vent ». A l’image du sex symbol d’Hollywood auquel elle se réfère, elle est drapée dans une longue carrosserie fuselée des plus spectaculaires. Sa poupe s’orne d’immenses dérives, qui deviendront l’archétype de l’automobile américaine à la fin des années cinquante.
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Maquette en soufflerie D.R.
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Maquette en soufflerie D.R.
Nous sommes ici en plein fantasme aéronautique. Car ce style aérodynamique correspond plus à une mode qu’il ne répond à une logique scientifique, même si d’aucuns avancent des justifications techniques tenant à l’action du vent latéral sur la tenue de route de la voiture… L’argument aérodynamique apparaît surtout comme un coup publicitaire et le passage de la Gilda dans une soufflerie, souligné lors du lancement de la voiture, comme une illusion technologique. En effet, seule la maquette a été testée, Turin ne disposant à l’époque d’aucune installation capable de réaliser des essais aérodynamiques sur un véhicule grandeur nature.

La Gilda fait le tour des salons européens avant de partir aux Etats-Unis. La voiture, qui fascine les Américains, sera longuement exposée au musée Ford de Dearborn. Elle entrera ensuite dans la célèbre collection Harrah, située à Reno dans le Nevada. Elle sera revendue par la suite à un particulier.

La Gilda aura une descendance riche et plurielle. Sur son modèle, Chrysler créera deux voitures construites par Ghia et exposés sur le stand de la carrosserie du salon de Turin : la Supergilda, une Chrysler Dart, et la Chrysler 400 cv Superdart, une super Supergilda…
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Chrysler Supergilda D.R.
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Elle donnera également naissance à une petite Gilda de record, la Nibbio II. Construite sur un châssis Volpini et équipée d’un moteur Guzzi de 350 cm3, la Nibbio II permettra au comte Giovannino Lurani de battre des records du monde de vitesse à Monza en septembre 1958.

La Gilda inspirera enfin une Ferrari, l’une des trente (environ) voitures de Maranello carrossées par Ghia. Construite sur un châssis de 410 Super America (n°0473 SA), cette Ferrari très étonnante sera réalisée pour Robert Wilke, un Américain bien connu à Indianapolis.
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Nibbio II D.R.
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Ferrari 410 SA D.R.
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