Ford Mustang, le mythe increvable

La Ford Mustang, née en 1964, fait encore rêver plus de quarante années après sa présentation.

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FORD MUSTANG Shelby GT 500

Gilles Bonnafous le 11/04/2006

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Un an après le lancement de la Mustang, qui rencontre un succès énorme, Ford souhaite donner un prolongement sportif à un modèle de nature plutôt paisible. Carroll Shelby est chargé de ce travail de sorcier en vue d’une production en petite série pour l’homologation, dès la saison 1965, en classe B du championnat américain SCCA.
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1ère production de Shelby Mustang GT 350 Ford
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Shelby Mustang GT 350, 1965 Ford
La transformation du coupé Mustang fastback en voiture à hautes performances se fait dans les ateliers de Carroll Shelby à Venice, en Californie. Le V8 de 289 c.i. HP y est affûté grâce notamment à des collecteurs spécifiques, un carburateur quadruple corps Holley et un carter d’huile à la contenance digne de ses nouvelles attributions. Ce traitement permet à la puissance de passer à 306 ch contre 271 ch à la version de série. Le V8 est accolé à une boîte de vitesses manuelle à quatre rapports, avec différentiel à glissement limité. Pour parer à ce surcroît de vitamines, les suspensions sont renforcées et des disques montés à l'avant. Baptisée GT 350, la voiture file à 200 km/h.

Le succès va dépasser les prévisions et la diffusion atteindre plus de 500 exemplaires en 1965 alors que la construction de cent voitures suffisait à l’homologation. Cette réussite sera amplifiée l’année suivante. En 1967, la carrosserie est sensiblement retouchée : le capot est allongé et surmonté d’une volumineuse entrée d’air, la face avant reçoit des projecteurs longue portée alors que la poupe se prolonge par un becquet. Contrairement aux premières GT 350, la direction et les freins reçoivent un dispositif d’assistance. C’est l’année où la GT 350 se voit adjoindre une grande sœur, la GT 500.
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Shelby Mustang GT 350, 1966 Ford
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Shelby Mustang GT 500, 1967 Ford

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Tableau de bord de Shelby GT 500 Motorlegend
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Motorlegend
La GT 500 a été voulue monstrueuse. Motorisée par l’énorme 428 c.i. de sept litres de cylindrée, elle l’est. Comparé au 427 c.i. plus brutal monté sur l’AC Cobra et la Ford GT 40, ce V8 est simple et peu coûteux. Gavé par deux carburateurs quadruple corps, il est donné pour 355 ch SAE. Sous-évaluée à dessein, la puissance se situe en réalité beaucoup plus près des 400 ch. Soit en normes DIN de l’ordre de 340 ch. Quelques exemplaires recevront toutefois le 427 c.i.

La Mustang Shelby GT 350 a été conçue pour les courses américaines, pas la GT 500. Car si elle se révèle être un monstre de puissance, la 500 apparaît aussi comme une voiture spacieuse et confortable. Les sièges, qui ne procurent aucun maintien latéral et l’absence de poignée côté passager n’évoquent pas la fureur des circuits.
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Le moteur de la Shelby GT 500 Motorlegend
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Pour autant, le plumage s’avère à la hauteur du ramage. L’agressivité du design a été cultivée à souhait à l’image des prises d’air généreusement distribuées sur le capot, le panneau de custode et les flancs. Mais les formes ont pris de l’embonpoint comme en témoignent les ailes joufflues.

Au ralenti saccadé, typique du V8, succède l’accélération sauvage du Mustang, qui se cabre sous la poussée de la cavalerie impétueuse. La voiture vibre alors, transmettant moult bruits parasites à l’habitacle. Lequel se trouve envahi par les emballements rauques des chevaux libérés dans une profusion de décibels…

Offerte en option, la transmission automatique à trois vitesses est conseillée sous peine de voir l’embrayage rendre l’âme au bout de 10 000 kilomètres ! Le niveau du couple est tellement monstrueux que, même sur de fortes reprises, la boîte ne rétrograde pas, restant sur le troisième rapport…

Grâce à sa suspension affermie, la GT 500 se révèle accrocheuse, avalant les grandes courbes avec une facilité étonnante pour une voiture américaine. Le train arrière solidement arrimé au bitume, c’est à peine si l’on perçoit de timides tentatives de dérives de suite contrôlées, il est vrai, à l’accélérateur et au volant.
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Motorlegend
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Motorlegend
Sensiblement alourdie, la 500 s’avère moins agile que la 350 GT. L’inertie due aux 1600 kilos fait que l’agilité n’est pas sa qualité première, ni les enfilades de virages serrés son jardin de prédilection. Quant aux freins, ils constituent le talon d’Achille de la voiture. Il convient donc de les ménager sous peine de plus rien trouver sous la pédale au moment crucial !

A partir de 1968, la construction des Mustang Shelby sera assurée par Ford, Shelby n’étant plus alors qu’un prête-nom. De plus en plus volumineuses, elles évolueront vers plus de confort. Dans cet abâtardissement de la lignée, elles entreront aussi en concurrence avec les modèles les plus performants du catalogue Ford, notamment les Boss. Il faudra attendre la Mustang CVT Cobra de 1993 pour trouver une digne héritière des Mustang Shelby.
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Mustang Shelby GT 500, 1968 Ford
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Mustang Shelby GT 500, 1969 Ford
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