Autojumble de Beaulieu 2003

Ses 2000 stands et ses 30 000 visiteurs font de l’Autojumble de Beaulieu la plus grande bourse d’Europe consacrée à l’automobile de collection.

sommaire :

BRISTOL 405

Gilles Bonnafous le 13/09/2003

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Deux Bristol 405 étaient proposées à la vente dans le cadre de l’Autojumble, un fait étonnant pour un modèle rare et original construit en quatre ans à 296 exemplaires seulement.

Créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale dans un but de diversification industrielle, la division automobile de l’avionneur Bristol Aeroplane Company construit des voitures sportives d’abord extrapolées des BMW d’avant guerre. Présenté en 1947 au salon de Genève, le premier modèle, la 400 est un dérivé de la BMW 328, dont elle hérite du moteur de deux litres à soupapes en tête. Une mécanique qui, au cours des années cinquante, sera montée sur les AC et Frazer-Nash, ainsi que, dans une définition plus pointue, sur des voitures de course comme les Tojeiro, Lister et Cooper-Bristol F2.
BRISTOL
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En compétition, la marque est active par elle-même en classe deux litres. Une 400 se classe troisième au rallye de Monte-Carlo en 1949, tandis que le coupé 450, dont le châssis est réalisé par ERA, participe aux épreuves d'endurance, dont les 24 Heures du Mans et les 12 Heures de Reims.

Fières de leurs origines aéronautiques, aussi bien du côté bavarois que britannique, les Bristol se sont toujours distinguées par une technologie sophistiquée empruntée à l’avion et par des carrosseries aérodynamiques. A quoi s’ajoute une qualité de construction peu soucieuse des coûts de production. Au fil des années, Bristol va s’émanciper de la firme allemande, même si la base mécanique demeure celle du deux litres BMW jusqu’en 1961. Le six cylindres évoluera en 1958 en 2,2 litres sur la 406, avant d’être abandonné sur la 407 au profit d’un gros V8 Chrysler.

Succédant à la 400, la 401 bénéficie d’une ligne moderne dessinée par Touring, qui se libère du dessin BMW. Après la version cabriolet 402, la 403 reçoit en 1953 des améliorations mécaniques. L’année suivante, sont lancés le coupé 404 et sa version berline, la 405, dotés d’un nouveau design. Dévoilée au salon de Paris en octobre 1954 et construite jusqu’en 1958, la 405 constitue la seule carrosserie Bristol à quatre portes. Son prix de vente exorbitant de 3189 £ explique sa faible diffusion.
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Berline performante, confortable et sûre, la 405 est construite sur un châssis à caissons en tôle d’acier portant une carrosserie en aluminium, technologie aviation oblige. On retrouve cette dernière dans l’utilisation du rivetage dans la construction, ainsi que dans le logement de la roue de secours (à gauche) et de la batterie (à droite) dans les ailes avant, derrière des panneaux relevables. La suspension recourt au ressort transversal à l’avant et aux barres de torsion à l’arrière.

Alimenté par trois carburateurs Solex, le six cylindres en ligne à soupapes en tête de deux litres développe 105 ch. La boîte de vitesses est une Bristol à quatre rapports avec overdrive sur la quatrième. En fin de carrière, la 405 recevra quatre freins à disque Lockheed.
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Avec sa livrée de couleur Sage green métallisé conforme à l’origine, la 405, proposée à Beaulieu au prix de 15 000 £ par un négociant, a fière allure. Immatriculée le 14 novembre 1955, elle a été acquise par la Steel Company of Wales, qui l’utilisera jusqu’en 1963. Son deuxième propriétaire la conservera 28 ans. La voiture a bénéficié d’une importante restauration dans le milieu des années 90. Le moteur a été refait, ainsi que l’intérieur en cuir crème. Le tableau de bord est en ronce de noyer. Avec au total cinq propriétaires, la 405 a parcouru 180 000 miles, mais elle a très peu roulé depuis sa restauration. Signalons qu’elle a été achetée aux enchères en juillet 2003 par son actuel propriétaire (vente Cheffins).

Sa 405 blanche, Mike Logeden, l’a possède depuis 23 ans. Il est le troisième propriétaire de cette Bristol, qui présente l’intérêt d’avoir conservé son état d’origine — elle n’a jamais été restaurée, juste une peinture. Elle fonctionne très bien et a procuré beaucoup de bonheur à Mike. Très attaché à sa voiture, c’est à grand regret que ce dernier est obligé de s’en séparer (pour 11 500 £)), tout comme l’avait fait son précédent propriétaire, un Japonais résidant à Bournemouth contraint de regagner le pays du soleil levant…
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