Un diesel aux 24 Heures du Mans

Avec la R10, Audi s’est fixé un objectif des plus ambitieux : écrire une page nouvelle de l’histoire du sport automobile avec une voiture à motorisation diesel !

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Audi R10, objectif atteint

Gilles Bonnafous le 19/06/2007

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Avec la R10, Audi s’est fixé un objectif des plus ambitieux : écrire une page nouvelle de l’histoire du sport automobile en remportant avec une voiture à motorisation diesel l’une des épreuves les plus prestigieuses (et la plus sélective) du calendrier, les 24 Heures du Mans.

L’idée d’équiper une Audi Sport-prototype d’un diesel remonte à 2002, après trois victoires consécutives de la R8. Les grandes lignes du concept sont fixées en septembre 2003 et c’est au printemps suivant que le choix du moteur se porte sur un douze cylindres en V. La cylindrée est fixée à 5,5 litres, soit le maximum autorisé au Mans.

Loïc Bailliard

Audi
Développée en fonction du nouveau règlement LM P1, la R10 subit son premier test en novembre 2005 sur le circuit de Misano, en Italie. Ensuite, 30 000 kilomètres seront accomplis, notamment à Vallelunga, Sebring, Jerez et au Paul Ricard, où sera réalisée une simulation de course sous la pluie.

Pour son baptême du feu en mars dernier, la R10 remporte les 12 Heures de Sebring (pilotée par Capello, Kristensen et McNish). Cette première victoire lors de sa première sortie, obtenue qui plus est sur l’exigeant circuit de Floride, fournit aux techniciens d’Ingolstadt des enseignements précieux pour l’épreuve du Mans et sa durée de 24 heures.

Loïc Bailliard

Audi

Outre son moteur TDI de 700 ch au couple colossal de 1100 Nm, la nouveauté de la R10 est son châssis monocoque en fibre de carbone (en nid d’abeille). Ceci constitue un important changement par rapport à la R8, dotée d’un châssis séparé habillé d’une carrosserie en composite. Plus étroit, il est aussi plus léger. En effet, les ingénieurs Audi ont cherché à alléger la structure pour compenser le poids du V12 diesel supérieur à celui du V8 3,6 litres essence de la R8. La mécanique étant plus longue, il a également été nécessaire d’augmenter l’empattement.

Si le design de la R10 reprend celui de la R8 (conçue en 1999), l’aérodynamique a été améliorée et la silhouette abaissée de cinq centimètres (hauteur de 1,03 mètre). En raison d’une plus grande déperdition thermique et de besoins en refroidissement plus importants (traits spécifiques au diesel), les radiateurs disposés sur les flancs ont été agrandis. On a également cherché à faciliter les interventions au stand : ce n’est pas seulement la partie postérieure de la voiture qui peut être démontée rapidement, mais aussi l’avant pour mieux accéder à la suspension.

Loïc Bailliard

Loïc Bailliard
A l’image de la F1, les disques de freins en carbone sont refroidis par l’air fourni par des éléments en carbone montés sur la suspension (un système comparable à celui de l’Audi A4 DTM). La R10 reçoit à l’avant des pneus de grande taille. Développés par Michelin, ils ont pour but de réduire le sous-virage. La voiture est également équipée d’une direction assistée électrique. Différents changements ont encore été apportés, consécutifs à la nouvelle réglementation. L’objectif est de rendre les machines plus sûres, avec notamment l’adoption du système HANS (soutien de la tête et de nuque en cas d’accident) hérité de la Formule 1.

Comme pour le programme R8, Audi est aidé par le Team de Reinhold Joest.
Après une première victoire en 2006, l'Audi R10 s'est à nouveau imposée en 2007, devant une Peugeot 908 qui a fait forte impression. Car si les allemandes n'en étaient pas à leur galop d'essai, c'était par contre le cas de l'équipe Peugeot qui a promis un "match retour". Rendez-vous en juin 2008 donc, pour assister à une lutte qui promet d'être acharnée.

Audi
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