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Essai VOLKSWAGEN Touareg

Vincent Desmonts le 16/12/2014

Après 4 ans de carrière, le Volkswagen Touareg s'offre un petit lifting. De quoi se remettre à jour face à une concurrence renouvelée.

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Dépoussiérage

Deux autos haut de gamme, deux destins : en 2002, Volkswagen lançait une vaste offensive dans le luxe, avec la limousine Phaeton d'un côté, le SUV Touareg de l'autre. La première s'avérera très rapidement être un cuisant échec sur lequel il n'est pas utile de revenir ; le second, en revanche, rencontrera un succès plus qu'honorable, avec 750 000 unités vendues dans le monde en 12 ans, dont 22 200 rien qu'en France. Une réussite doublée d'un « business case » assez solide, les coûts de développement du Touareg étant partagés avec Porsche et son Cayenne. Du coup, Volkswagen n'a pas hésité trop longtemps, livrant une seconde génération de Touareg en 2010. C'est aujourd'hui cette variante qui nous arrive dans une version restylée. C'est sûr, côté look, les changements sont subtils, à tel point que seuls les possesseurs de Touareg feront la différence.

À l'avant, c'est surtout le bouclier qui a été redessiné, avec des barres désormais orientées vers le logo Volkswagen, accentuant visuellement l'impression de largeur. La calandre a également reçu un petit coup de plumeau, tandis que les optiques remaniées sont désormais dotées d'une fonction bi-xénon de série. À l'arrière, le bouclier bénéficie d'un dessin revu et les feux reçoivent des LED. Enfin, quelques joncs chromés supplémentaires apparaissent çà et là sur la carrosserie, ainsi qu'une poignée de jantes alliage au style inédit. Un peu trop léger comme restylage ? Dans l'habitacle, c'est encore pire : on note l'apparition d'un pack d'éclairage d'ambiance à LED (de série sur la finition haute Carat Edition uniquement), de nouvelles boiseries, de deux teintes de cuir inédites, tandis que le GPS pourra recevoir en janvier 2015 la fonction « Car Net » lui permettant de se connecter à Google Earth et de bénéficier de l'info trafic en temps réel. Et c'est tout !

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Grand luxe

Bon, il faut tout de même reconnaître que sur le plan de la présentation intérieure, le Touareg a vraiment bien résisté à l'épreuve du temps. La qualité des matériaux impose le respect (son cousin le Porsche Cayenne ne fait pas aussi bien!) et les assemblages respirent le sérieux. La sensation de luxe est bien là, particulièrement dans notre version Carat Edition luxueusement équipée (ce sera sans doute moins vrai sur les versions de base, pourvues d'une simple sellerie en tissu…). On apprécie également l'habitacle spacieux, où cinq grands adultes pourront prendre place aisément. Quant au coffre, il est volumineux et facilement modulable, avec une banquette coulissante et rabattable. Le hayon dispose d'une commande électrique dès le deuxième niveau de finition, tandis que la suspension pneumatique optionnelle (3 472 €) permet même d'abaisser de quelques centimètres le seuil de chargement grâce à des boutons situés sur le côté de la soute.

Une polyvalence qui s'étend au châssis, puisque le Touareg est l'un des rares grands SUV à prétendre à quelques capacités de franchissement, notamment lorsqu'il est doté de la suspension pneumatique, qui permet de porter la garde au sol à 233 mm et de franchir des gués de 580 mm. Il existe même des versions « 4XMotion » (+ 2 000 €), dotée d'une gamme de rapports courts, de différentiels central et arrière verrouillables manuellement et d'une garde au sol encore augmentée. Le Touareg peut alors gravir des pentes à 45 degrés ou tolérer des dévers à 35 degrés. Pour cet essai, nous disposons d'une version 4Motion « normale », mais dotée de la suspension pneumatique.

Mise en boîte boiteuse

Sous le capot, on retrouve le V6 3.0 TDI qui répond désormais à la norme antipollution Euro 6 grâce à l'adoption d'un système de post-traitement des oxydes d'azote (NOx) par adjonction d'additif Adblue. Les ingénieurs en ont profité pour augmenter la puissance, qui passe de 245 à 262 ch, tandis que la consommation baissait à 6,6 l/100 km sur le cycle européen. Un gain notamment dû à l'ajout d'une fonction « roue libre », qui désaccouple le moteur des roues lorsque le conducteur lâche l'accélérateur. Hélas, si le Touareg dispose d'une boîte automatique à 8 rapports, il ne s'agit pas de l'excellente ZF bien connue, mais d'une transmission Aisin, modifiée par Volkswagen afin d'incorporer cette fameuse fonction roue libre. Or cette boîte, lente et à la gestion perfectible, vient grever performances, agrément et consommation. Quant au mode roue libre, il s'enclenche à tort et à travers, quelque soit la vitesse de relâchement de la pédale d'accélérateur, alors que le bon sens voudrait que si le conducteur retire brusquement son pied des gaz, c'est qu'il vaut mieux rester en prise. Heureusement, la transmission reste enclenchée dans les fortes déclivités afin de garantir un minimum de frein moteur. Quant à l'agrément du V6, il est indéniable. Doux et plutôt agréable à l'oreille, il dispose d'un couple généreux (580 Nm de 1 750 à 2 500 tr/min) qui permet de compenser la gestion perfectible de la boîte de vitesses. Reste que les chiffres de consommation annoncés sont inaccessibles : en ayant le pied léger, il sera possible de passer sous les 10 l/100 km, mais n'espérez pas beaucoup mieux.

Inspecteur sans Gadget

S'il saura se débrouiller en off-road, le Touareg reste cependant avant tout destiné à un usage routier, domaine où il se montre très à l'aise. Sur autoroute, il dévoile une tenue de cap rassurante, une insonorisation soignée et un confort moelleux (dans son réglage le plus souple, la suspension pneumatique fait l'effet d'un tapis volant). Lorsqu'il s'aventure sur des routes plus tortueuses, il parvient à tenir son rang, sans s'avachir en courbe ni refuser le virage. Les plus « téméraires » iront jusqu'à désactiver l'antipatinage, découvrant au passage qu'un Touareg peut « enrouler » en sortie d'épingle. Ajoutons enfin que la direction à assistance hydraulique (c'est à dire « à l'ancienne »!) procure de bonnes sensations lors des mises en appui. Bref, malgré les années qui passent, le 4X4 Volkswagen vieillit plutôt sereinement.

C'est finalement au chapitre des équipements et autres gadgets électroniques que le Touareg avoue le plus facilement son âge. Ainsi, le GPS tactile manque-t-il de réactivité : paradoxalement, celui d'une Golf 7 est plus évolué ! Dans le même ordre d'idées, s'il reçoit désormais un système de freinage « anti-multicollision » (les freins sont serrés après un crash afin d'éviter un sur-accident) et peut bénéficier d'un régulateur de vitesse adaptatif, d'un radar anticollision ou d'une caméra à 360 degrés, le Touareg fait l'impasse sur l'assistant à la conduite dans les embouteillages (disponible sur une Passat, il est ici techniquement incompatible), le hayon à ouverture par mouvement du pied ou la connexion Wi-Fi. Si vous êtes branché gadgets, ces petits accessoires vous manqueront. Dans le cas contraire, le Touareg vous convaincra par l'étendue plutôt large de ses talents.

À retenir

Avec ce restylage plutôt léger, Volkswagen se contente de donner un petit coup de plumeau à son SUV de luxe. Le Touareg n'en conserve pas moins des qualités qui comptent, avec notamment une finition luxueuse, une habitabilité généreuse ou un confort de premier ordre. Mais si le châssis offre un compromis réussi entre efficacité routière et capacités en hors-piste, la boîte automatique déficiente gâte l'agrément du talentueux V6 TDI.
points fortsPrésentation et finition, habitabilité, moteur très agréable, comportement routier, confort, modularité et aspects pratiques.
points faiblesBoîte lente, évolutions très légères, équipements technologiques dernier cri absents.
15

20
Les chiffres
Prix 2014 : 70 750 €
Puissance : 262 ch
0 à 100km/h : 7s
Conso mixte : 7l/100
Notre avis
Agrément de conduite : 15/20
Sécurité active et passive : 17/20
Confort et vie à bord : 17/20
Budget : 12/20

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