Essai VOLKSWAGEN Golf GTI VII Performance

Loïc Bailliard le 15/07/2013

La Volkswagen Golf GTI est sans doute l'une des voitures les plus importantes de l'histoire moderne de l'automobile. Cette septième génération est-elle à la hauteur de sa légende ?

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LE couteau suisse

Pour beaucoup, la VW Golf GTI première du nom est l'une des voitures les plus importantes des 50 dernières années. Sa sortie en 1976 eut un effet capital : elle démocratisa les sportives et démarra le mouvement des bombinettes. Les années passant, les générations se succédèrent avec plus ou moins de succès, et la Golf devint petit à petit un engin à part, voiture polyvalente par excellence dont il ne faut pas compromettre la recette. Evolution plutôt que révolution. Voilà qui résume d'ailleurs la Golf GTI mk7 à tous les niveaux. À l'extérieur et dans l'habitacle, on reste donc classique. On note tout de même la bande rouge qui se prolonge de la calandre aux phares, ou encore le nouvel écran central sur la planche de bord, mais l'ambiance reste globalement très Volkswagen : c'est sobre, fonctionnel, de qualité et plutôt plaisant sans toutefois trop en faire. Même une Mégane R.S. semble furieusement agressive face à la discrétion allemande !

Pour autant, la Golf est loin d'être une sportive au rabais. Dans cette version Performance, elle est forte de 230 ch et 350 Nm de couple transitant par un différentiel autobloquant électronique. Du coup, elle s'en tire très bien sur piste, où elle se montre fun à conduire et efficace. Mais c'est sur route qu'elle impressionne le plus, grâce à son système d'amortissement piloté offrant un compromis maintien de caisse/confort inégalé. Cette 7ème génération est donc fidèle au caractère de couteau suisse qui caractérise désormais la VW Golf GTI. Mais avec un tarif supérieur à 35 000 €, voire approchant des 40 000 € avec toutes les options, elle fait payer ses prestations au prix fort.

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Grand Tourisme…

11 heures du matin. Une horde de Golf GTI alignées en rang serré nous attend devant l'aéroport de Marseille. Notre exemplaire du jour est justement l'une de ces versions Performance. Arborant une peinture rouge et reposant sur des jantes de 19 pouces optionnelles, la Volkswagen Golf GTI affiche une sportivité retenue. Le détail qui saute aux yeux, c'est évidemment le liseré rouge qui pour la première fois sort de la calandre et se prolonge dans les optiques avant. Visuellement, le gimmick fonctionne à merveille. Le seul moyen de repérer qu'il s'agit ici du sommet de la gamme est la présence de logos GTI sur les étriers de freins avant, mordant des disques plus gros. Encore une fois, donc, l'Allemande reste timide question présentation. L'habitacle de cette Golf GTI 7 est dans la même veine, avec une ambiance très Volkswagen. Le décor est sobre (seul le tartan traditionnel recouvrant les sièges ajoute une note « funky »), les commandes fonctionnelles, les matériaux soignés et les assemblages de qualité. Un coup d'œil dans le coffre et sur la banquette arrière de notre version 5 portes confirme que la polyvalence est toujours à l'honneur avec cette septième génération.

Direction le Castellet. Le trajet impose quelques kilomètres d'autoroute avant d'atteindre les premiers virages. Ce passage sur voie rapide démontre que le « GT » de GTI n'est pas une appellation usurpée. Amortisseurs pilotés en mode confort, boite DSG 6 en automatique et régulateur bloqué, la GTI rappelle qu'elle est avant tout une Golf, capable de rouler sur de longues distances en embarquant famille et bagages dans un confort de haut niveau. Grâce à un couple disponible dès 1 500 tr/min (les joies des 4 cylindres turbo), les reprises sont une formalité réalisée de la pointe des pieds. On quitte enfin l'autoroute et on aborde les premiers virages. Mais le trafic de ce début d'été ne permet pas encore d'essayer véritablement l'engin. Tout au plus constate-t-on grâce à quelques parties de saute-mouton la facilité avec laquelle les dépassements sont expédiés : 2 pressions sur la palette de gauche que l'échappement signale par une paire d'aboiements étouffés, pied droit dans la moquette, et déjà le camping-car disparaît dans le rétroviseur central. Encore une fois, le tout se fait sans effort ni fatigue. Un jeu d'enfant.

…Injection

12h30. Un sandwich avalé en hâte devant les grilles du circuit, nous repartons explorer les petites routes entourant la piste qui nous est encore fermée. Enfin s'ouvrent devant nous quelques enchaînements de virages à flanc de falaise, sans la moindre trace de circulation. La boîte passe en manuel et l'on enclenche le mode sport sur l'ordinateur de bord, ce qui a pour effet d'affermir la direction, d'aiguiser la pédale d'accélérateur, de modifier le comportement du différentiel autobloquant et de limiter les débattements de la suspension. C'est ce dernier point qui impressionne le plus. Habituellement, les modes sport affermissent sans distinction et rendent les voitures quasiment intolérables pour un usage sur route abîmée. Pas ici. Si l'on sent clairement que la caisse est mieux maintenue, l'amortissement reste souple et gomme encore très bien les imperfections. Sur le sec, on exploite donc au mieux les 230 ch et le comportement sain de la Golf permet de la pousser sereinement.

Mais le temps est incertain et rapidement une averse vient pimenter l'exercice. Sous la pluie, on garde confiance, mais jusque dans une certaine mesure seulement. J'ai encore le souvenir d'une Fiesta ST qui jouait les ballerines dans des Gorges du Verdon détrempée. Et clairement, le poids réduit de la Ford permettait une conduite plus enjouée que les 1 320 kg de la Golf ne l'autorisent. La puissance passe au sol, le freinage reste très efficace, mais la Volkswagen paye donc ici son embourgeoisement et sa croissance : avec ses 4,27 m de long pour 1,80 m de large, elle n'est plus une petite voiture depuis longtemps. Et les compromis qui permettent la polyvalence de la GTI signifient également qu'une Mégane R.S. sera bien plus affûtée, donc plus rapide, dans les mêmes conditions.

Un différentiel qui change tout

14h45. Nous franchissons les portes du nouveau Driving Center du Castellet alors que la pluie cesse et que la piste sèche. Le programme : effectuer quelques tours de manège sur cette petite piste plutôt technique, dont certains virages peuvent se prendre en première. Il s'agit d'un test idéal pour évaluer la véritable spécificité de la GTI Performance : le différentiel autobloquant XDS. Il s'agit d'un différentiel Haldex, électronique donc, capable toutefois de distribuer l'intégralité du couple à une seule des deux roues avant. Dans la pratique, l'efficacité du système est redoutable. Plutôt que de se mettre à tirer tout droit dans l'axe des roues lorsqu'il se bloque, le différentiel donne l'impression de planter un point de pivot au niveau de la roue intérieure. En clair, on s'extrait des courbes serrées sans la moindre once de sous-virage ni effet de couple. Dans cet environnement sécurisé, on constate ainsi que la Golf conserve des trajectoires tendues lorsque l'on fait grimper le rythme, y compris sur le mouillé.

Une fois la piste sèche, la Golf GTI continue à démontrer son potentiel. La boîte DSG se montre rapide et efficace. S'il n'est pas le plus enjoué des moteurs, ni le plus sonore, le 2.0 TFSI est également très réactif. Il tend à prouver que le terme « turbo lag » semble avoir totalement disparu du vocabulaire automobile. Une chicane installée en milieu de ligne droite permet de constater que même les changements d'appui brutaux abordés à haute vitesse ne parviennent pas à déstabiliser la voiture. Rivée au sol, la GTI incite à se concentrer sur ses trajectoires et à soigner son chrono. Quant au freinage, il s'avère endurant et permet un dosage précis. Même si un pourcentage minime des propriétaires se rendra sur circuit, la Golf GTI se prête donc à l'exercice avec plaisir ! Mais le meilleur moment de la journée se produit aux alentours de 18 heures. Sur une petite route fabuleuse et quasi déserte, sous un soleil éclatant et armé de la confiance acquise sur circuit, le retour vers Marseille est l'occasion d'une demi-heure de conduite mémorable. C'est dans ces conditions, poussée à 80-90% de ses capacités sur un ruban de tarmac sinueux, que la Golf GTI se montre la plus à l'aise et la plus jouissive à conduire. Et quand on y pense, c'est exactement dans ces conditions que les premières GTI (Golf ou 205) dévoilaient leurs qualités. Près de 40 ans plus tard et sous ses dehors très sérieux, l'Allemande a donc conservé une part de son âme d'enfant !

À retenir

Rien à faire, la Volkswagen Golf GTI est un engin à part. Moins radicale que la Mégane R.S., moins déjantée que la Ford Focus ST, moins vive que les mini-bombinettes qui sont apparues ces derniers mois, elle reste malgré tout une référence grâce à une polyvalence hors du commun. Si les puristes lui préféreront des solutions plus typées et lui reprocheront un tarif qui la rapproche dangereusement d'engins tels que la BMW M135i, elle conserve donc encore quelque temps sa couronne et son titre. Surtout dans cette version Performance, qui ne réclame qu'un effort supplémentaire de 1 060 €.
points fortsPolyvalence, efficacité du différentiel, efficacité de l'amortissement piloté, caractère sain.
points faiblesLéger manque de caractère, sonorité un peu étouffée, puissance juste face à la concurrence.
14.9

20
Les chiffres
Prix 2012 : 35 400 €
Puissance : 220 ch
0 à 100km/h : 6.4s
Conso mixte : 6.4l/100
Emission de CO2 : 149 g/km
Notre avis
Note de coeur : 15/20
Agrément de conduite : 15/20
Sécurité active et passive : 17/20
Confort et vie à bord : 16/20
Budget : 12/20
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Commentaires

avatar de loumar
loumar a dit le 25-02-2014 à 22:06
Déçu de l'essais : rien à voir avec les 205 GTI ou Golf GTI , pas la même précision de guidage , un "confort" digne des années de la 205 sans le charme ni le prix , un moteur présent mais sans les reprises attendues , seul le freinage et le sérieux de fabrication (triste) peuvent attirer si l'on ne s'effraye pas d'un réseau qui craint et d'un prix prétentieux .