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Essai PORSCHE Panamera S Hybrid

David Lamboley le 11/09/2011

La Panamera élargit son cercle chromatique... vers le vert ! Outre une version diesel d'attaque, la berline Porsche cède à l'hybridation avec cette version S Hybrid forte de 380 ch.

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Présentation

La Panamera est une adepte du grand écart, et pas seulement en termes d'empattement. Jugez plutôt : en haut de l'échelle, une version V8 biturbo qui déménage avec 550 ch sous le pied droit, un 0 à 100 km/h revendiqué en 3,8 secondes et une vitesse maximale de 306 km/h. De quoi faire carburer toute la famille à l'adrénaline. En bas de cette échelle aux barreaux dorés, une nouvelle version d'attaque avec un « petit » diesel délivrant 250 ch. Ici, le facteur économique prime avec une consommation revendiquée de seulement 6,5 litres de gazole aux 100 km. Remarquable. Mais Porsche ne pouvait éluder l'hybridation, passage obligé pour les modèles premium, idéal pour faire passer la pilule du downsizing et de la réduction de la consommation tout en préservant une image à la fois éco-responsable et « technologique ».

Alors même chez le spécialiste allemand des sportives, on s'y met. Comme le Cayenne il y a quelques mois, la nouvelle Panamera S Hybrid mise sur cette technologie pour soigner son bilan carbone et ses performances énergétiques. Sous le capot, point de V8 atmosphérique mais un V6 à compresseur de 333 ch, celui de l'Audi S4, épaulé par un gros alterno-démarreur de 47 ch. Mais Porsche, on le sait, ne soigne pas que ses moteurs… L'équilibre et le comportement exceptionnel de la Panamera S Hybrid n'en fait certes pas une 911 à quatre portes, mais une véritable référence en termes dynamiques face à ses concurrentes. La puissance et les performances sont effectivement proches de celle de la Panamera S V8 délivrant 400 ch. Le 0 à 100 km/h est abattu en 6 secondes, avec une consommation moyenne qui peut descendre sous la barre des 7 litres lorsque l'on choisit des pneus spéciaux à faible roulement. Même s'il faut adopter une conduite très zélée pour atteindre de tels chiffres, le rapport performances/consommation s'avère remarquable. La technologie hybride permet en outre un fonctionnement 100% électrique. Tarif de cette merveille : 107 794 euros, le prix à payer pour soigner son bilan énergétique au volant de la Panamera…

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Design extérieur et intérieur

Une 911 à quatre portes. Lorsque le quidam aborde le sujet Panamera, la réflexion fuse, presque comme une critique. En effet, la grande berline Porsche use parfois jusqu'à la caricature de tous les codes stylistiques du coupé emblématique, dont le dessin original remonte à 1963. Au fil des évolutions, le style de la 911 a gagné en fluidité et en caractère, au point de devenir, de la pointe du bouclier avant jusqu'aux feux, une véritable signature. C'est ce coup de crayon caractéristique que l'on retrouve sur la Panamera. Un bon point cependant pour les amateurs du style Porsche, elle ne ressemble de fait à aucune autre berline de sa caste. Plus sportive qu'une Audi A8, plus percutante qu'une Mercedes Classe S, nettement plus impressionnante qu'une BMW Série 7 en termes de style, la Panamera se revendique avant tout comme une Porsche.

Grande (4,97 m), très large (1,93 m) et basse (1,42 m), elle affiche clairement une ligne de coupé. Mais un coupé où les passagers arrière ont une véritable amplitude de mouvements, où les petites attentions ne manquent pas. Certaines options, d'ailleurs, rappellent que nous avons presque affaire à une limousine : sièges ventilés à réglages électriques à l'arrière, climatisation 4 zones, commandes individuelles… L'univers du coupé reprend pourtant le dessus, car il s'agit de l'ADN de la Panamera : quatre places individuelles, position de conduite très basse, surface vitrée réduite et ligne de caisse haute.

Mécanique et châssis

Soyons catégorique : la Panamera S Hybrid, comme toutes les Panamera, est conçue en grande partie comme un coupé malgré son gabarit, et cela vaut surtout pour son châssis, calibré pour la rigueur, l'agilité et la performance. Dessous, on trouve la fine fleur de la technologie, avec pour objectif la conciliation du sport et du confort : essieux multibras façon double triangulation, combinés pneumatiques permettant différentes duretés de suspension et enfin direction hydraulique, et non pas électrique, permettant de préserver un feeling exceptionnel au volant. La carrosserie, utilisant 25% de matériaux légers (aluminium, alliages divers, matières plastiques) ne permet pourtant pas de faire de la Panamera S Hybrid un coupé sport sur la balance. Il s'agit même de la plus lourde des Panamera (1980 kg à vide) après la Turbo S (1995 kg à vide), présence des batteries additionnelles du système hybride oblige. Ces dernières sont positionnées sous le coffre à l'arrière, permettant un équilibre des masses quasi-parfait, de l'ordre de 51/49, contre 56/44 pour la Panamera Turbo. Un bon point pour cette version S Hybrid, caractérisée comme son nom l'indique par son mode de propulsion.

Ouvrons le capot : sous le cache plastique un peu « cheap », une connaissance, le V6 à compresseur de l'Audi S4, délivrant comme sur cette dernière une puissance de 333 ch. Entre le moteur et la boîte automatique Tiptronic à 8 rapports, un gros alterno-démarreur développant 47 ch, ce qui nous donne 380 ch au total. Le bloc électrique permet en outre une fonction Start/Stop et un mode 100% électrique plus étendu qu'à bord de la Panamera Hybrid, autorisant une vitesse de 85 km/h. Le point noir, toujours le même, c'est l'autonomie en mode électrique : seulement 2 km environ, ce qui suppose que le moteur thermique se remette en marche pour alimenter à nouveau les batteries, dont la charge fond comme neige au soleil. Pour l'instant, le serpent se mord la queue, mais il paraît que Porsche travaille fort sur le sujet…

Sur la route

Le pedigree sportif de cette grande Porsche est unique au monde, indubitable, ancré au plus profond de ses entrailles, comme nulle autre berline de ses dimensions. Sa conception, sa technologie embarquée, son architecture en font une proposition rare, capable d'allier des qualités que l'on croyait inconciliables. A la fois parfaitement confortable aux allures usuelles, elle sait également délivrer des sensations dignes d'une GT. On rêverait presque d'une 928 du futur, comme le couple Classe S et CL chez Mercedes. Why not ? Son châssis élaboré, dynamique, fait merveille en s'efforçant d'effacer, comme par magie, la masse conséquente. Jamais un engin de deux tonnes, et même bien plus en charge, n'avait paru plus léger, nettement plus léger. Plus qu'une sensation au volant, il s'agit de faits comportementaux : la Panamera Hybrid, calée sur son mode le plus sportif, vire à plat, garde un grip phénoménal en virage, s'extirpe des courbes comme un missile, gomme l'inertie comme aucune autre berline de sa caste. Voilà pour le châssis, vraiment impressionnant, rassurant, facile.

En termes mécaniques, nous sommes moins enthousiastes, en tous cas dans un premier temps. Même si les performances sont au rendez-vous avec un 0 à 100 km/h revendiqué en 6 secondes (5,6 secondes por la version S V8 à boîte mécanique) et un 1000 m départ arrêté exécuté en 25,9 secondes, on ressent quelque peu les effets du downsizing. Le 3 litre à compresseur d'origine Audi, bien qu'épaulé par le moteur électrique, manque parfois de coffre en pleine accélération. La masse à propulser revient à l'esprit… Si le velouté mécanique d'un V8 atmosphérique semble irremplaçable, les performances sont proches et les consommations…n'ont rien à voir ! Entre la Panamera S V8 à boîte mécanique de 400 ch et cette Panamera S Hybrid forte de 380 ch, l'écart de consommation moyenne atteint 5,5 litres aux 100 km, de quoi alimenter une autre voiture. Sur le papier en tous cas…

À retenir

Clairement, aucune autre berline hybride de sa taille ne peut prétendre à une telle sportivité. La Panamera S Hybrid n'en reste pas moins un monstre d'homogénéité, capable de faire voyager quatre personnes dans des conditions proches de la première classe. L'hybridation réussie permet en outre des économies à la pompe substantielles, mais le manque d'autonomie relègue pour l'instant le mode 100% électrique à un rôle subsidiaire.
points fortsCouple moteur thermique/moteur électrique efficace en termes de performances pures. Consommations très faibles en théorie pour la catégorie. Confort, présentation, finition.
points faiblesAutonomie ridicule en mode 100% électrique, manque de sensations mécaniques, tarif élevé, design trop inspiré de la 911.
16.7

20
Les chiffres
Prix 2011 : 107794 €
Puissance : 380 ch
0 à 100km/h : 6s
Conso mixte : 7.1l/100
Notre avis
Agrément de conduite : 17/20
Sécurité active et passive : 17/20
Confort et vie à bord : 16/20
Budget : 16/20

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