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Essai PEUGEOT 508 SW PureTech 180 EAT8 GT Line

Vincent Desmonts le 03/12/2018

Dans un segment dominé par le conformisme, le nouveau break Peugeot impose un style audacieux pour se démarque. Il soigne également les fondamentaux avec des qualités routières au meilleur niveau de la catégorie.

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L'art et la manière

Si les SUV gagnent chaque mois un peu plus de terrain au détriment des berlines et des monospaces, les breaks font de la résistance. Ils représentent ainsi 60 % des immatriculations sur le segment des familiales, auquel se rattache cette Peugeot 508 SW ainsi que ses rivales, qui ont notamment pour nom Renault Talisman Estate et Volkswagen Passat SW. Mais si ces dernières arborent un style statutaire très classique, la 508 SW ose un look plus sportif, teinté d'une once d'agressivité. Niveau dimensions, pourtant, elle reste très proche de la berline, puisqu'elle ne gagne que 4 cm en longueur au niveau du porte-à-faux arrière. Mais la 508 SW impressionne avec ses hanches musclées, sa vitre de custode façon BMW et sa lunette arrière très inclinée. Quant au bandeau noir reliant les feux arrière, c'est à la fois un moyen d'abaisser visuellement l'auto et un discret clin d'œil à des modèles historiques de Peugeot, comme les 205 et 405. À l'avant, sans surprise, la 508 SW reconduit le look de la berline, avec ses feux de jour en forme de sabre et sa calandre verticale (inspirée, elle, de la 504!) encadrée par de fines optiques. De toute évidence, le nouveau break Peugeot a de l'allure… à tel point qu'il pourrait bien chiper quelques clients des modèles « premium » de la catégorie !

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Stylé et pratique à la fois

D'autant que la 508 SW ne sacrifie pas le volume de chargement sur l'autel du style. En effet, elle revendique un coffre de 530 dm³. C'est moins bien que la Talisman Estate (572 dm³) ou l'immense Passat SW (650 dm³), mais c'est mieux que la Mercedes Classe C Break (460 dm³) ou l'Audi A4 Avant (505 dm³). Et si l'ouverture dégagée par le hayon n'est pas énorme, le seuil bas facilite l'accès. Quant à la banquette 2/3-1/3, elle se rabat sans effort depuis la soute grâce à deux tirettes, portant le volume utile à 1 780 dm³. Les finitions hautes reçoivent enfin une commande « mains libres » du hayon électrique : passer le pied sous le pare-chocs arrière suffit à déclencher son ouverture. Enfin, corollaire de la ligne de pavillon forcément moins fuyante que celle de la berline, l'habitabilité progresse. Ainsi, et contrairement à la 508 berline, de grands adultes peuvent s'installer à l'arrière sans se cogner au plafond. À l'avant, on retrouve la planche de bord de cette dernière, avec son look à part et son ergonomie qui sort de l'ordinaire. La position basse du mini-volant réclame un peu d'habitude, mais l'instrumentation numérique est lisible et placée si haut qu'elle fait presque office d'affichage tête haute. En revanche, on peste après l'écran tactile, qui manque de réactivité. Côté design, c'est un peu Star Wars, avec des lignes torturées, des coins et recoins, et l'on plaint déjà le propriétaire qui devra passer l'aspirateur pour traquer la poussière ! Côté finition, matériaux et assemblages ne sont pas au niveau de Volkswagen, encore moins d'Audi, mais l'ensemble présente tout de même plutôt bien. L'équipement de série est correct, mais pourrait être un peu plus généreux vu les tarifs exigés. En effet, il faut monter au deuxième niveau de finition pour profiter d'un GPS ou de l'aide au stationnement avant. Notre finition GT Line (troisième niveau) bénéficie pour sa part de phares 100 % à LED, d'une planche de bord surpiquée ou encore de sièges plus ergonomiques. Mais le régulateur adaptatif avec maintien dans la voie, la caméra de recul, l'assistant créneau ou encore le hayon mains libres sont encore en option.

La « patte » du Lion !

Les dernières Peugeot impressionnent par leurs qualités routières, et la 508 SW ne fait pas exception. Il y a de toute évidence une « patte » du Lion, dominée d'abord par un compromis confort/tenue de route au meilleur niveau. Et la suspension pilotée offerte à partir de la finition GT Line n'y est pour rien : les différences entre modes de conduite sont imperceptibles. Dans tous les cas, l'amortissement absorbe avec efficacité les défauts du bitume, et ce à toutes les allures, même à basse vitesse en ville. Et lorsque l'on hausse le rythme, la voiture ne se désunit pas. Les suspensions digèrent les bosses, préservant la tenue de cap, tandis que le roulis est contenu. La direction est incisive et très précise, permettant de placer le train avant au millimètre. Seules quelques pertes de motricité viennent rappeler que cet agile break est une simple traction ! De son côté, le moteur 1.6 PureTech de 180 ch ne fait guère impression : s'il est doux et souple, sa sonorité est quelconque et il n'aime pas les hauts régimes. Quant à la boîte automatique EAT8, elle manque de réactivité et son étagement est trop long.

À retenir

Après avoir essayé cette 508 SW, on comprend pourquoi les berlines familiales sont désormais une espèce minoritaire. En effet, ce break ajoute une dose bienvenue de fonctionnalité et d'espace à bord, sans faire aucun compromis sur les prestations routières. Sur la Peugeot 508, l'écart tarifaire entre berline et break se monte à 1 300 €. Une somme rondelette qui vient s'ajouter à des prix déjà coquets. Mais quand on a un coup de cœur...
points fortsStyle réussi, fonctionnalité préservée, compromis confort/tenue de route, insonorisation.
points faiblesBoîte automatique peu réactive, rapport prix/équipements, moteur PureTech 180 quelconque.
15.1

20
Les chiffres
Prix 2018 : 41 300 €
Puissance : 180 ch
0 à 100km/h : 8s
Conso mixte : 5.5l/100
Notre avis
Agrément de conduite : 14/20
Sécurité active et passive : 17/20
Confort et vie à bord : 15/20
Budget : 12/20

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