Essai MASERATI MC20

Walid Bouarab le 25/02/2022

Avec la MC20, Maserati fait un retour fracassant sur le devant de la scène. Une supersportive réussie, au charme indéniable et à l'esprit GT très personnel.

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Résurrection du Trident

En partant d'une feuille blanche pour concevoir la MC20, Maserati s'est soustrait à toute contrainte de développement, si ce n'est financière. Mais l'ambition de la marque italienne est ici trop grande pour ce genre de considération. Le Trident lance ici sa première vraie sportive depuis l'ultra-exclusive MC12 en 2004. Une sorte de Ferrari Enzo remaniée à la sauce modénaise, pour valider la participation de la marque au championnat GT FIAT. De la coque en carbone développée conjointement avec le spécialiste Dallara, aux châssis en passant par l'incroyable V6 qui l'anime, la MC20 est une pure création originale. D'ailleurs, ses composants ne se retrouveront sur aucune des prochaines Maserati. Car oui, le Trident amorce une réelle renaissance appuyée sur un plan produit ambitieux. Arrivée imminente du SUV Grecale, remplacement tant attendu de la mythique Gran Turismo, puis renouveau des Levante et Quattroporte… Le tout saupoudré d'une électrification de masse. Des versions branchées dont bénéficiera également la MC20.

Mais revenons au présent, et prenons le temps d'admirer le formidable travail des designers italiens. Longue, basse et très large, la MC20 est un objet de mode. Un véritable travail haute couture, pour la carrosserie, dont les appendices aérodynamiques ont été habilement camouflés. Les proportions sont exquises, le charisme indiscutable. Une belle réussite que l'on a découverte sans aucun a priori, Maserati ne nous ayant pas habitué, de longue date, à une supersportive au moteur central arrière.

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A bord, l'humilité est de mise. L'italienne accueille dans un environnement simple, et où il est facile de prendre ses marques. L'Alcantara, le cuir et le carbone généreusement représentés rehaussent le standing. Reste que le petit écran tactile, implanté trop bas, et la qualité de quelques commandes (commodos, touches sur le volant) posent question. Non pas que l'italienne ne soit pas à la hauteur de la concurrence, mais la MC20 se positionne comme la plus GT des supersportives. A sa manière, l'intérieur plus chaleureux d'une McLaren GT est une meilleure invitation au voyage. Pourtant, l'italienne étonne par sa polyvalence. Son habitacle est nettement plus spacieux que la moyenne, les grands gabarits trouvent également une position de conduite idéale et ses deux coffres n'interdisent pas les départs en weekend. Attention cependant à ce que vous placez à l'arrière, le compartiment n'étant pas très étanche à la chaleur dégagée par le moteur….

C'est sur ses terres natales, et au départ de son lieu de naissance que nous prenons le volant de cette MC20. Dans les avenues de Modène, pourtant jonchées des créations du Trident, notre MC20 Giallo Genio (ça sonne mieux que jaune) attise encore les regards. Son esprit Grand Tourisme se confirme par un niveau de confort tout bonnement surprenant pour une telle voiture. L'amortissement conciliant, lié à la douceur de la transmission qui fait ronronner le V6 3.0 et la légèreté des commandes ne laissent pas augurer des capacités de l'engin. Une courte jonction par l'autoroute révèle également la discrétion qui règne à bord. Faisant de cette MC20 une voyageuse plutôt douée.

Arrivé sur les routes secondaires, nous passons au plat de résistance. Le sélecteur des modes de conduite basculé sur Sport et pédale de droite pressée contre le plancher : le bloc 3.0 de 630 ch enclenche sa cavalerie et propulse violemment l'ensemble, plutôt léger (1478 kg). Le V6 Nettuno impressionne par sa puissance et sa disponibilité. Les performances sont réellement surprenantes pour un bloc de cette architecture. Certes, il reprend à son compte une technologie issue de la Formule 1, la précombustion. Une manière d'optimiser l'essence et la disponibilité du couple, tout bonnement ahurissante. Capable de reprendre bas dans les tours, quelle que soit la situation, et doté d'une allonge impressionnante, ce bloc 100 % Maserati est un véritable chef d'œuvre. Mais il doit composer avec de nombreuses contraintes, les turbos et autres filtres à particules ayant sérieusement entamé le potentiel musical de cette MC20. Passé la surprise de ce bloc particulièrement réussi, l'essai se poursuit sur les petites routes enlaçant les collines autour de Maranello.

En passant en mode Corsa, la MC20 se raidit, l'accélérateur se fait plus chatouilleux et la direction se raffermit. L'état très inégal de la chaussée nous pousse à rebasculer l'amortissement sur un mode plus doux (via le bouton central du sélecteur) pour ne pas rebondir sur les bosses. Là encore, la philosophie moins radicale de la MC20 fait des miracles. L'italienne encaisse et absorbe au profit de la précision de conduite. Bien aidée par la double triangulation de son train avant, cette MC20 ne se désunit jamais et son train reste fidèle aux injonctions. Certes, une F8 Tributo ou une McLaren GT se montrerait encore plus tranchante et précise dans ses changements de cap, mais aucune ne le fait avec la douceur de la MC20. On aurait aimé une direction à la consistance moins légère, et les freins carbone céramique de notre modèle d'essai ne nous ont pas vraiment convaincu. Mais l'intéressante synthèse de cette Maserati lui donne une place à part dans le segment très select auquel elle appartient. Il faudrait pouvoir l'emmener sur circuit pour réellement mesurer son potentiel. Mais les performances exceptionnelles de son V6 et l'équilibre dont elle fait preuve (une spécialité Maserati) donnent déjà un aperçu optimiste de ses facultés.

En insufflant à son MC20 un esprit moins radical que celui de ses rivales, Maserati réalise ici une synthèse pour le moins séduisante. La marque italienne reste surtout fidèle à son ADN, elle pour qui le Grand Tourisme reste une valeur primordiale. Une philosophie qui se traduit avec cette sportive pas comme les autres, et qui place le confort et la polyvalence au cœur de son cahier des charges. Mais ne vous y méprenez pas, la Maserati MC20 reste une réelle sportive, au tempérament typiquement italien. Un modèle au Trident bien né et qui remet un coup de projecteur sur le savoir-faire de la firme au Trident.

À retenir

quoteMaserati réalise là un belle prouesse, sur un segment qu'il ne maitrise pourtant pas. Diablement séduisante, motorisée par un V6 épique et efficace tout en gardant son esprit Grand Tourisme, la MC20 est une réussite.
points fortsV6 impressionnant, confort et espace à bord, esprit GT conservé
points faiblesDirection trop légère, freinage manquant de mordant, amortissement trop souple ?
15.7

20
Les chiffres
Prix 2021 : 255 000 €
Puissance : 630 ch
0 à 100km/h : 2.8s
Conso mixte : 11.5 l/100 km
Emission de CO2 : 261 g/km
Notre avis
Note de coeur : 17/20
Agrément de conduite
  • Accélération
  • Reprises
  • Direction
  • Agilité du châssis
  • Position de conduite
  • Commande de boîte
  • Etagement de la boîte
:
17/20
Sécurité active et passive
  • Adhérence
  • Freinage
  • Equipements de
    sécurité
:
17/20
Confort et vie à bord
  • Habitabilité
  • Volume du coffre
  • Visibilité
  • Espaces de rangement
  • Confort de suspension
  • Confort des sièges
  • Insonorisation
  • Qualité (matériaux, assemblage, finitions)
:
14/20
Budget
  • Rapport prix/prestations
  • Tarif des options
  • Consommation
:
5/20

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Commentaires

avatar de Victor34
Victor34 a dit le 02-03-2022 à 13:02
La prochaines séries je la verrais bien a motorisation V8 avec beaucoup de chevaux sur Quatre roues motrices qu'il concurrence un peu la Lamborghini par exemple. The next series I would see it has a V8 motorization with a lot of horsepower on Four wheel drive that it competes a little with the Lamborghini for example.