Essai LEXUS RX 300

Jean-François Destin le 01/11/2004

Devenu le 4X4 branché de la gentry huppée américaine, le Lexus RX 300 s'est vendu à ce jour à plus de 508.000 unités.

Présentation

Le gigantesque marché américain ne s'ouvre pas facilement aux étrangers, les constructeurs français en savent quelque chose. Seuls les Japonais ont su trouver une attitude conquérante en installant des usines sur place mais aussi en réinventant des griffes de prestige, tel Toyota avec Lexus, Devenu synonyme de luxe, de raffinement et d'extrême qualité de fabrication, Lexus (en français l'anagramme de luxes !) est parti dès septembre 1989 à l'assaut des acheteurs de Cadillac, Oldsmobile et autre Pontiac mais aussi de ceux de Jaguar, Audi, BMW et surtout Mercedes. Et ce n'est pas un hasard si la grosse LS 400, première berline Lexus introduite outre Atlantique ressemblait extérieurement à une Mercedes Classe S. Depuis, la division haut de gamme de Toyota a su décliner des produits plus originaux comme la GS et surtout le Lexus RX 300 qui nous intéresse aujourd'hui. Infatigables observateurs des attentes de la clientèle mais aussi des modèles à succès de la concurrence, les dirigeants du géant japonais ont proposé ce 4X4 SUV très achevé en 1998, soit un an à peine après l'arrivée du ML de Mercedes, mais deux ans avant le X5 de BMW.

Devenu le 4X4 branché de la gentry huppée américaine, aussi en vogue à New York qu'à Los Angeles, Seattle ou Santa Fe, le Lexus RX 300 s'est vendu à ce jour à plus de 508.000 unités avec des ventes records en 2003 (92.366), année d'introduction d'un Lexus RX 300 phase II encore plus attractif. Débarqué en Europe en 2000, ce modèle mariant luxe et discrétion a trouvé 36.000 acheteurs dont 1500 seulement en France. Chez nous, les immatriculations du Lexus RX 300 restent pénalisées par l'absence d'une proposition diesel. Interrogée à ce sujet, la direction de la filiale française affirme qu'un moteur à gazole est programmé sans pour autant avancer une date. En revanche, le RX 400h, premier SUV hybride au monde et présent au Mondial de Paris sera bien proposé en France au premier semestre 2005. Reprenant la carrosserie du RX300 et mu par le même V6 porté à 3.3l associée à deux moteurs électriques, il délivrera au global 272 chevaux pour une consommation comparable, selon Toyota, à celle d'une berline familiale à 4 cylindres. A vérifier. Pour l'heure, le succès du Lexus RX 300 s'explique entre autres par la douceur de son 6 cylindres et de sa boite automatique, un confort de suspension de berline de haut de gamme, son silence de fonctionnement et par un équipement hors normes surtout en finition « Président ». Les tarifs, élevés, restent concurrentiels par rapport à un VW Touareg et à un BMW X5.

Design

Beaucoup plus élégant qu'un ML Mercedes, le RX 300 a vu sa silhouette peaufinée à l'été 2003. Sa carrosserie tendue de coupé, ses vitres latérales arrière teintées qui masquent astucieusement les montants centraux, ses passages de roues marqués et le design soigné de ses optiques en font un SUV à part. A l'arrière, le hayon (désormais à commande électrique d'ouverture et fermeture) montent très haut pour faciliter l'embarquement de bagages ou objets volumineux. Il est surmonté d'un spoiler qui contribue à l'aérodynamique et à la stabilité du véhicule à grande vitesse et empêche la lunette arrière de se salir. Haut sur ses roues, le RX 300 sait aussi faire descendre sa caisse (avec suspension pilotée) pour rendre plus aisée l'installation à bord. Lexus vante à juste titre un coefficient record (0,34 et 0,33 avec suspension pilotée), les études aérodynamiques ayant été validées, pour l'anecdote, dans la soufflerie Maibara généralement utilisée pour le Shinkansen, le train à grande vitesse japonais ! Elles ont permis également d'améliorer l'écoulement de l'air sous la voiture et de repositionner les dérives devant chaque roue.

Habitacle

Arborant 15 cm de plus en longueur et 3 cm en largeur par rapport au modèle originel, le RX 300 deuxième génération se montre encore plus spacieux notamment à l'arrière et dans le coffre (490 dm3). Bénéficiant d'assises placées plus haut et d'un champ de vision panoramique, les occupants se trouvent moins confinés que s'ils s'installaient à bord des modèles concurrents Assez conventionnelle, la planche de bord s'avère lisible et pratique et l'écran visualisant tous les réglages de confort et la navigation possède ici une importance inhabituelle car il projette l'image prise par la caméra arrière. Cet équipement rare, en série sur la version « Président » et en option sur « Pack Luxe » s'enclenche dès que l'on passe la marche arrière. Les créneaux s'en trouvent facilités d'autant qu'une ligne rouge délimite le point critique à ne pas franchir. Moelleux et offrant un bon maintien latéral, les sièges assurent un grand confort y compris à l'arrière ou l'on peut faire varier le recul du siège et l'angle du dossier. Notre modèle d'essai était pourvu de placages de bois clair peu valorisant mais on peut opter pour une finition moins contrastée. A signaler aussi les 9 airbags montés de série comprenant ceux dédiés à la protection des genoux (le RX 300 a été le premier véhicule au monde à en bénéficier).

Châssis

Déjà fort bien pourvu en version de base (système MacPherson à l'avant et à l'arrière), le RX 300 reçoit en série sur la finition « Président » une suspension pneumatique pilotée. Elle recourt à des soufflets pneumatiques en lieu et place des ressorts hélicoïdaux classiques. Ils fonctionnent en tenant compte des informations envoyées par différents capteurs analysant les dégradations du revêtement. Offrant un confort de haut niveau, ce nouveau système améliore la tenue en cap par une intégration d'un correcteur d'assiette et propose quatre hauteurs de caisse dans une amplitude de 45 mm. A partir d'un bouton au tableau de bord, le conducteur sélectionne HI (position haute) avant d'emprunter les pistes et franchir quelques gués, et N (position normale) ou LO (position basse) pour présenter moins de résistance à l'air à haute vitesse. A noter qu'au delà de 100 km/h, la caisse s'abaisse automatiquement Le RX300 bénéficie d'un châssis monocoque développé par la CAO. D'ou un poids acceptable inférieur de 2 à 300 kilos par rapport à ceux de la concurrence. Il additionne les systèmes de surveillance électronique. Outre l'ABS avec EBD et BA figurent en série le TCR (contrôle de la motricité) et le VSC (contrôle de stabilité).

Moteur

Ce pourrait être le point faible du RX300. Avec 204 chevaux (contre 201 au modèle précédent), le 6 cylindres ne paraît pas en mesure de contrer ses rivaux. A l'usage, la puissance s'avère suffisante et cohérente pour un SUV plus typé « confort » que « sport ». La consommation raisonnable (on peut descendre à 13 litres en faisant attention) fait partie des bonnes surprises. Très remanié pour offrir au RX300 phase II un meilleur agrément de conduite, ce 6 cylindres adopte la distribution variable en continu et un nouveau système d'admission pour augmenter la souplesse à bas régime. Résultat : 80% du couple atteint dès 1600 tours ! La transmission, on l'a évoqué, se révèle à la fois efficace en tous chemins et très agréable sur la route. Elle résulte d'un mariage entre la boite automatique à 5 rapports et d'un nouveau système électronique qui répartit électroniquement (et sans intervention du conducteur) le couple entre les deux essieux via le contrôle de motricité. Auparavant, cette gestion, mécanique, passait par un lourd dispositif composé d'un différentiel central à glissement limité et d'un viscocoupleur.

Sur la route

Dès les premiers kilomètres s'apprécient la suspension (pneumatique sur notre modèle d'essai) et la douceur des commandes. Sans délivrer d'accélérations spectaculaires, le V6 réagit promptement au gré d'une boite automatique bien étagée. Si bien étagée que la commande séquentielle disponible devient vite inutile. Silencieux, le RX300 ne donne aucune impression de vitesse et il convient de surveiller le compteur mais aussi l'approche des virages car même si son poids reste contenu, le RX300 ne se pilote pas comme une voiture de sport. Très équilibré, il s'inscrit facilement dans les courbes, le roulis restant très limité. Enfin, le RX 300 est également à l'aise en ville grâce à un rayon de braquage bien amélioré et à une vision panoramique. Sans compter la caméra arrière qui, sur la version "Président", facilite les créneaux.

Equipements

Finition Président Aux équipements traditionnels s'ajoutent ici les jantes en alliage 18 pouces à 5 branches avec pneus 235/55 R18, la suspension pneumatique à hauteur réglable, le toit ouvrant en verre à commande électrique, l'éclairage avant adaptatif et intelligent, le contrôle de motricité (TCR), le contrôle de la stabilité du véhicule (VSC), l'airbag protège-genou conducteur, le système Wil d'atténuation du coup du lapin en cas de choc arrière, les vitres latérales avant à traitement hydrofuge, l'écran multivision couleur et tactile, incluant le système de navigation par satellite GPS à technologie DVD et la rétrocaméra d'aide au stationnement, la sellerie cuir, les sièges avant chauffants, les sièges arrière coulissants et rabattables, les volant et pommeau de la commande de boite gainés cuir et bois et la colonne de direction réglable électriquement en profondeur et en inclinaison.

À retenir

En plein essor, le marché des SUV de luxe est dominé par Mercedes (ML) et BMW (X3 et X5) en attendant l'arrivée de Audi et son Pike's Peak. Par méconnaissance du produit, beaucoup d'acheteurs de modèles "essence" ne pensent pas au RX300. C'est bien dommage car en plus d'une carrosserie élégante et quasi indémodable, il rassemble énormément de qualités qui s'ajoutent à une qualité de construction reconnue chez Lexus. Quant aux packs d'équipements, ils surpassent vraiment ceux des concurrents allemands.
points fortsLigne élégante, habitacle très agréable à vivre, qualités routières, confort de suspension, douceur des commandes, places arrière royales, modularité de l'arrière, transmission intégrale intelligente, garantie 3 ans.
points faiblesPuissance suffisante mais un peu juste, freinage perfectible, bois clair pas très classe dans l'habitacle, pas de version diesel.
Les chiffres
Prix 2004 : 45 550 €
Puissance : 204 ch
0 à 100km/h : 9s
Conso mixte : 12.2l/100

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