Essai CUPRA Formentor VZ5

Cédric Morançais le 04/08/2021

Jusqu'à présent, les Cupra se distinguaient peu, mécaniquement parlant, des Seat. Mais la jeune marque entend bien s'émanciper de sa marque-mère. Première démonstration avec cette série limitée, qui embarque rien de moins que le 5 cylindres Turbo de l'Audi RS 3.

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Déclaration d'indépendance

Né, en 1996, comme label désignant les versions sportives des Seat, Cupra est devenu, le 22 février 2018, une marque à part entière. Dans un premier temps, ce nouveau-venu se contente d'emprunter des modèles à la gamme Seat, l'Ateca puis la Leon, avant de dévoiler, il y a un peu plus d'un an, son premier modèle spécifique : le Formentor. Si ses lignes ont fait chavirer les cœurs, les amateurs de mécaniques sont quelque peu restés sur leur faim, ce SUV coupé n'empruntant alors que des 4-cylindres déjà vus sous le capot de la Leon. Cela n'a pas empêché le Formentor de connaitre un bon début de carrière, avec plus de 20 000 livraisons effectuées depuis son arrivée en concession, à l'automne 2020. Loin d'être simplement une version coupé de l'Ateca, ce qu'il est pourtant techniquement, le premier véritable modèle de Cupra affiche des lignes très dynamiques, fruit du mariage d'une hauteur peu importante pour un SUV, d'ailes marquées et d'un hayon très incliné. Il ne renie pourtant pas encore totalement ses liens avec Seat puisque sa face avant semble copier-coller celle de la Leon. A bord, ces deux autos partagent même leur planche de bord. La présentation est donc moderne, le contenu technologique au meilleur niveau et la qualité de fabrication très soignée. C'est de la belle ouvrage, mais l'exclusivité est mise de côté.

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Une pièce d'orfèvrerie

L'exclusivité, c'est sous le capot qu'on la trouve. Comme son nom l'indique, le VZ5 cache un 5-cylindres. Mais pas n'importe lequel puisqu'il s'agit du 2.5 turbocompressé emprunté à la banque d'organes Audi. Un moteur que la marque aux anneaux se refusait, jusqu'à présent, à partager, y compris avec la grande sœur Volkswagen. Et on comprend ce choix, les rivaux de toujours, BMW et Mercedes, ne proposant désormais plus que des « quatre pattes » à ce niveau de gamme. Le Formentor a toutefois été prié de se contenter d'une version légèrement dégonflée. 390 ch, disponibles en permanence entre 5 700 et 7 000 tr/mn, et 480 Nm, tous présents dès 2 250 tr/mn, sont tout de même au programme. A ce niveau de puissance et de couple, la transmission intégrale 4Drive et la boite DSG à 7 rapports s'imposaient.

Bouton magique

L'enchantement débute dès que l'on presse le bouton Start, ici disposé sur le volant. Même si le moteur se fait plutôt discret à bas régime, la sonorité inimitable du 5-cylindres se remarque dès les premiers tours de pistons. Une fois le mode Drive enclenché, le Formentor réagit à la moindre sollicitation de l'accélérateur. Ici, l'expression collé aux sièges, des baquets intégraux dans le cas présent, prend tout son sens. Le constructeur annonce ainsi un 0 à 100 km/h réglé en 4,2 secondes, comme une Porsche 911 Carrera. Chaque montée en régime est une véritable jouissance. Et plus l'on s'approche de la zone rouge, plus l'on vibre au son de la mécanique. L'extrême réactivité de la boite DSG permet au Formentor de démontrer tout son talent en matière de sportivité. Le tout sans jamais avoir l'impression de dépasser ses propres limites, la transmission intégrale, qui répartit la puissance entre l'avant et l'arrière mais également entre la gauche et la droite, assurant un comportement royal. La direction se montre également d'une précision quasi-parfaite. Même à très haute vitesse, ce Cupra se montre parfaitement sécurisant, mais sans jamais se voir les ailes coupées par ses nombreuses aides électroniques. Il n'y a guère que son poids, non précisé par la marque mais sans doute proche des 1 750 kg à vide, qui le pénalise dans les épingles à cheveux. Malgré cette masse conséquente et ces performances redoutables, le VZ5 ne souffre aucunement des séances de freinages à répétition grâce aux disques ventilés de 375 mm et aux étriers Akebono à six pistons. Saluons également la présence, en série, d'une suspension pilotée DCC paramétrables sur 15 niveaux et qui préserve tant le comportement routier que le confort.

Craquez sans tarder

Pour parader au volant du Formentor VZ5, il faudra se montrer aussi réactif que lui. En effet, seuls 7 000 exemplaires seront produits pour l'ensemble des marchés où est présente la marque. A ce jour, Cupra n'a pas dévoilé quelle part sera réservée à l'Hexagone. Le tarif définitif est, lui aussi, inconnu. Vu la dotation complète de cette version très exclusive, nous parions tout de même sur un ticket fixé entre 60 000 et 65 000 €.

À retenir

quoteDifficile de ne pas craquer pour ce Formentor. Aux qualités, déjà nombreuses, de ce modèle, le VZ5 y ajoute un moteur enchanteur. Certes, à près de 100 000 €, malus écologique inclus, il n'est pas à la portée de toutes les bourses. Mais à l'heure où toutes les marques ne cessent de parler d'électrification, ce bloc « à l'ancienne » mérite cet effort.
points fortsMoteur envoutant, comportement routier ultra-sécurisant, sportif et familial
points faiblesManque d'agilité dans les épingles, limité à 7 000 exemplaires
17.2

20
Les chiffres
Puissance : 390 ch
0 à 100km/h : 4.2s
Notre avis
Note de coeur : 17/20
Agrément de conduite : 19/20
Sécurité active et passive : 19/20
Confort et vie à bord : 15/20
Budget : 15/20

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