Essai BMW Z4 M Coupé

Jean-François Destin le 10/07/2006

Extrême, le coupé BMW Z4 M propose des performances très élevées et une conduite à la portée de tous.

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Présentation

Du sport à l'état pur, mais dans un écrin confortable et attractif. Le nouveau coupé BMW Z4 ne risque pas de décevoir, encore moins de choquer, comme ce fut le cas du coupé Z3 lancé sans succès en 1998. Avec sa gueule de « shooting break » et son arrière anguleux, il pouvait fasciner mais il partageait les avis. Cette fois, BMW a repris la recette de la voiture de sport authentique, celle qui fit, entre autres, le bonheur d'une Ferrari 250 GT : un capot long pour abriter ici le 6 cylindres, un arrière ramassé et un contraste visuel flagrant entre un empattement généreux et des porte-à-faux réduits. Identique au concept Z4 dévoilé au Salon de Francfort 2005, ce coupé de moins de 4.12m s'offre un grand hayon s'ouvrant sur un coffre de 300 dm3. Qu'importe s'il est à peine suffisant pour le pilote et sa passagère.

Dessiné sur la base esthétique du roadster en vente depuis 2002, le coupé BMW Z4 lui emprunte aussi les deux moteurs les plus puissants, à savoir le 3l de 265 chevaux et pour la version M le 3.2l porté à 343 chevaux. Avec 5 secondes pour atteindre les 100 km/h et un 250 km/h, cette sportive concoctée par le département « Motorsport » sait faire patte de velours en usage quotidien mais devient intraitable avec la concurrence sur un circuit. Privilège unique, nous avons pu mesurer ses performances et son comportement sur le circuit Bugatti du Mans mais aussi sur les 13,650 km du mythique grand circuit des 24 Heures. En essais extrêmes dans la courbe Dunlop, au tertre rouge, dans les Hunaudières, l'épingle de Mulsanne, à Indianapolis, Arnage et Maison Blanche, le BMW Z4 M coupé a montré une vélocité, une docilité et une endurance stupéfiantes pour une voiture du commerce. Seuls les freins n'ont pas apprécié ce rythme en émettant quelques plaintes grinçantes de retour aux stands. Face à la Porsche Cayman S, sa rivale la plus directe, le Z4 M de BMW domine son sujet surtout quand on connaît son prix de 59600 €, soit 2000 € de moins que la version roadster.

BMW Z4 M Coupé BMW Z4 M Coupé

Design

Le coupé reprend toute la partie avant, les flancs avec ses surfaces concaves et convexes et le très haut bouclier arrière soutenant les feux du roadster. Le couvercle de malle a cédé sa place à un large hayon dessiné intégré dans la continuité d'un toit très étiré vers l'arrière. La pointe de ce hayon bénéficie d'un modelé servant de becquet aérodynamique tout en abritant le troisième feu stop. La puissance et le dynamisme de ce coupé s'exprime encore par ses ailes arrière marquées, une poupe tronquée quasi verticale et son long capot semblant toujours prêt à dévorer le bitume.

La version M se distingue par ses jantes en alliage de 18 pouces à cinq branches double, son diffuseur arrière finement grillagé, ses quatre embouts d'échappement chromés et le fameux signe « M » apposé sur le retour du hayon.

Habitacle

L'essentiel du cockpit du roadster et de sa planche de bord se retrouvent sur le coupé BMW Z4. Un poste de pilotage fonctionnel, tourné vers la sportivité et la manipulation rapide des commandes. Le coupé en version M reçoit en exclusivité des sièges sport M en cuir de style baquet. Ils ont été calibrés pour convenir à toutes les morphologies sans être contraignants comme les vrais baquets de course. Le volant, frappé du sigle « M » et gainé de cuir, nous propose sa jante épaisse. Une épaisseur peu agréable qui ne s'explique pas.

Enchâssés dans des affûts en alu brossé, les cadrans sont censés offrir une lecture rapide avec ses aiguilles rouges. C'est vrai la nuit ou par temps couvert, beaucoup moins par beau temps avec des lunettes de soleil. En revanche, on distingue facilement le clignotement jaune à l'approche de la zone rouge (9000 tours/m), la lumière rouge indiquant impérativement de passer le rapport supérieur. Ca et là, on remarque les inserts de chrome à l'éclat nacré, notamment sur les commandes de climatisation et les poignées de porte. Pour les bandeaux décoratifs, le client peut choisir entre l'alu et les options « noyer couleur châtaigne » et « cuir noir ». Enfin, il y a toujours aussi peu de petits rangements, le portable échouant en vrac dans le porte gobelet central.

Châssis

Moteur avant, propulsion arrière, centre de gravité bas et répartition des masses de 50/50 : le BMW Z4 coupé répond aux fondamentaux de la voiture de sport agile et stable. Comme d'habitude pour ses modèles de pointe, BMW a travaillé ses trains roulants avec ici un essieu avant à jambes de suspension vissées, spécialement développé pour le coupé et le roadster M. Son rôle est d'offrir au conducteur de bonnes sensations au volant sans dégrader le confort. Un avantage dû aussi à l'assistance hydraulique de la direction. A l'arrière, l'essieu multibras (nous avons pu le constater sur le circuit du Mans) assure une assise impressionnante de la voiture en trajectoires.

Côté sécurité dynamique, les systèmes électroniques ont été adaptés pour ne pas frustrer le conducteur sportif. Ainsi, le DSC (Contrôle de trajectoire) a évolué pour fonctionner en symbiose avec l'antipatinage ASC et le contrôle de freinage en courbe (CBC). Le DSC intervient très tard et peut être déconnecté. Une suppression qui n'implique pas de se battre avec le Z4 M pour le maintenir sur la bonne trajectoire. Tout en gardant bien à l'esprit la puissance et le poids de l'auto, le comportement reste maîtrisable à partir du volant et de la pédale d'accélérateur. Dernier plus : la présence d'un autobloquant M variable pour remplacer le DTC (contrôle dynamique de la traction). De quoi conserver une bonne motricité, même en sortie d'épingle sur revêtement inégal.

Moteur

Il s'agit du 6 cylindres 3.2l de 343 chevaux déjà monté sur le roadster Z4 M. BMW a choisi la voie du bloc compact tournant vite pour offrir de hautes performances plutôt qu'une mécanique de plus forte cylindrée ou suralimentée. Carter en fonte mince hautement résistante, pistons en alu revêtus de graphite, culasse à quatre soupapes par cylindre coulée dans la fonderie de l'usine de Landshut (là où sont usinés et assemblés les moteurs de F1) : le 6 cylindres du coupé BMW Z4 M bénéficie aussi d'un système d'admission optimisé et d'une gestion moteur pilotée. S'ensuivent des performances de haut niveau. Cinq secondes pour passer de 0 à 100 km/h, 250 km/h en pointe et un agrément de conduite qui permet aussi de faire du tourisme et d'aller et venir en ville sans aucun problème d'échauffement ou de transmission.

BMW Z4 M Coupé BMW Z4 M Coupé

Sur la route

C'est au Mans, à la fois sur le circuit Bugatti puis, immense privilège obtenu par BMW, sur les 13.650 km empruntés par les concurrents des 24 Heures que nous avons pu tester le nouveau coupé Z4 M. Non qu'il ne soit pas possible de l'essayer sur la route : en venant avec dans la Sarthe, nous en avons eu la confirmation.

Dans le trafic des premiers départs en vacances, ce fut l'occasion d'apprécier le confort, l'insonorisation, l'ergonomie des sièges et évidemment l'impressionnante puissance d'un moteur qui par ailleurs accepte de tourner lentement sans rechigner. Sur routes ouvertes, aucun client ne parviendra à mettre en défaut la tenue de route, la direction, le freinage d'un engin presque taillé pour la compétition. Il suffit d'ailleurs, en doublant les autres usagers, de forcer un peu l'allure pour deviner les capacités sportives que nous découvrirons sur la mythique piste sarthoise aussi technique que rapide et piégeuse. Sans avoir repéré les trajectoires, les points de corde et les zones de freinages, nous avons sur deux tours seulement improvisé au volant d'un Z4 qui pardonne beaucoup, même lorsque le DSC est déconnecté. A près de 250 km/h entre les chicanes de la ligne droite des Hunaudières ou sur des trajectoires hasardeuses à l'approche de Maison Blanche, le BMW Z4 M coupé s'est montré d'une docilité stupéfiante, signe d'un gros travail des ingénieurs sur la balance de l'auto et sur des suspensions en accord parfait avec des pneus ContiSport Contact très adhérents. Le ressenti de la direction et l'aisance avec laquelle on peut anticiper l'amorce de dérive du train arrière démontrent aussi la bonne approche des responsables châssis. Seule petite ombre au tableau, un freinage très puissant mais vulnérable à un usage intensif en circuit. Une faiblesse facile à régler avec des plaquettes plus tendres.

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À retenir

Avec son concept Z4 M dévoilé en 2005, BMW souhaitait savoir si un coupé avait bien sa place aux côtés du roadster. La presse et le public ont plébiscité une industrialisation rapide et BMW s'est exécuté sans pratiquement retoucher le concept-car. Une bonne décision car à part le Cayman S de Porsche, ce coupé de l'extrême n'a pratiquement pas de rivaux. Sa grande réussite est de proposer des performances très élevées mais aussi une conduite à la portée de tous. Se faire plaisir sur une piste fermée et aller au marché le lendemain avec la même voiture n'est plus si courant. A cet égard, BMW a visé juste.
points fortsSilhouette attractive, moteur exceptionnel, comportement, polyvalence d'utilisation, freinage, direction, confort, facilité de prise en main, finition.
points faiblesFreinage (en utilisation intensive sur circuit), course de la commande de boite, coffre réduit, peu ou pas de rangements à bord, jante du volant trop grosse.
Les chiffres
Prix 2006 : 59 600 €
Puissance : 343 ch
0 à 100km/h : 5s
Conso mixte : 12.1l/100

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