Essai AUDI A1 Quattro

Vincent Desmonts le 15/10/2012

Audi a osé mettre un gros moteur dans sa petite citadine ! Le résultat, c'est cette A1 Quattro, une vraie boule de nerfs de 256 chevaux, mais surtout un collector édité à seulement 333 exemplaires.

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Présentation

Il faut toujours se méfier des timides. Prenez Audi : la plupart du temps, ces gens sérieux conçoivent des autos rigoureuses et un brin austères. Mais lorsqu'ils se lâchent, cela donne cette A1 Quattro : une citadine dopée aux stéroïdes, propulsée par un 2.0 turbo de 256 ch. Pour canaliser cette puissance, il a carrément fallu modifier la coque et les trains roulants pour installer la transmission intégrale Quattro ! Un boulot de dingue, qui justifie en partie le tarif de 51 190 €. Côté look, l'A1 Quattro joue les petites énervées, avec son bouclier avant aux ouïes surdimensionnées, son énorme aileron arrière et ses jantes « turbine » inspirées du rallye. L'habitacle n'a en revanche rien d'ascétique : si le volant sport et les sièges baquet participent à l'ambiance « compète », l'A1 Quattro se révèle bardée d'équipements.

Mais cette boule de nerfs révèle très vite son (mauvais) caractère ! Le moteur, puissant et coupleux (350 Nm) n'a aucun mal à catapulter cette bombinette de 1 390 kilos. Les deux sorties d'échappement grondent fort, secondées par d'impressionnants bruits d'aspirations du turbo. Sur le sec, l'A1 Quattro est rivée au bitume et se joue des routes sinueuses. Sur le mouillé en revanche, elle glisse trop tôt... et préférentiellement du nez. Par ailleurs, le confort n'est pas sa priorité : les suspensions sont archidures, les sièges, trop fermes, et le moteur génère un vrai boucan sur autoroute. Mais comme outil performant et frimeur, l'A1 Quattro n'a pas d'équivalent !

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Design extérieur et intérieur

Difficile de rester insensible aux charmes de l'A1 Quattro. D'abord parce que le concept de petite voiture à gros moteur a toujours fasciné, mais aussi parce que l'Audi multiplie les clins d'œil, comme cet aileron énorme façon Pikes Peak ou ces jantes blanches à (faux) écrou central. À l'avant, l'A1 Quattro est dominée par son énorme bouclier largement perforé, mais les plus observateurs remarqueront que les optiques se dotent d'une touche de fard à paupières rouge. À l'arrière, la partie inférieure du hayon est peinte en noir, tandis qu'un énorme diffuseur assorti est percé de deux sorties d'échappement massives. Enfin, les arches et le toit sont peints en noir brillant, tandis qu'une discrète signature « Quattro » apparaît sur les montants C.

Avec une ligne aussi résolument sportive, on pouvait imaginer découvrir un habitacle dépouillé... il n'en est rien ! L'A1 Quattro vous accueille avec des seuils de portes éclairés, des sièges baquet revêtus de cuir, un joli volant habillé du même revêtement, et un équipement ultra complet. Climatisation automatique, GPS, clé mains libres, sièges chauffants, système Hi-Fi Bose à 14 haut-parleurs ou encore chargeur CD font partie de la dotation de série. Parmi les petits détails spécifiques, notons le compte-tours à fond rouge estampillé « Quattro », ainsi que le pommeau de vitesses en aluminium, clin d'œil à celui des Audi R8. Reste que les places arrière sont toujours aussi peu accueillantes et que le coffre a perdu près d'un quart de son volume du fait de la présence du différentiel arrière.

Mécanique et châssis

A priori, rien ne paraît plus normal qu'une Audi dotée de la transmission intégrale Quattro, fut-elle une Audi A1. Sauf que cette dernière, basée sur la plateforme PQ25 des Volkswagen Polo et Seat Ibiza, qui n'a pas été prévue pour recevoir la transmission intégrale. Pour transformer cette Audi A1 en « Quattro », il a donc fallu largement remanier la coque. Un total de 600 pièces sont soit entièrement nouvelles, soit ont été profondément modifiées. Les trains roulants sont ainsi empruntés à l'Audi TT, tandis qu'une direction électro-hydraulique moins démultipliée vient remplacer la direction électrique d'origine.

À l'arrière, le train à quatre bras permet d'accueillir le différentiel arrière, lui-même accolé au différentiel central de type Haldex. Ce dernier ne renvoie du couple aux roues arrière que si le train avant perd de l'adhérence. Un blocage de différentiel électronique se charge pour sa part de répartir la puissance entre les roues de chaque essieu, en freinant celle qui patine. Sous le capot, le 2.0 turbo est un proche cousin de celui équipant la Volkswagen Golf R : doté d'une chaîne de distribution, de deux arbres d'équilibrage et de l'injection directe, il revendique 256 chevaux et un couple maximal de 350 Nm sur une plage de régimes s'étendant de 2 500 à 4 500 tr/min. Il est accouplé à une boîte manuelle à 6 rapports, commandée à l'aide d'un levier orné d'un pommeau en aluminium inspiré de celui de l'Audi R8.

Sur la route

La première partie de l'essai se déroule sous un déluge de fin du monde. Bien évidemment, il en faut plus pour déranger l'A1 Quattro, qui n'a aucun mal à trouver de l'adhérence, malgré le punch de son 4 cylindres. Mais dans ces conditions, le comportement routier ne se montre guère amusant : les suspensions ultrafermes induisent un sous-virage précoce. Heureusement, la pluie finit par cesser et le soleil surgit, faisant sécher les routes. La petite boule de nerfs d'Audi montre alors son vrai caractère, en bondissant avec allégresse de virage en virage, en s'accrochant à la corde comme un petit chien à votre bas de pantalon. L'amortissement travaille plutôt efficacement sur les routes bosselées, l'agilité globale fait plaisir à voir, tandis que le freinage est puissant et endurant. La direction se révèle cependant un peu trop légère pour être assez précise. Quelques effets de couple s'y font également ressentir, manifestant les limites du différentiel central Haldex, lequel ne renvoie pas suffisamment de couple aux roues arrière lors des réaccélérations en sortie de virage.

Le moteur affiche de son côté un double caractère : plutôt discret sous les 3 500 tr/min, il se met à grogner et souffler de façon impressionnante au-delà. Pour autant, cette mécanique n'est pas une adoratrice des hauts régimes. Elle préfère « aller au charbon » en poussant fort sur le couple, entre 3 000 et 5 000 tours. En clair, l'A1 Quattro est taillée pour l'arsouille sur routes sèches : elle adore être conduite le couteau entre les dents et y impressionne par son efficacité. Le tableau se ternit un peu lorsque l'adhérence diminue, le sous-virage prenant alors le dessus. Surtout, l'A1 Quattro se révèle fatigante sur les parcours plus longs, du fait de ses suspensions très fermes et de son moteur bruyant. En outre, à 13 l/100 km en moyenne, le réservoir de 45 litres est vite siphonné...

À retenir

C'est sûr, aucun argument rationnel ne peut justifier l'achat d'une A1 Quattro à 51 000 €. Mais il faut prendre cette Audi comme un superbe collector admirablement bien réalisé, destiné à 333 fans (fortunés!) de la marque. Les cinquante exemplaires destinés à la France sont d'ailleurs déjà tous vendus. Nul doute qu'ils s'amuseront beaucoup avec ce chouette joujou très attachant !
points fortsRéalisation soignée, look improbable, performances, agilité (sur le sec), freinage endurant, finition, esprit décalé.
points faiblesSuspensions archidures, sous-virage chronique (sur le mouillé), coffre exigu, autonomie faible, tarif élitiste.
16.7

20
Les chiffres
Prix 2012 : 51 190 €
Puissance : 256 ch
0 à 100km/h : 5.7s
Conso mixte : 8.6l/100
Notre avis
Agrément de conduite : 18/20
Sécurité active et passive : 19/20
Confort et vie à bord : 12/20
Budget : 15/20

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Commentaires

avatar de larole
larole a dit le 17-10-2012 à 13:00
il faut la proposer a sebastien pour un dixieme titre faut voir,bien preparee ,ca sera un monstre