24 Heures du Mans 2015

24 Heures du Mans : Audi et Porsche semblent imbattables par Toyota pourtant champion du monde sortant du WEC.

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Porsche, vainqueur des 24 heures du Mans 2015

Jean-François Destin le 16/06/2015

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Alors que certaines rumeurs évoquent une arrivée prochaine d’Audi en Formule 1, la firme aux anneaux va continuer à privilégier l’Endurance et les 24 Heures du Mans. Rendez-vous a été pris dès le baisser du drapeau sacrant dimanche le doublé Porsche par le patron d’Audi Sport Wolfgang Ullrich mais aussi Jorg Zanger, le nouveau directeur technique. Outre le fait d’obtenir une revanche sur son faux-frère (les deux marques appartiennent au même groupe), Audi se doit de poursuivre la promotion du diesel TDI qui représente 70% des ventes en Europe. Mais aussi de poursuivre le développement d’une hybridation perfectible et en partie responsable de cette défaite.

Chez Porsche on exulte. Après avoir failli réussir l’exploit de vaincre dès son retour en endurance l’an dernier (une 919 Hybrid était en tête en fin de matinée), la marque de Stuttgart a mis un terme à l’insolente domination d’Audi pourtant victorieux à Silverstone et Spa, les deux premières manches du WEC (World Endurance Championship). Deux ans de travail seulement pour parvenir au sommet après 17 ans d’absence: Wolfgang Porsche (72 ans) petit fils de Ferdinand le fondateur en pleurait sur la ligne d’arrivée. Ce triomphe (3 voitures au départ, 3 à l’arrivée et un doublé), Porsche le doit surtout à l’audace de ses ingénieurs. Il fallait une bonne dose d’optimisme pour croire aux vertus d’un petit 4 cylindres 2 litres turbo en V de 500 chevaux sur 24 heures. Jamais depuis 1928 et la victoire de Bentley, on avait osé retenir une architecture moteur aussi basique. Porsche l’a fait en lui adjoignant toutefois un double système hybride unique et très ingénieux. Alors que le moteur thermique entraîne le seul train arrière, le système hybride anime les roues avant, la récupération d’énergie équivalent à une puissance supplémentaire de 400 chevaux provenant non seulement du freinage mais aussi d’un générateur thermique placé sur le turbo pour transformer le souffle chaud des gaz d’échappement en électricité. Principal avantage : cette dernière peut être stockée petit à petit et rendue aux pilotes progressivement quand ils le souhaitent. L’inconvénient tient à la présence dans le cockpit d’une batterie de stockage lithium-ion que l’on dit très sensible à la chaleur. Compte tenu des performances des trois 919 Hybrid observées pendant ces 24 Heures sous le soleil, le refroidissement à eau a bien fonctionné. Chez Audi comme chez Toyota sèchement battu (les 2 TS040 Hybrid finissent 6ème et 8ème à 8 et 9 tours), on reconnait la suprématie du système Porsche. Ceci explique cela, la 919 Hybrid victorieuse a couvert 395 tours à 247 km/h de moyenne malgré les 4 périodes sous safety car. Un record de rapidité dû aussi à la fougue et au talent de l’Allemand Nico Hulkenberg 28 ans (pilote F1 Force India en exercice), le Néo-Zélandais Earl Bambay 24 ans et l’Anglais Nick Tandy 30 ans, tous trois novice au Mans !


L’autre non évènement de ces 24 heures aura été la coûteuse et pitoyable prestation de Nissan. Repêchées par les organisateurs alors qu’elles n’avaient pas réussi les chronos minima, les trois extravagantes GT-R Nismo traction avant ont foncé vers un désastre programmé. Trois au départ, une seule, bonne dernière, à l’arrivée mais déclassée en raison d’une distance parcourue insuffisante.

Pour apercevoir les voitures, les centaines d’invités de Nissan accueillis à grand frais durant tout le week-end (avec hotel, structures fun dans le paddock et même boites de nuits improvisées autour du Mans) ont été contraints de s’agglutiner derrière les box où les GT-R étaient constamment en réparation.

Mais Ben Bowlby, le directeur technique et Darren Cox l’ingénieur, le directeur de Nissan Motorsport Global l’assurent : 'Nous serons au Mans en 2016 pour prouver que nos choix sont les bons'. A condition que Carlos Ghosn, PDG de l’Alliance Renaut/Nissan et détenteur des cordons de la bourse décide de poursuivre cette folle aventure dégradante pour l’image de marque de Nissan.
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