24 Heures du Mans 2007

Personne ne pensait la voir à l'arrivée, pourtant la Peugeot 908 HDI s'est approprié une inespérée seconde place, derrière une Audi R10 intouchable. Retour sur 24 heures haletantes.

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Du diesel à l\'hydrogène, l\'ACO va s\'adapter

Jean-François Destin le 20/06/2007

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Le choc (technologique) des titans a bien eu lieu, et il a tenu toutes ses promesses Loïc Bailliard
Faudra t-il pendant plusieurs années disposer d’un moteur diesel pour remporter les 24 Heures du Mans ? La question mérite d’être posée après la domination sans partage cette année des Audi R10 et Peugeot 908 équipées de V12 fonctionnant au gazole. Longtemps réticents à accueillir des mécaniques à mazout, les responsables de l’ACO (Automobile Club de l’Ouest) ont changé d’avis en voyant se profiler un duel entre deux grands constructeurs. Ce n’est pas un hasard si 250.000 spectateurs ont fait le déplacement dans la Sarthe le week-end dernier pour assister à une joute qui, l’an prochain, avec les progrès de Peugeot, promet d’être somptueuse.

Initiateur du LMS et de l’ALMS (Le Mans Series en Europe et aux Etats-Unis) et in fine à l’origine d’un formidable retour en grâce de l’Endurance, l’ACO se devait de favoriser la venue de voitures moins gourmandes en carburant, voire équipées de technologies susceptibles de réduire les émissions de CO2. Et en premier lieu le diesel dans lequel Audi et Peugeot pour ne citer qu’eux ont investi des sommes colossales.

Si pour Audi, l'objectif est de vendre ses Q7 TDI aux Etats-Unis Loïc Bailliard

Peugeot souhaite confirmer sa position de leader sur le marché Européen du diesel Loïc Bailliard
Après avoir remporté le Mans 5 fois avec ses R8 à moteur V8 essence, Audi s’est installé durablement dans la Sarthe pour promouvoir sa technologie TDI qui a débarqué l’an dernier aux Etats-Unis sous le capot des SUV Q7. En course, l’Audi R10 TDI consomme 5 litres de moins aux 100 km que le V8 FSI essence pourtant réputé pour sa sobriété. Et ce en offrant plus de couple et de puissance.

Peugeot, parvenu cette année pour sa première participation à une inespérée deuxième place effectue son retour au Mans pour démontrer les qualités de sa technologie HDI. Michel Barge, directeur de Peugeot Sport avoue aussi que le choix du diesel résulte d’une stratégie commerciale visant à accroître les parts de marché des modèles diesel de Peugeot et Citroën en Europe et ailleurs. Et le tout sous couvert de protéger l’environnement ! Bien sur, la 908 V12 HDI du Mans est équipée d’un FAP (Filtre à Particules), un piège aux particules que Peugeot a été le premier à proposer en série. Mais chacun sait que le diesel, s’il consomme moins qu’un moteur à essence et donc rejette moins de CO2 émet des oxydes d’azote (les NOx), des polluants spécifiques au diesel très cancérigènes.


Avec la deuxième victoire consécutive de son moteur diesel, Audi a confirmé sa suprématie sur la piste Sarthoise Loïc Bailliard
Chez Audi comme chez Peugeot, on travaille sur la réduction drastiques de ces NOx et pendant les 24 Heures du Mans, un ingénieur allemand a fait allusion aux recherches du partenaire Shell, fournisseur exclusif de carburants de l’ACO, sur des gazoles épurés (et à teneur en soufre infinitésimale) et même sur le GTL, un carburant élaboré à partir de gaz de pétrole liquéfié. Et de montrer aux journalistes une fiole contenant un liquide blanc, transparent, quasi inodore et dont l’indice énergétique serait très élevé.

Pescarolo l'avait dit : le reglement va devoir changer pour équilibrer la balance entre diesel et essence Loïc Bailliard

Bientôt les 24H en silence avec les moteurs à hydrogène ? BMW
A l’ACO, on est conscient que dans un contexte où l’écologie et le développement durable deviennent des priorités, les 24 Heures du Mans doivent s’adapter aux énergies nouvelles. Dès 2008 sera accepté un pourcentage de biocarburant dans l’essence comme dans le gazole (le taux sera connu en novembre 2007). Même accueil favorable pour d’autres énergies alternatives et pour des modèles hybrides couplant l’électrique à l’essence ou au diesel. Même la récupération d’énergie au freinage ne sera pas prise en compte dans l’équivalence qui a fait grincer des dents les constructeurs de protos à essence comme Henri Pescarolo estimé lésé par rapport aux R10 et 908 diesel.

Quant à la voiture propre à hydrogène et pile à combustible, elle arrivera en son temps au Mans lorsqu’elle deviendra (mais quand ?) une réalité commerciale accessible au plus grand nombre. Un futur inéluctable mais pas très réjouissant dans lequel les voitures même de course se déplaceront dans le plus grand silence !
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