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Essai SUBARU BRZ

Loïc Bailliard le 19/06/2012

Enfin ! Après des mois d'attente, les Toyota GT 86 et Subaru BRZ arrivent en Europe. Annoncées comme un duo de sportives centrées sur le conducteur et les sensations, ces deux-là pourraient être un véritable hit dans le monde des sportives. Le BRZ tient-il toutes ces promesses ?

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Présentation

Voilà désormais 3 ans que la fameuse « Toyobaru » a été annoncée à travers le concept Toyota FT-86, dévoilé lors du Salon de Tokyo 2009. Durant ces 3 années, le duo (un trio, même, si l'on inclut la Scion FR-S réservée à l'Amérique du Nord) aura fait couler beaucoup d'encre en s'annonçant comme la renaissance de la fameuse Corolla AE86, et en se plaçant comme le porte étendard d'une philosophie sportive « à l'anglaise ». Face à des sportives de plus en plus lourdes et de plus en plus puissantes, les Toyota GT 86 et Subaru BRZ se veulent simples, recentrées sur le conducteur et la pureté des sensations. Une recette qui évoque immédiatement d'excellents souvenirs badgés Lotus ou Triumph. L'habitacle annonce tout de suite la couleur. On est littéralement assis par terre, pour maintenir le centre de gravité très bas, les sièges baquets sont enveloppants, la position de conduite idéale avec un petit volant et un levier de vitesses à portée de main. Devant nous, le compte tour. Derrière, deux places arrière symboliques. On ne souhaitera de toute façon pas alourdir le BRZ, qui pointe tout juste à 1239 kg.

Car sous le capot avant, le 4 cylindres à plat d'origine Subaru a beau utiliser la double injection Toyota, il annonce une puissance finalement raisonnable de 200 ch et 205 Nm de couple. Le résultat est un 0 à 100 km/h en 7,6 secondes, un chiffre qui ne permettra pas d'aller inquiéter bon nombre de « sages » berlines allemandes. Mais ce n'est pas l'objectif du BRZ : vif, vivant et communicatif, le châssis est le véritable point fort du coupé. En clair, on oubliera rapidement les lignes droites, mais un panneau « virage dangereux » garantira l'apparition d'un immense sourire sur le visage du conducteur. En ce sens, la « Toyobaru » remplit parfaitement sa mission. Quelques chevaux de plus permettraient simplement de raccourcir les temps d'attente entre les portions sinueuses... Mais pour 31 400 €, la Subaru BRZ offre déjà un « package » complet, fun à emmener, réjouissant, engageant et vivable dans une certaine mesure. C'est suffisamment rare pour être souligné.

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Design extérieur et intérieur

Difficile de savoir quelle part du style de la voiture provient des studios de Toyota et quelle part est signée Subaru. Clairement, les deux modèles se ressemblent à quelques détails près. Ceux-ci sont principalement situés à l'avant : si les phares effilés sont communs, la calandre en trapèze est spécifique à Subaru, de même que l'intégration des antibrouillards. Le capot nervuré, le toit superbement creusé, les passages de roues bombés et les hanches sculptées se terminant sur un petit aileron se retrouvent pour leur part sur les deux modèles. A l'arrière, seul le logo viendra différencier la Toyota de la Subaru, les phares à LED et le diffuseur percé de deux énormes échappements étant partagés. Avec 4,24 m de long pour 1,77 m de large et 1,28 m de haut, la « Toyobaru » est une voiture très compacte. Si on ajoute à l'équation les éléments sportifs de son style, on obtient donc un engin résolument agressif, flattant l'oeil des amateurs de formes asiatiques et garantissant la sympathie des curieux de 7 à 77 ans.

L'habitacle est lui aussi réussi, offrant un mélange sobre de sportivité et de praticité. Les très beaux baquets permettent de s'installer face à un volant idéalement dimensionné et quelques touches claires de plastique éclaircissent l'ambiance plutôt sombre. On regrette évidemment la présence visible et frappante de plastiques médiocres et des assemblages globalement moyens, mais les notes de cuir et d'Alcantara bien placées font passer la pilule. A l'arrière, les places s'avèrent purement symboliques (il s'agit d'une 2+2 et pas d'une 4 places). Un enfant pourra y voyager mais un adulte normalement constitué ne peut tout simplement pas s'y installer.

Châssis et moteur

Toyota et Subaru ont fait leur maximum pour abaisser le centre de gravité du BRZ. Il se situe donc à 46 cm du sol. Pour y parvenir, le choix du 4 cylindres à plat était évidemment crucial. Il est accolé à des collecteurs d'admission et d'échappement de tailles réduites ainsi que d'un carter d'huile travaillé afin d'être implanté au plus bas. La répartition des masses privilégie légèrement l'avant, avec un très respectable 53 / 47. Du côté des suspensions, le train avant repose sur un McPherson dérivé de celui de la Subaru WRX STi tandis qu'à l'arrière, le maintien est confié à une double triangulation.

Le moteur a fait l'objet d'un travail conjoint entre les deux marques et cela reste le seul endroit où les deux logos sont inscrits sur toutes les variantes des voitures. D'une cylindrée de 2 litres, le bloc est un boxer carré (86 mm de course pour 86 mm d'alésage) doté de la double injection directe et indirecte D4-S Toyota. Il annonce 200 ch à 7 000 tr/min et 205 Nm de couple à 6 400 tr/min. Le limiteur se déclenche à 7 400 tr/min. Il transmet sa puissance aux roues arrière à travers une boîte de vitesse manuelle à 6 rapports de série (une automatique à convertisseur de couple est disponible en option) et est doté d'un différentiel à glissement limité Torsen.

Sur la route

Mais c'est bien sur la route que l'on attend le plus de la Subaru BRZ. Avec de tels efforts pour offrir du plaisir de conduite, le premier contact se fait presque avec appréhension. Ont-ils réussi leur pari ? Autant le dire tout de suite : oui et non. Parfaitement installé dans des sièges baquets posés par terre et offrant un maintien latéral idéal, on trouve immédiatement une position de conduite très agréable et évoquant l'univers de la course. La commande de boîte tombe tout de suite sous la main, les débattements sont courts et les enclenchements aussi précis que fermes. Le petit volant semble parfaitement calibré. Puis on démarre, et la première déception se fait tout de suite entendre. Le 4 cylindres a un bruit plaisant, mais sans plus. Il lui manque peut-être une pointe de caractère et on n'aurait pas été contre une sonorité un peu plus présente, idéalement avec l'installation d'un bouton permettant de contrôler des valves afin de pouvoir envisager les longs trajets sans risquer de perdre l'audition.

Les premiers mètres font toutefois oublier ce défaut. Comme dans une MX-5, on a immédiatement l'impression de faire corps avec la voiture. Le gabarit minuscule du BRZ en fait un engin facile à manier, même dans la circulation et en ville. Le bloc s'adapte parfaitement au rythme très calme imposé par le trafic d'île-de-France. Mais lorsque la route se dégage et que le moteur est chaud, c'est le moment d'affronter une seconde déception. Clairement, le couple haut perché et la puissance un peu trop juste obligent à véritablement « taper » dans la voiture pour en tirer toutes les performances. Les dépassements ne sont pas aussi instantanés qu'on le souhaiterait et la vitesse pure n'a rien de foudroyante. Pour autant, la Subaru BRZ reste capable de mettre un sourire sur le visage de son conducteur. Les suspensions offrent un bon compromis entre maintien de la caisse et confort (la réelle spécificité Subaru est un tarage plus ferme que la GT 86). Bien qu'elle profiterait d'être plus communicative, la direction s'avère extrêmement précise et rapide. Les changements de direction sont bien maîtrisés et la stabilité sur mauvaises routes est remarquable. Dans les courbes, la voiture se montre mobile, mais prévenante, avec un autobloquant qui assume parfaitement son rôle en sortie. Au final, on sent qu'on a affaire à une excellente base, capable d'offrir de véritables sensations de sportives en l'état, mais qui serait sublimée par quelques dizaines de chevaux en plus. On croise les doigts pour qu'une version STi soit bel et bien prévue.

À retenir

Le principal défaut de la Subaru BRZ, c'est d'avoir créé trop d'attente. Face aux standards actuels de la sportivité, il lui faudrait 300 ch pour répondre aux espérances que les passionnés à travers le monde plaçaient en elle. Faut-il l'oublier pour autant ? Certainement pas. Pour un prix encore raisonnable, elle offre un véritable accès au sport automobile dans sa forme la plus pure : moteur à l'avant et propulsion. Il ne fait donc aucun doute que les BRZ / GT 86 sont les stars du futur pour les écoles de pilotage. Les bricoleurs, eux, y verront une base formidable pour s'essayer à la mécanique : à l'aide d'un compresseur et d'un turbo, Gazoo Racing a bien réussi à extraire 320 ch...
points fortsChâssis sain et vif, position de conduite idéale, style original, boîte agréable à manier, prix raisonnable.
points faiblesMoteur un peu juste, sonorité presque banale, places arrière symbliques.
15.5

20
Les chiffres
Prix 2012 : 31 400 €
Puissance : 200 ch
0 à 100km/h : 7.6s
Conso mixte : 7.8l/100
Notre avis
Agrément de conduite : 16/20
Sécurité active et passive : 15/20
Confort et vie à bord : 12/20
Budget : 17/20

Avis des propriétaires

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Commentaires

avatar de fileas7
fileas7 a dit le 20-06-2012 à 14:31
moteur avant + propulsion c'est le compromis idéal, voiture plus facile à placer, comportement sur le mouillé, entretien simplifié ...et les 2 petites places arrière peuvent servir...vivement une version turbo je n'aimais pas trop la ligne ordinaire de la sub impreza...je suis plus séduis par ce coupé BRZ
avatar de Gaudin
Gaudin a dit le 20-06-2012 à 12:38
Elle me tente. G.
avatar de LoïCat
LoïCat a dit le 20-06-2012 à 12:25
Parce que "le cheval tire la voiture, il ne la pousse pas" : Jusqu'à la Miura, une sportive était obligatoirement une propulsion à moteur avant. Une architecture simple, saine et joueuse, bien moins délicate que le moteur central arrière. Et si on regarde bien, à part l'Aventador, tous les haut de gamme sportifs (F12berlinetta, Lexus LFA, SLS AMG, Corvette, M3, GT-R, Maserati Granturismo....) reposent sur cette architecture. Loïc Bailliard.
avatar de patrickduc
patrickduc a dit le 20-06-2012 à 11:49
"...un véritable accès au sport automobile dans sa forme la plus pure : moteur à l'avant et propulsion" Et pourquoi pas avec un moteur central arrière plutôt ?? Quitte à vouloir toucher du doigt le "sport automobile dans sa version la plus pure", autant aller jusqu'au bout de l'idée.