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Acheter une VOLVO P1800 /S/E/ES (1961 - 1973)

Stéphane Schlesinger le 19/10/2018

Les séries télévisées étaient déjà à la mode dans les années 60. Grâce à l'une d'elle, Le Saint, la Volvo P1800 est passée à la postérité dès 1962. Mais pas seulement. Elle s'est plus récemment rappelée à la mémoire collective en décrochant un record, l'américain Irv Gordon ayant parcouru plus de 5 millions de kilomètres au volant de la sienne.

Valeur à suivre

VOLVO P1800 /S/E/ES (1961 - 1973)

Les séries télévisées étaient déjà à la mode dans les années 60. Grâce à l'une d'elle, Le Saint, la Volvo P1800 est passée à la postérité dès 1962. Mais pas seulement. Elle s'est plus récemment rappelée à la mémoire collective en décrochant un record, l'américain Irv Gordon ayant parcouru plus de 5 millions de kilomètres au volant de la sienne.

Mais la P1800, c'est d'abord une ligne séduisante qui a son histoire. A la fin des années 50, Gunnar Engellau, patron de Volvo, souhaitait pour sa marque une sportive bénéficiant d'un dessin italien. C'est chez Frua que ses lignes sont imaginées... par un Suédois, un certain Pelle Peterson. Un stagiaire qui avait été engagé suite à l'intervention de son père, Helmer, consultant pour la firme de Göteborg. Ce dernier glisse en douce parmi les quatre propositions soumises à Engellau l'esquisse de son fils. Le hasard faisant bien les choses, c'est elle qui est retenue puis adaptée à la production. Seulement, Engellau, en apprenant le stratagème, pique une colère homérique. Car lui, qui rêvait d'inspiration latine, s'estime floué quand il comprend que le design sortait du cerveau d'un jeunot de Göteborg... Il s'arrangera donc pour que le nom de l'auteur reste longtemps caché.

C'est au salon de Bruxelles 1961 que la P1800 est présentée. Elle reçoit un accueil très favorable, grâce notamment à sa ligne élégante, basse et effilée reposant sur d'originales jantes « soleil », de fins pare-chocs « moustache » ornant la face avant. Techniquement, elle dérive de la 122S, dont elle conserve le quatre-cylindres 1.8 B18, poussé à 100 ch SAE grâce à deux carburateurs SU. Faute d'usine assez grande, Volvo confie la production de son coupé à l'anglais Jensen, celui-ci sous-traitant la fabrication de la coque chez Pressed Steel. Rapidement, journalistes et utilisateurs constatent que la qualité de fabrication n'est pas digne du constructeur suédois. Aussi, en 1963, après que 6 000 unités sur les 10 000 prévues par contrat sont produites, le constructeur rapatrie la fabrication, la P1800 adoptant pour l'occasion le suffixe S (pour Sverige, Suède en français) ainsi que des nouveaux enjoliveurs de roue. Si l'auto est louée pour son comportement routier et son confort, ses performances sont jugées un peu justes par la presse, en raison d'un poids élevé. Ainsi, par la suite, la P1800 S allait-elle bénéficier de puissance en hausse : 108 ch en 1963, 115 ch en 1965, moteur 2.0 B20 de 118 ch en 1968. Esthétiquement, on note l'apparition d'un pare-chocs avant droit en 1964, voire d'une protection latérale rectiligne en 1966.

En 1969, la P1800 troque le S contre un E, bénéficiant d'une injection électronique Bosch et d'une nouvelle boîte ZF. Avec une puissance de 130 ch, le coupé suédois flirte alors avec les 190 km/h, tandis que de nouveaux freins arrière, à disque, l'aident à s'arrêter. D'inédites jantes en magnésium améliorent la précision de conduite tandis qu'une calandre noire modernise le museau. Fin 1971, un très original break de chasse ES est présenté, dessiné par Jan Wilsgaard. Affublé de pare-chocs à absorption d'énergie dès 1973, il amène la P1800 en fin de carrière à la fin de cette année-là. Au total, 47 855 exemplaires en ont été fabriqués, un succès honorable vu le prix très élevé de l'auto (27 475 F en 1964 soit 37 200 € actuels, contre 24 650 F pour une Facel III équipée du même moteur). Aujourd'hui, on redécouvre les qualités de la Volvo, bourrée de charme, sûre et encore suffisamment performante. Précédée de sa réputation de fiabilité, l'auto a souvent été peu entretenue et usée jusqu'à la corde, de sorte que les beaux exemplaires sont rares, ceux fabriqués en Angleterre étant plus enclins à rouiller. La plus cotée des versions est donc la S, avec l'ES, elle aussi peu produite (8 077 unités). Elles atteignent les 30 000 € en bel état. Ensuite viennent les B20 et B18 (22 000 et 21 000 €), la E restant à 20 000 €. Mais, attention, tous ces prix montent, voire explosent si l'exemplaire est bien restauré, car c'est surtout ce dernier point qui détermine la valeur d'une P1800. Une ancienne « roule toujours » un peu sportive, ça plaît... Qu'on se le dise !

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