Acheter une PONTIAC Firebird Trans Am (1970 - 1981)

Stéphane Schlesinger le 09/11/2021

Réplique de GM à la Mustang, la Pontiac Firebird s'est fait une place au soleil grâce notamment à sa version Trans Am. Une icône à redécouvrir.

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PONTIAC Firebird Trans Am (1970 - 1981)

Le succès de la Ford Mustang, lancée en 1964, a fait bien des envieux, notamment chez GM. Dès 1967, le groupe américain dégaine deux pony-cars, la Chevrolet Camaro et la Pontiac Firebird. Celle-ci trouve son public, et dès 1969, se dote d'une version sportive alléchante, la Trans Am. Nommée d'après les Trans America Series, des courses créées par le Sports Car Club of America (SCCA), dans lesquelles elle est engagée, la Trans Am se taille une réputation enviable chez les amateurs de sportives. La première génération est pourtant remplacée dès 1970. Plus longue, large et basse, la deuxième progresse par son confort et arbore une ligne très séduisante. Proposée dès le début, la version Trans Am est à la fois la plus luxueuse et la plus puissante de la gamme, grâce à son V8 400 ci (6,5 l) développant jusqu'à 500 ch. Ça ne dure pas : les normes antipollution entrent en piste. Ainsi, dès 1972, la Pontiac doit adopter un bloc SD-455 (7,5 l) pour parvenir à 310 ch, vite ramenés à 290 ch. Pire, il disparaît en 1974, année où la nouvelle calandre inclinée dans le sens du vent est inaugurée. La crise pétrolière en 1973 et l'installation de catalyseurs scellent le sort des muscle-cars en bridant encore plus les moteurs. Ainsi, quand en 1975 le V8 455 revient, il n'est plus badgé SD et s'en tient à 200 ch seulement ! Il repart en 1976, année où le fameux T-top, le toit amovible en deux parties, est introduit. En 1977, la Firebird voit son museau totalement redessiné, arborant cette fois quatre projecteurs rectangulaires incrustés dans deux demi-calandres. Un regard méchant, plus que les moteurs, le V8 maison de 400 ci (6,6 l) en restant à 200 ch sur la Tran Am. Un V8 Oldsmobile de cylindrée similaire est aussi proposé, mais il est moins puissant encore. Ça s'améliore légèrement en 1978, où grâce à un taux de compression augmenté, le V8 400 Pontiac remonte à 220 ch avec le Performance Package WS72. La Trans Am est d'ailleurs importée en France en 180 ch, cette année-là, à 60 280 F (33 100 € actuels selon l'Insee), 17 000 F de moins qu'une Porsche 924 de base : attrayant ! En 1979, la face avant est encore modifiée, carénée cette fois, tandis qu'une série limitée 10th Anniversary vient célébrer les 10 ans de la Trans Am. Malheureusement, en 1980, les normes antipollution se durcissent, et les gros moteurs sont supprimés. En compensation, on monte un turbo sur le plus petit V8 4,9 l, qui délivre modestement 210 ch. En 1981, la Firebird de seconde génération disparaît. Malgré la chute des puissances, sa version Trans Am s'est très bien vendue, 459 213 exemplaires ayant été écoulés au total. Pourquoi ? Parce que malgré une motorisation en régulière régression, c'était la dernière muscle-car (plus puissante que la Corvette). Les Américains s'accrochent à leurs rêves…

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Au volant

C'est une superbe Trans Am 6,6 l de 1977 qui a été mise à notre disposition par American Car City. Une auto en strict état d'origine. Outre une allure de fou, elle cache un habitacle spacieux et bien pensé. Position de conduite rationnelle, sièges confortables, instrumentation facile à lire : on est à l'aise. En se réveillant, le V8 produit ce glou-glou si typiquement US. Ça y est, on a traversé l'Atlantique ! Levier sur D, pression sur l'accélérateur, le moteur accentue sa sonorité si singulière. Assistée, la direction est très légère, et la suspension tolérante. À 80 km/h, T-top ôté, on cruise tranquillement coude à la portière. Et le sport ? Quand on enfonce l'accélérateur, la boîte rétrograde et le V8 adopte une sonorité profonde. Mais il ne prodigue pas d'accélération féroce. Il reprend gentiment, ce qui suffit d'ailleurs car le châssis n'a strictement rien d'un scalpel. Sain mais paisible, il contribue à faire de la Trans Am l'inverse de ce dont elle a l'air : pas une sportive, mais une belle machine à voyager loin, sans fatigue et avec style.

Avenir

Grâce à une fabrication simple et saine, la Firebird Trans Am est une auto endurante mécaniquement. La carrosserie, en revanche, ainsi que les soubassements, peuvent salement rouiller. À inspecter minutieusement avant achat ! Quant à la cote, elle est haussière. Le temps où on trouvait un bel exemplaire post-1973 pour 8 000 € (voici encore 5 ans) est révolu. Désormais, mieux vaut compter 25 000 € pour une Trans Am parfaitement fonctionnelle présente sur le sol français. Ce montant peut varier énormément selon les nombreuses options, le moteur (le V8 Pontiac est plus coté que l'Oldsmobile), et l'authenticité de l'auto considérée. Les modèles d'avant la chute de puissance sont plus valorisés, dès 35 000 €. Cote en hausse.

Chronologie

1970 : Lancement de la Firebird de 2e génération. 4 versions : Standard, Esprit, Formula et Trans Am. Jusqu'à 500 ch avec le rarissime bloc Ram Air V.
1971 : Puissance maxi ramenée à 335 ch à cause des premières normes antipollution.
1972 : Moteur Super Duty 7,5 l dit SD-455, fort de 310 ch.
1974 : Nouveau museau en fibre de verre incliné dans le sens du vent et absorbant sans dommage des chocs jusqu'à 8 km/h. Dernière année avec une forte puissance.
1975 : Lunette arrière panoramique, allumage électronique, montage d'un catalyseur et… 200 ch maxi.
1976 : Apparition du T-top, le toit amovible en deux parties parallèles. Disparition du gros bloc 455 ci (7,5 l) de 200 ch.
1977 : Nouveau T-top mieux fabriqué, museau redessiné intégrant 4 projecteurs. 200 ch pour le 6,6 l doté du pack W72. Apparition dans le film Cours après moi shérif, conduite par Burt Reynolds.
1979 : Avant remanié, cette fois entièrement caréné.
1980 : Retrait du V8 6,6 l, montage d'un turbo sur le 4,9 l pour conserver de la puissance : 210 ch.
1981 : Fin de production.

3 points clés

Dernière des muscle-cars, look d'enfer, cote en hausse

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