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Acheter une DATSUN 240Z (1969 - 1973)

Stéphane Schlesinger le 19/10/2018

Un homme, une voiture. Quelques grands succès de l'histoire automobile sont nés de l'idée d'un seul esprit, et la Datsun 240Z est de ceux-là.

Valeur à suivre

DATSUN 240Z (1969 - 1973)

Un homme, une voiture. Quelques grands succès de l'histoire automobile sont nés de l'idée d'un seul esprit, et la Datsun 240Z est de ceux-là.

En 1965, le designer japonais Yoshihiko Matsuo se retrouve dans un placard doré pour avoir non seulement critiqué le design de la Bluebird signée Pininfarina mais aussi proposé un nouveau dessin que la clientèle a apprécié... La direction n'aimant pas être contredite, surtout quand elle a tort, l'a relégué à la tête de Nissan Shatai, l'unité responsable des modèles sportifs de la marque, dont le vieillissant roadster Fairlady. Pas vraiment surchargé de travail au sein d'une division délaissée, Matsuo réfléchit à une remplaçante de la Fairlady et imagine un coupé principalement destiné au marché américain, qu'il adore. Il comprend qu'une place y est à prendre, entre les petites sportives anglaises sur le déclin et les modèles onéreux tels que les Corvette et Porsche 911. Une GT pour M. Tout-le-Monde en somme.

Sans aucune étude de marché préalable, il se met au travail et, surprise, la direction générale le laisse faire. Mieux, Yukata Katayama, alias Mr. K, chef de Nissan USA, lui apporte un soutien décisif en adaptant la future biplace aux goûts de l'Oncle Sam : gros moteur 2.4 (cylindrée lourdement taxée au Japon, où elle sera disponible avec un 2.0 offrant jusqu'à 200 ch), meilleure habitabilité (d'où le plancher surbaissé augmentant la garde au toit sans nuire à la ligne) et plus grande polyvalence avec un hayon arrière. Elle s'offre le suffixe Z, référence au drapeau de la marine japonaise signifiant « à l'attaque ». Présentée en 1969, la Datsun 240Z (codée S30) connaît un succès inouï. Elle est superbement dessinée, performante, grâce à ses 150 ch SAE, efficace, avec ses quatre roues indépendantes, et, surtout, moins chère que la concurrence britannique. Un an après son apparition, elle se revend toujours plus cher en occasion qu'en neuf ! Grâce à cette sportive, le constructeur japonais gagne une crédibilité inattendue : ses modèles peuvent se vendre en suscitant l'envie au lieu de simplement séduire par un prix au ras de pâquerettes.

Mieux encore, la 240Z remporte de nombreuses victoires en compétition, s'adjugeant par exemple le Safari Rally en 1971, 1972 et 1973 ! Sa réputation atteint rapidement une apogée.
En France, elle débarque en 1971 au prix de 29 600 F (30 000 € actuels environ), contre 44 500 F à une Porsche 911 T aux performances similaires. Ici aussi, elle marque les esprits, mais sa puissance fiscale (15 CV), très élevée, limite sa diffusion.

En 1973, lois antipollution américaines obligent, elle augmente sa cylindrée à 2,6 l pour garder la même cavalerie et se renomme pour l'occasion 260Z après avoir été produite à 116 000 exemplaires, gagnant au passage des appendices aérodynamiques discutables esthétiquement. Une version 2+2, allongée et enlaidie, apparaît également, qui restera la seule importée en France, avec 162 ch. Puis ce sera une lente dégénérescence jusqu'à la 280 ZX de 1979. La 240Z a été tellement bénéfique à l'image de son constructeur que celui-ci en a créé un revival couronné de succès, la 350Z de 2003 !

Aujourd'hui peu élevée, la cote de cette Datsun (nom de Nissan à l'export) grimpe très fortement. L'auto est extrêmement fiable si elle a été entretenue, mais également sensible à la rouille, ce qui explique la très grande rareté des beaux exemplaires, ceux initialement vendus en France restant quasiment introuvables. On trouve principalement sur le marché des autos provenant des États-Unis, à ne pas rejeter, car plus jolis que les français avec leurs clignotants avant plus élégamment intégrés sous les pare-chocs et souvent moins attaqués par la rouille. Une jolie 240Z se trouve dès 18 000 € (15 000 € en boîte automatique), mais une auto française en très bon état réclamera 30 000 € au bas mot. Pas encore très cher pour une GT tout à fait adaptée à la circulation actuelle, belle, musicale et nantie de bonnes qualités routières, malgré un freinage faiblard. Une option à considérer rapidement.

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