Acheter une CATERHAM Seven 275 R

Stéphane Schlesinger le 15/12/2021

Évolution de la Lotus Seven Series III, la Caterham 275 en constitue un aboutissement alléchant, surtout en version R, d'autant qu'elle demeure assez abordable. Alléchante !

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Libellule de course

CATERHAM Seven 275 R

C'est l'histoire d'un spin-off qui marche mieux que la version originale. Les Caterham dérivent toutes de la Lotus Seven. Apparue en 1957, cette sportive ultralégère se destine d'abord à la piste, puis se voit homologuée pour la route et adopte des mécaniques de grande série pour contenir son prix. En 1959, un nouveau concessionnaire distribue les Lotus : Caterham Car Services, créée par Graham Nearn qui vient de s'établir à… Caterham Hill, dans le Surrey. Dès 1960, la Seven évolue, puis les puissances augmentent, à l'image de l'influence de Caterham, qui non seulement devient le distributeur exclusif de la Seven en 1967 mais contribue aussi à la conception de la troisième génération, apparue en 1968. Cette fois, le châssis et le tableau de bord sont repensés, tandis que la cavalerie grimpe jusqu'à 125 ch. Cette série III, pourtant très appréciée, se voit remplacée par la IV en 1970, dont la carrosserie en polyester inspirée des buggies ne plaît pas. C'est un échec qui incite Lotus à abandonner la fabrication de la Seven fin 1972. Caterham en récupère les droits puis reprend la production dès 1973, relançant la Série III qu'il renomme Super Seven. Bingo, les acheteurs reviennent ! Par la suite, la Cat' va se bonifier constamment, sans jamais renier son ADN. Elle troque son essieu rigide contre un de Dion en 1985, adopte une boîte 5 en 1986, 4 freins à disque en 1988… En 1992, la JPE (pour “Jonathan Palmer Evolution”, du nom du pilote de F1 qui l'a développée), dotée d'un bloc GM de 250 ch, bat la Ferrari F40 sur le 0 à 96 km/h et obtient le record du monde avec 3,44 s ! Officiellement importées en France à partir de 1989, les Caterham adoptent le bloc Rover K en 1993, puis subissent une évolution majeure en 1995 : châssis plus rigide, suspension modifiée. Une Superlight apparaît en 1995, allégée, donnant naissance à la R485 en 1996. S'ensuit la lignée des R débutant en 1999 avec la R500. Un châssis SV est proposé dès 2000, plus long et large, complété en 2005 du CSR, très typé piste avec ses suspensions indépendantes (inbord à l'avant) et son moteur Cosworth. En 2013, une petite 165 de 80 ch est lancée. Pour 2021, la gamme se compose de trois modèles : la Super Seven 1600, la Seven 275 (135 ch), à essieu de Dion, en versions normale, R typée route et S typée circuit, ainsi que la 485 (240 ch) à suspension Superlight.

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Au volant

Pas besoin de grosse puissance pour aller vite. La Caterham 275, simplement animée par un 4-cylindres 1,6 l Ford de 135 ch le démontre implacablement. Pourquoi ? Parce qu'elle ne pèse que 540 kg ! Cela se paie d'abord par un gabarit très mesuré, compliquant singulièrement l'accès à bord. Mais une fois au volant, on se sent comme dans un gant. Ensuite, les commandes se révèlent si tactiles qu'on les croirait des extensions des bras et des jambes. Alors, on roule et on ressent tout. On accélère et on est collé au semblant de siège. La tête dans le vent, et les mains sur un volant précis comme un scalpel, on enquille les courbes exactement comme on le souhaite, et on est sidéré par le grip de cette machine. Assis pratiquement sur l'essieu arrière, on en ressent la moindre réaction, et on attaque très fort sur circuit, en appliquant les bonnes recettes de pilotage. Le moteur hurle sa rage à 7 000 tr/mn, on passe les vitesses en un éclair, on freine fort (si on a des mollets puissants) et on fait une orgie de sensations. Sur route, la Cat' demeure pratiquement civilisée et tout aussi prodigue en plaisir. Le pied.

Avenir

Sujettes aux vibrations, les Caterham réclament des vérifications de serrage fréquentes. Mais grâce à leur mécanique de grande série, leur entretien ne revient pas trop cher, surtout qu'on voit vite le degré d'usure des éléments techniques exposés. Assez rares en France, les Seven tiennent très bien la cote, prenant même parfois de la valeur. Les moins chères sont à 25 000 € et affichent déjà une trentaine d'années. Les 165, qui démarraient à 27 000 € voici deux ans, ont pris 3 000 € depuis. La 275 R de cet essai débute à 37 000 €, soit pratiquement son prix neuf en 2015 ! Les versions plus extrêmes, comme les 485, sont toujours introuvables sous les 60 000 €, soit pratiquement le prix neuf pour elles aussi. Un très bon investissement ! Là encore, l'aggravation exponentielle des taxes et du malus CO2 tire la valeur de la 485 en occasion vers le haut.

3 points clés

- Efficacité exceptionnelle
- Agrément incroyable
- Excellente tenue à la cote

Evolution

- 1957 : Lancement de la Lotus Seven.
- 1959 : Apparition de Caterham, concessionnaire Lotus.
- 1968 : Caterham devient le revendeur exclusif des Seven.
- 1973 : Caterham acquiert les droits de la Seven et en reprend la production.
- 1985 : Un essieu de Dion remplace l'essieu arrière rigide.
- 1989 : Début de l'importation en France.
- 1994 : Version HPC de 165 ch.
- 1999 : Apparition des R.
- 2000 : Châssis large SV en option.
- 2006 : Moteurs Ford Sigma exclusivement.
- 2013 : Version 165 à moteur Suzuki de 80 ch.
- 2015 : Apparition de la 275, en Roadsport, R et S.
- 2020 : Version Super 1600, à la décoration vintage.

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