Acheter une AUSTIN HEALEY 3000 (1959 - 1968)

Stéphane Schlesinger le 07/03/2022

Superbement dessinée, généreusement motorisée et forte en sensations, la Healey 3000 demeure plus que jamais un pilier de l'automobile classique. À déguster sans modération !

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Un archétype vivace

AUSTIN HEALEY 3000 (1959 - 1968)

Au début des années 1950, Donald Healey voit un créneau sur le marché des roadsters entre la chic Jaguar XK120 et la petite MG TD. Il fait concevoir un nouveau châssis par son ingénieur Barry Bilbie, qui produit une structure classique mais très robuste à longerons, dotée de trains roulants de bonne facture : bras superposés/ressorts hélicoïdaux à l'avant et essieu rigide à l'arrière /lames. Surprise, la carrosserie est l'œuvre d'un rookie, Gerry Coker, tout juste embauché comme ingénieur et non styliste. Très réussie, elle charme Leonard Lord, patron d'Austin. Lui cherche un roadster à vendre aux États-Unis, et Healey un moteur. Aussi les deux hommes concluent-ils vite un marché. Le premier va motoriser et fabriquer la future sportive, qui deviendra donc l'Austin-Healey 100, lancée en 1952, et mue par un gros 4-cylindres 2,6 l : la mythique “Big Healey”, comme on la surnommera. L'archétype du roadster anglais est né et se taille un joli succès, tant sur le marché US qu'en compétition. Bien vite, Healey veut plus de puissance. Il installe le 6-cylindres C Series Austin-Morris dans son roadster qui devient 100-6 (rallongé, accueillant 4 passagers et doté d'une calandre ovale) dès 1956. Toutefois trop juste avec 102 ch, il passe à 124 ch en 1959. Des freins à disques sont installés, et la 100-6 devient 3000, codée BN7 en 2+2 et BT7 en 2 places. Les évolutions se succèdent en rafales : en 1961, la 3000 MkII atteint 132 ch, et en 1962, la BJ7, une version cabriolet plus étoffée (pare-brise bombé, vitres descendantes, nouvelle capote), est lancée. Plus civilisée, elle voit ses ventes progresser. Dès octobre 1963 débarque la MkIII (codée BJ8), plus luxueuse (tableau de bord en bois), stable avec sa barre Panhard guidant mieux l'essieu arrière, et puissante, ses deux carburateurs SU HD8 poussant le bloc à 148 ch. La belle flirte ainsi avec les 200 km/h ! Peu après, en mai 1964, la BJ8 phase II arrive. Elle se caractérise par sa poupe relevée améliorant la tenue de route et la longévité des échappements. Sa suspension arrière est assouplie. C'est la plus aboutie des 3000. Seulement, elle se vend à 90 % au Canada et aux États-Unis, qui annoncent appliquer prochainement des normes pour limiter la pollution et améliorer la sécurité passive. Problème, Healey développe une évolution tout autre, nantie du nouveau 6-cylindres 4,0 l Rolls-Royce transformant la 3000 en 4000 (trois prototypes produits). Donald Stokes, le PDG de la British Motor Corporation, propriétaire d'Austin-Healey, stoppe le projet jugé non rentable. La Big Healey a beau être devenue une légende, elle disparaît en 1968. Succès commercial, elle a été produite à plus de 45 000 unités en 3000.

Précautions d'achat

Plutôt simples et dotées de mécaniques robustes, les Big Healey sont fiables, mais elles ont un ennemi impitoyable : la corrosion. Préférez les autos dont la restauration s'accompagne d'un dossier de photos complet.

La cote

Les belles 3000, saines et bien restaurées, se négocient dans leur grande majorité entre 50 000 € et 60 000 €. Cela dit, ces valeurs peuvent nettement croître dans le cas d'exemplaires remis à neuf sans regarder à la dépense : on en a ainsi vu dépasser largement les 150 000 €, notamment aux USA. Globalement, ces valeurs sont stables.

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