Acheter une ASTON MARTIN DBS V8 5.3 (1967 - 1972)

Stéphane Schlesinger le 18/09/2020

Remplaçant la DB6, la DBS se remet à la page de son époque en 1969. Et rejoindra les années 1990, après quelques modifications...

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ASTON MARTIN DBS V8 5.3 (1967 - 1972)

Si James Bond a offert à la DB5 une notoriété considérable, ça n'a pas guère profité à ses ventes, totalisant un peu plus de mille exemplaires. Son évolution DB6 fait deux fois mieux, mais elle ne dégage pas suffisamment de profit pour permettre à la firme anglaise de lui offrir une descendance entièrement nouvelle. Embêtant car, comme la DB5, elle dérive de la DB4 de 1958. Elle accuse donc le poids des ans quand, en 1965, débutent les études de la future DBS. Alors que fait-on ? On agrandit la plateforme des DB4/5/6, et on en remplace l'essieu arrière rigide par un élément semi-indépendant De Dion, nettement plus moderne. La suspension avant, très satisfaisante, demeure. Pour habiller le tout, William Towns dessine une carrosserie moderne, aux lignes tendues mais arborant une crête partant du bout de l'aile avant pour se poursuivre en ondulant jusqu'à la poupe, un "arc gothique" en hommage à la DB3S de course qui l'avait inauguré. Pour amplifier l'effet nouveauté, Aston choisit la rupture en nommant sa grande GT "DBS" et non "DB7". Côté moteur, si Tadek Marek avait commencé l'étude d'un V8, il est parti en retraite avant de le finaliser. De sorte que, en 1967, la DBS apparaît d'abord avec le 6-cylindres de la DB6. Reconnaissons que concevoir une auto en deux ans, cela approche le tour de force ! Seulement, plus lourde (120 kg) mais pas plus puissante que la DB6 (286 ch tout de même), la DBS se révèle moins performante, ce qui lui vaut un accueil mitigé. De plus, à 114 000 F en 1969, elle coûte plus cher qu'une Ferrari Daytona (101 000 F) plus moderne par ses trains roulants et nantie d'un fabuleux V12... Dur, dur, même si la version sportive Vantage de l'Aston profite de quelque 330 ch, pour le même prix que le modèle standard.

Les choses s'arrangent en 1970, quand la DBS reçoit enfin le V8 5,3 l à injection qu'elle aurait toujours dû avoir. Inspiré par la coquetterie de Rolls-Royce, Aston n'en divulgue pas la puissance, estimée à 350 ch. Problème, il ne passe les normes antipollution de son marché principal, les USA, qu'en 1971... pour quelques semaines seulement car celles-ci durcissent dès 1972. C'en est trop et le constructeur revoit la DBS V8 qui devient V8 Saloon (nouvelle face avant, coffre agrandi...). Entre 1967 et 1972, la DBS à 6 cylindres aura été produite à un peu plus de 800 unités, à 75 % en conduite à droite, contre un peu plus de 400 à moteur V8. C'est donc une auto rare, splendide et tout de même dotée de mécaniques d'exception.

Que valent les dernières Aston badgée DB avant l'avènement de la DB7 ? De 100 000 € dans le cas d'une 4,0 l en conduite à droite, jusqu'à 150 000 € pour une belle V8 dotée d'un volant à gauche. C'est infiniment moins que pour n'importe quelle DB4/5/6, alors qu'en V8 du moins, les prestations sont supérieures. Et qui n'aurait pas envie de se prendre pour Lord Brett Sinclair ferraillant à bord de sa noble DBS contre le roturier Danny Wilde au volant de sa prétentieuse Dino 246 GT, dans la série Amicalement vôtre ? La cote est stable.

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