Acheter une ALFA ROMEO GTV6

Stéphane Schlesinger le 19/05/2021

Rarement auto de grande série a-t-elle été aussi noble mécaniquement que la GTV6. Un joyau mécanique dont la cote ne cesse de grimper : dépêchez-vous !

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Le V6 du siècle !

ALFA ROMEO GTV6

Le début des années 1970 est faste pour Alfa Romeo, qui présente coup sur coup deux modèles cruciaux : l'Alfasud en 1971, une compacte, et la berline Alfetta en 1972. Très moderne, celle-ci recourt à des solutions particulièrement raffinées : 4 freins à disques, architecture transaxle (moteur à l'avant, boîte à l'arrière) garantissant une répartition des masses idéale, essieu arrière De Dion garant d'une bonne adhérence et d'un confort préservé, chose alors difficile à obtenir sur une propulsion. Évidemment, l'excellent bloc Bialbero est reconduit, de sorte qu'à sa sortie, l'Alfetta est une référence par ses performances, son comportement routier et son agrément de conduite. Dès 1974, elle se voit déclinée en un très moderne coupé GT dessiné par Giugiaro, à l'empattement raccourci. Relativement spacieux, doté d'un hayon et nanti d'une bonne aérodynamique, il se dote d'un bloc 1,8 l de 122 ch. Les ventes partent bien, puis en 1975 la GT devient Veloce, en adoptant le 2,0 l de 122 ch, cependant qu'en bas de gamme, un 1,6 l de 109 ch apparaît, le 1,8 l passant à la trappe. Si une version 2,0 l de 130 ch est lancée en 1978 (la 2.0 L), c'est en 1980 qu'intervient l'évolution majeure.

L'auto est remaniée : nouveau tableau de bord, plus ergonomique mais très laid, gros boucliers en remplacement des fins pare-chocs en inox, feux arrière agrandis… L'Alfetta est modernisée et surtout, adopte un bloc d'anthologie, le dernier entièrement conçu par Alfa : le V6 2,5 l apparu sur l'Alfa 6 l'année précédente. Il a été imaginé par Giuseppe Busso, ancien de chez Ferrari. Simple avec un seul arbre à cames en tête par rangée de cylindres, il adopte des culasses au dessin similaire à celui du fameux Bialbero mais emploie une courroie de distribution et non une chaîne. D'une musicalité et d'un agrément prodigieux, il utilise une injection dans la GTV6 qu'il transfigure. À 87 550 F en 1981 (environ 33 000 € actuels), ce coupé est bien placé, 7 500 F moins cher que la Porsche 924 animée par un banal bloc Audi.


Les essayeurs louent les performances, les qualités routières, et bien sûr le plaisir mécanique, mais notent aussi qu'elle consomme relativement peu. Fin 1982, les Alfetta GTV bénéficient d'une série d'amélioration (sellerie, protections de bas de caisse, montage de vitres électriques et de lave-phares sur la 2,5 l notamment), avant de tirer leur révérence début 1987. Produite à peu plus de 22 000 unités, la GTV6 ne sera remplacée que 7 ans plus tard.

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Au volant

La ligne du GTV6 est un peu lourde, affublée d'un bossage de capot nécessaire pour loger le V6. L'intérieur, banal et mal fini, est encore plus déplaisant même si l'équipement est étonnant : volant réglable, vitres électriques, commandes de chauffage séparées droite/gauche… Mais à la mise en route, les frissons sont bien là. Le moteur dépasse en agrément n'importe quel autre V6. Très souple et plein à tous les régimes, il se montre d'une douceur exquise. Et passé 4 000 tr/mn, il dégage un timbre plus métallique, et connaît un regain de punch infiniment plaisant. Et quelle sonorité ! Ce joyau justifie à lui seul l'achat de n'importe quelle auto qui le reçoit. Surtout le GTV6. Oui, la direction lourde est un handicap en montagne, oui la boîte est lente, oui le train avant est paresseux, mais pour le reste… L'italienne profite d'un très bel équilibre dynamique, gage d'une bonne efficacité, et préserve fort bien le confort, tout en freinant bien. De plus, avec ses quatre vraies places et son hayon, elle se montre pratique. Une offre diablement séduisante.

Avenir

Bien entretenue (changement de la courroie et de la pompe à eau tous les 5 ans), la GTV6 est très robuste mécaniquement. Mais le synchro de seconde craque souvent et la corrosion peut la ravager… Côté valeur, dans les années 2000, un GTV6 en bel état se vendait entre 4 000 et 6 000 €. Des chiffres qui ont commencé à gonfler après 2010. En 2015, c'était déjà le double : 12 000 €. Désormais, les exemplaires en bon état ne tombent plus sous les 16 000 €, et les autos vraiment belles dépassent les 20 000 €. Une ascension qui devrait se poursuivre, car les exemplaires en parfait état demeurent fort rares.

Evolution

1972 : Lancement de la berline Alfetta.
1974 : Apparition du coupé Alfetta GT.
1976 : En adoptant le 2,0 l, la GT devient GTV.
1980 : Restylage important et arrivée de la GTV6, dotée du V6 2,5 l de 160 ch.
1982 : Modifications en fin d'année.
1986 : Fin de production.

3 points clés

- Moteur mythique
- Technologie Alfa Romeo classique
- Cote en hausse

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