Vendre sa voiture à un particulier : les précautions à prendre

procédure vente voitureEn complément de l’annonce auto gratuite que vous déposez sur Motorlegend, voici les conseils pour bien vendre sa voiture à un particulier.

Une grande partie des automobilistes continue de se séparer de sa voiture sans passer par l'intermédiaire d'un professionnel. Un choix qui n'est pas sans poser quelques difficultés et exige de se prémunir contre certains pièges.

Une pratique rémunératrice

Lorsque l'on décide d'acheter une voiture d'occasion à un particulier, le choix le plus évident pour se séparer de son véhicule actuel est de le vendre soi-même à un autre particulier. Certes, il existe aujourd'hui d'autres possibilités, comme ces sociétés qui se sont fait une spécialité de racheter « sec » votre auto. Et même s'ils achètent leur nouvelle voiture, qu'elle soit neuve ou d'occasion, à un professionnel, certains automobilistes tiennent à revendre leur véhicule par eux-mêmes. La principale raison est très rationnelle : les pros ont la réputation, très souvent justifiée il est vrai, de racheter les voitures d'occasion à des montants largement inférieurs à ce qu'il serait possible d'obtenir en les revendant par soi-même. Certes, laisser son auto à un pro à l'avantage de la facilité : il suffit juste de se mettre d'accord sur un prix, sans aucune autre démarche à effectuer. Mais l'écart entre sa proposition et le prix de vente à particulier peut fréquemment atteindre 15 à 20 %. Sur une auto valant 10 000 €, cela représente 1 500 à 2 000 €. Pour beaucoup, cette somme mérite que l'on se donne un peu de mal. Car vendre sa voiture à un particulier ne réclame pas seulement du temps, cela exige également de prendre certaines précautions.

Avant la vente, soyez transparent

Si votre auto a plus de 4 ans, la première étape consiste à faire effectuer le contrôle technique. S'il est vierge, vous pourrez vous en servir comme argument dans votre annonce de vente. S'il ne l'est pas, vous aurez plus de temps pour remédier aux défauts. Réunissez tous les documents indispensables à cette vente : contrôle technique, donc, mais aussi factures et carnet d'entretien, certificat de non-gage...

Passez ensuite à la rédaction de votre annonce. Soyez le plus honnête possible en indiquant les points forts de votre voiture (révision récemment effectuée, pneus neuf...) mais aussi ses petits défauts (bosses, rayures...) car cette annonce constitue déjà un engagement légal vis-à-vis des acheteurs potentiels. Autant que possible, les photos devront être réalistes. Pour déterminer la valeur de votre auto, consultez plusieurs cotes de sites destinés au public (Autoplus.fr, Autovisual.com, Lacentrale.fr…) et les annonces de véhicules très proches du vôtre, en termes de prestations, mais aussi en termes de localisation. Si vous voulez vendre vite, placez-vous 5% sous la moyenne de « votre » marché. Précisez également dans votre annonce que vous refusez tout échange.

Ensuite, il faudra gérer les contacts avec des acheteurs. Commencez par écarter tous les escrocs potentiels. Ainsi, si vous recevez des SMS de personnes disant qu'elles n'ont pas réussi à vous joindre et qu'elles vous demandent de les rappeler à un numéro commençant par 08, laissez tomber. Ces numéros sont surtaxés et ne sont évidemment pas ceux de particuliers.

Refusez également toutes les transactions qui auraient pour conséquence de vous faire avancer des frais. L'exemple le plus courant est celui de l'acheteur qui vous demande de payer pour lui le transporteur qui viendra chercher la voiture. Il vous fera alors un virement du montant total (prix d'achat + facture du transporteur). Sauf que personne ne viendra jamais chercher la voiture et que le virement se révèlera, après coup, être bidon. Celui que vous aurez fait au pseudo-transporteur, en revanche, aura bien été débité de votre compte.

Enfin, refusez systématiquement de fournir une copie de la carte grise avant que l'achat ait été validé (versement d'un acompte et copie des papiers du futur propriétaire). Avec cette copie, une personne malintentionnée aura toutes les cartes en main pour faire de « vrais » faux papiers et plaques d'immatriculation avec, à la clé pour vous, des tas d'ennuis bien réels.

Pendant et après la vente, pas de confiance « à-priori »

L'une des étapes les plus périlleuses de ce genre de transaction est celle du paiement. Pour la vente d'une voiture, pas question d'argent liquide ou d'un chèque traditionnel, trop risqués. Reste alors deux possibilités, le chèque de banque et le virement. Si elles sont les deux méthodes les plus couramment utilisées, elles ne sont pas pour autant sans risques. Le premier peut être un faux ou, plus difficile encore à détecter, un vrai-faux, c'est-à-dire qu'il a été volé. Pour vous assurer de sa validité, demandez à votre acheteur qu'il vous envoie une copie de ce chèque 24 heures avant la transaction. Cela vous laissera le temps de rechercher les coordonnées de l'agence bancaire censée l'avoir émis (ne vous contentez pas de celles inscrites sur le chèque, elles peuvent être fausses aussi) pour vérifier que tout est en règle. Le jour où vous remettrez les clés à votre acheteur, vérifiez tout de même que l'original est strictement identique à la copie.

Certains vendeurs préfèrent l'option virement, moins risquée à leurs yeux. Ce n'est, malheureusement, pas le cas. Pour réaliser ce virement, il faut, en effet, remettre un RIB à l'acheteur. Avec ce document, ce dernier peut aller déposer sur votre compte un chèque, faux ou sans provision, qui vous sera immédiatement provisionné. Pensant avoir reçu les fonds comme prévu, vous remettrez alors votre auto à cet indélicat. La douche froide interviendra 10 à 15 jours plus tard, lorsque votre banque vous avertira que l'argent déposé n'existe pas. Si vous procédez ainsi avec votre acheteur, vérifiez que la somme qui est créditée sur votre compte provient bien d'un virement, et non pas d'un chèque déposé, à votre insu, sur celui-ci. Pour sécuriser au maximum la transaction, il est aussi possible de faire appel à un tiers de confiance, à l'instar de Depopass ou Paycar. Ceux-ci se chargent de récupérer les fonds provenant de l'acheteur et ne les versent au vendeur qu'une fois la transaction validée par les deux partis. Pour le premier, c'est l'assurance de ne pas perdre d'argent si la transaction échoue, pour le second, c'est la sécurité d'être payé.

Vous demanderez également à votre acheteur une copie de sa pièce d'identité et vous remplirez et signerez avec lui le certificat de cession en deux exemplaires (Cerfa 15776*01, téléchargeable sur Service-public.fr). Ensuite, vous aurez 15 jours pour déclarer la transaction sur le site de l'ANTS (Ants.gouv.fr). Cette procédure remplace l'envoi de la copie de la carte grise barrée en préfecture et est obligatoire.

La voiture partie, l'argent transféré et la déclaration faite, tout n'est pas forcément terminé. En effet, la Loi considère désormais un vendeur particulier responsable de tous les problèmes qui surviennent dans les 3 mois suivant la transaction. A condition, bien sûr, que ceux-ci ne découlent pas de l'utilisation du nouveau propriétaire. Certaines personnes malhonnêtes voient ici un filon pour récupérer tout ou partie du prix d'achat en inventant des pannes, voire en les provoquant par le remplacement de pièces en bon état par d'autres défaillantes. Si votre acheteur vous contacte en ce sens, pas de panique. Ne fermez pas la porte à la discussion, ce qui vous serait préjudiciable en cas de dépôt de plainte, mais rapprochez-vous immédiatement de votre protection juridique. Le mieux est alors de prévoir une expertise afin de déterminer les causes réelles du problème. Mais, généralement, si l'indélicat voit que vous ne cédez pas immédiatement à sa demande de remboursement partiel, il ne prendra pas le risque d'une procédure qui pourrait se retourner contre lui.