Saga Ford Mustang

La Mustang, née en 1964, fait encore rêver quarante années après sa présentation.

sommaire :

FORD MUSTANG première génération

Christian Descombes le 26/04/2004

Partagez

réagir

La spirale du succès

Présentée en avril 1964, la première Mustang obtint d’emblée un succès commercial fulgurant. Cette première série dura jusqu’en 1973 et restera pour tous les passionnés la seule vraie Mustang.

Lorsqu’elle fut dévoilée le 17 avril 1964, en plein milieu d’un millésime, la Mustang était attendue avec fébrilité. Elle ne déçut pas. Le projet retenu par Lee Iacocca était celui d’un des dessinateurs qui travaillaient sous la houlette de Gene Bordinat, Dave Ash, qui avait baptisé son projet Cougar (le nom sera réutilisé pour un dérivé luxueux de la Mustang).
FORD MUSTANG
D.R
FORD MUSTANG
D.R
Brutale et suggestive

On retrouvait sur la Mustang de série tous les ingrédients apparus sur le prototype Mustang II, puisque celui-ci avait en fait été construit après le gel des lignes du modèle de série. La silhouette générale tendue, avec une ligne de capot horizontale et des ailes arrière légèrement rehaussées, était reprise sans retouche, tout comme les flancs creusés avec une prise d’air factice devant les roues arrière, inspirée de la Mustang I à moteur central. On retrouvait aussi la calandre rectangulaire aplatie, proéminente et agressive, haut perchée, ornée du petit cheval au galop. Elle était encadrée par deux gros phares ronds enfoncés dans des logements qui prolongeaient la calandre de chaque côté. L’avant était souligné par une lame de pare-chocs chromée soutenue par deux inserts verticaux chromés eux aussi. Une agressivité et une brutalité particulièrement suggestives se dégageaient de l’ensemble. Rien à voir avec l’aérodynamique et la finesse. C’était du « brutal ». L’arrière tronqué, souligné par un pare-chocs remontant sur les côtés, était orné d’optiques carrées, composées de trois feux verticaux enchâssés dans un support chromé, qui servirent longtemps d’identification à la Mustang. On les retrouve aujourd’hui, comme d’autres éléments forts du style de la Mustang, sur le modèle 2004. De petits détails font de la Mustang une voiture américaine à part. Elle abandonne la traditionnelle banquette avant pour des sièges séparés, ainsi que le levier de vitesse au volant pour un levier au plancher, comme une vraie sportive. Des détails importants pour l’image de la voiture.
FORD MUSTANG
D.R
FORD MUSTANG
D.R

Trois voitures pour le prix d’une

La Mustang était d’emblée proposée en trois styles de carrosserie, coupé hardtop, cabriolet et coupé fastback. La richesse de cette gamme s’explique par le fait que la Mustang avait été pensée et étudiée pour être proposée en cabriolet et reposait sur une structure particulièrement rigide, le toit ne jouant qu’un rôle structurel secondaire. Il était donc facile de décliner plusieurs propositions de toit sur cette base. Le soubassement de la Mustang était en fait emprunté à la version Sprint de la Falcon. Il s’agissait d’une Falcon aussi insipide que les autres Falcon, à la différence près qu’elle était équipée du V8 3,6 litres de la grosse berline Fairlane à la place de son 6 cylindre 2,3 litres d’origine. Sa plate-forme et ses suspensions avaient été renforcées en conséquence, ce qui lui donnait une excellente tenue dynamique et en faisait un modèle coûteux à produire et particulièrement peu rentable. La Mustang, en empruntant cette plate-forme allait inverser la tendance de façon radicale.
Usine d'assemblage Ford Deardorn 1966
Usine d'assemblage Ford Deardorn 1966 D.R
Cabriolet 1964
Cabriolet 1964 D.R
Des recettes éprouvées

Côté technique, la Mustang ne faisait pas dans le sophistiqué. Six cylindres anémiques, boîte manuelle à trois rapports avec première non synchronisée, freins à tambour non assistés, direction non assistée démultipliée à l’excès. Côté structure ce n’est guère plus réjouissant. La structure est globalement celle de la Falcon Sprint avec des longerons longitudinaux à l’arrière entourant un caisson sur la partie centrale et une structure autoporteuse à l’avant. L’empattement de 2,47 m permettait des proportions avantageuses tout en dégageant suffisamment d’habitabilité. La suspension avant à roues indépendantes était héritée de la Falcon, de même que le pont arrière rigide à ressorts à lames. Côté moteur, la Mustang de base était équipée du 6 cylindres 2,8 litres de 101 ch de la Falcon qui sera rapidement abandonné. Mais ce sont les V8 qui ont contribué à faire de la Mustang une vraie légende. Deux versions étaient disponibles 4,2 litres 164 ch ou 4,7 litres - le fameux 289 cubic inches - de 210 ch. La boîte manuelle à trois rapports était généralement dédaignée par le public américain qui lui préférait la Cruise-O-Matic automatique, à trois rapports également. Les options très nombreuses, comme les freins à disque (non assistés), permettaient d’améliorer sensiblement la Mustang de base.
Coupé fastback 1965
Coupé fastback 1965 D.R
Coupé hardtop GT 1966
Coupé hardtop GT 1966 D.R

FORD MUSTANG
Ford
Raz-de-marée commercial

Le succès de la Mustang fut phénoménal. Le soir du 17 avril 1964, jour de son lancement, les concessionnaires avaient enregistré 22 000 commandes fermes. Au mois de juillet, les 100 000 exemplaires étaient dépassés et en moins de six mois la Mustang avait atteint son seuil de rentabilité. En février 1966, le millionième exemplaire était remis au premier client de 1964, un pilote de ligne du nom de Stanley Tucker, en échange de son ancien modèle. C’était le plus grand succès commercial pour une voiture américaine depuis la guerre, dépassant le record des ventes pour un modèle Ford sur la même durée, celui de la Falcon de McNamara.
article précédent FORD MUSTANG GT 2004

Page précédente
FORD MUSTANG GT 2004

article suivant FORD MUSTANG Shelby

Page suivante
FORD MUSTANG Shelby

Partagez

réagir

Commentaires

avatar de Ironchris
Ironchris a dit le 17-10-2008 à 10:50
Heureux propriétaire d'une "Convertible rouge/intérieur blanc" 64 1/2 - V8-4700, la conduite de ce "Dream-Car" me procure plus de plaisir et de sensations qu'avec mon véhicule de "la semaine" (Mercedes 320 S). Je relève toutefois une petite erreur à la page 1 de cet article, en ce qui concerne le tableau de bord : en effet, celui qui est illustré correspond au modèle 1965 ! By the way, je profite de l'occasion pour vous faire également remarquer que le "Pony Car" (finition luxe de la sellerie comportant des "Galloping Mustang" en relief sur les dossiers des sièges) fait son apparition sur le modèle 1965. Ces détails sont destinés aux "puristes" !