Tour Auto 2003

Cette année, la vedette du musée automobile vivant qu’est le Tour Auto était sans conteste la Matra 650. Mais la victoire est revenue à une Ford GT 40, un sixième succès pour la voiture de Dearborn !

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Tour Auto 2003

Gilles Bonnafous le 08/04/2003

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C’est sous un soleil radieux mais par une température glaciale que les 200 voitures du Tour Auto 2003 se sont élancées mardi 8 avril des fontaines du Trocadéro. On souffrait pour les pilotes des voitures ouvertes…

Tout en respectant l’alternance Cannes-Biarritz pour ville d’arrivée — c’était le tour de Cannes —, la boucle hexagonale empruntait cette année un itinéraire original, cantonné à la moitié Est de la France. Les quatre villes étapes étaient donc Dijon, Vichy, Aix-les-Bains et Nîmes, la Croisette marquant le terme de l’épreuve. Un périple de cinq jours, dont le parcours combinait, comme à l’accoutumée, les circuits (Dijon, Charade et Ledenon) et les épreuves spéciales, au nombre de neuf, dont Le Revard, Chamrousse et le col du Colombier.

Motorlegend.com

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Au volant de leurs bolides, les heureux concurrents étaient répartis en trois plateaux réservés à la classe compétition et deux dédiés à la régularité. La vedette du musée automobile vivant qu’est chaque année le Tour Auto était sans conteste la Matra 650 d’Olivier Cazalières. Si, contrairement à ce qui a été annoncé, elle n’a pas couru le Tour de France automobile, elle a participé aux 24 heures du Mans en 1969. A son volant, Jean-Pierre Beltoise et Piers Courage prirent la quatrième place derrière deux Ford GT 40 (première et troisième) et une Porsche 908 (deuxième). On avait rapidement aperçu la voiture au Mans Classic 2002, avant qu’elle ne se retire, dès les essais, sur ennui mécanique. Cette fois-ci, les spectateurs du Tour Auto ont eu le bonheur de l’admirer et de l’entendre (la formidable sonorité du V12 Matra !) jusqu’au rivage de la grande bleue. Terminant certes à la très modeste avant-dernière place du classement compétition, mais l’essentiel n’était-il pas de participer…

Matra MS 650 1969 Motorlegend.com

AC Cobra 289 Mark II 1964 Motorlegend.com

Vainqueur l’an dernier, l'équipage Chiles-Mountford sur Ford GT 40 s’était fixé un tout autre objectif. Remettant leur titre en jeu, les deux Anglais allaient se battre pour le conserver. Ce qu’ils firent, assurant à la GT 40 sa sixième victoire dans le Tour Auto. Sur leur Ferrari 250 LM, Leventis et Hardman prennent la deuxième place devant une autre voiture de Maranello, une 308 Groupe IV Michelotto pilotée par les Américains Noon et Arnott. En régularité, c’est encore une Ferrari qui s’impose, la 275 GTB 4 des Argentins Sucari et Celada.

Le palmarès reflète en partie la composition du paddock, nettement dominé par les modèles au cheval cabré, venus en force comme chaque année — un nombre incalculable de 250 GT berlinettes, Lusso, et 275 GTB, auxquelles il fallait ajouter trois 356 GTB/4 Daytona. Mention spéciale à la GTO noire du milliardaire Brandon Wang venu de l’Empire du Milieu, et à la 212 Inter de 1952 appartenant à un Américain. Arborant une calandre influencée par le style d’outre-Atlantique, sa face avant avait un petit goût de Nash…

Ferrari 212 Inter 1952 Motorlegend.com

Ferrari 250 LM 1965 Motorlegend.com
De même, on ne dénombrait pas moins de cinq Ford GT 40, sans compter huit AC Cobra 289. Par contre, les classements ne rendent pas justice de la fidélité des Porsche au Tour Auto, ni de leur généreux contingent. Nous nous sommes amusé à les compter, parvenant au chiffre de cinquante voitures, soit un quart du plateau. Tous les modèles de Zuffenhausen étaient représentés, de l’une des premières 356 aux 911 dans toutes leurs (multiples) déclinaisons en passant par un spider 550 RS. Toujours constant dans sa passion pour Stuttgart, Claude Picasso pilotait une 906 Carrera 6.

Porsche 550 RS Spyder 1968 Motorlegend.com

Porsche 911 Carrera RSR 1974 Motorlegend.com

A l’inverse, nous n’avons vu que peu d’Aston Martin (une DB 4 GT et trois DB 2/4) et un nombre assez modeste de Jaguar — mais une rare berline 3,4 litres Mk 1. Outre la Matra, les marques françaises étaient notamment représentées par la Ligier JS2 à moteur Cosworth trois litres de Bernard Mérian, par deux CG, une 1200 S et une 548 à compresseur, et par une demi-douzaine d’Alpine — dont une petite A 106. Jean Ragnotti était resté fidèle à la berlinette 1800 Groupe IV de Francis Mercier, tandis que le Comas Historic Racing alignait trois A 110 1600 S engagées en régularité.

Aston Martin DB2 1952 Motorlegend.com

Jagua MK I 1959 Motorlegend.com
Du côté du Quadrifolio, un bataillon de Giulia GTA et Tubolare Zagato encadrait la T33/2 de Jean-François Bentz et Hervé Poulain, qui avait retrouvé des couleurs après être passée, à l’occasion du Mans Classic, entre les mains de Bettina Rheims ! On citera également une berline Giulia Super et la sympathique (et peu fréquente) Giulia Zagato de Didier Parnot. Peu de voitures pour le voisin Lancia, mais rien que du beau avec une Stratos, deux Aurelia B 20 et une Flaminia Zagato. A souligner la présence d’une seule Maserati, l’A6 GCS de l’Allemand Schenk.

Lancia Flaminia Zagato 1962 Motorlegend.com

Maserati A6 GCS 1955 Motorlegend.com

Nombreuses sont ces voitures qui possèdent un palmarès acquis dans les grandes compétitions mondiales d’endurance : 24 Heures du Mans, 24 Heures de Daytona, 12 Heures de Sebring, 1000 Kilomètres de Spa et de Montlhéry, Nürburgring, Monza, etc. Il en est de même pour les épreuves routières et les rallyes, Targa Florio, Mille Milles, Monte-Carlo, Critérium des Cévennes, Lyon-Charbonnières… et Tour de France automobile.

Fiat 8V 1953 Motorlegend.com

Simca Abarth deux litres Motorlegend.com
A l’opposé, le Tour Auto accorde une place (certes symbolique) à des véhicules plus modestes, comme une Traction 11B de 1955, et deux Djet, une Matra de 1968 et une René Bonnet conduite par un équipage féminin, Mary Grant Jonkers et M. Neys.

Et puis chaque année, le Tour Auto est l’occasion d’heureuses surprises, celles de découvrir des voitures rares. Les rencontrer est toujours un moment d’émotion, les voir courir un vrai bonheur. Citons à cet égard la Fiat 8V de l’Anglais Earl, l’originale et amusante Siata Daina du non moins Britannique Alexander Fyshe, la Simca Abarth deux litres de Franco Meiners (présente seulement au Trocadéro, mais elle courra l’an prochain) et la barquette Cisitalia de Paul Grant, une voiture d’usine construite en 1947 pour prendre part aux Mille Milles — et demeurée dans son état d’origine. Même si elle apparaît fréquemment dans les épreuves historiques, nous rangerons dans cet aréopage la Gordini 24S de P.E. Bessade, qui a appartenu à Françoise Sagan et participa au Tour de France il y a juste cinquante ans !

Cisitalia 202 1947 Motorlegend.com

Siata Daina SL Sport 1952 Motorlegend.com

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