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Essai MERCEDES Classe E 220 Cdi berline

David Lamboley le 26/04/2009

La Mercedes Classe E, depuis plusieurs génération, représente l'archétype de la berline premium. Comme ses aïeules, la Classe E 2009 se veut une vitrine du savoir-faire maison.

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Présentation

Parler de la nouvelle Mercedes Classe E, c'est un peu raconter la chronique d'un succès remarquable qui ne se dément pas depuis trois générations, si l'on s'en tient à la stricte appellation, et depuis…l'après-guerre si l'on considère toutes les grandes berlines Mercedes. Archétype de la grande berline de luxe, dotée d'une aura exceptionnelle dans le monde entier malgré une réputation écornée par des problèmes de fiabilité désormais résolus, la Mercedes Classe E reste une des stars de la catégorie. D'ailleurs, les chiffres parlent d'eux-mêmes. La précédente génération de Classe E commercialisée de 2002 à début 2009, nom de code W 211, a été vendue à 47 000 exemplaires en France. Même si ses deux ou trois dernières années de carrière ont été moins glorieuses qu'auparavant en termes de ventes en France, elle devance sur la durée ses deux concurrentes majeures, elles aussi allemandes, les BMW Série 5 et Audi A6.

Il existe aussi une concurrente interne, véritable sœur ennemie, la Mercedes CLS, qui a grapillée quelques centaines de ventes à la Classe E. Avouons que l'arrivée de la nouvelle Classe E 2009, nom de code W 212, arrive à point nommé pour redonner du souffle à la catégorie chez Mercedes. Pour cela, la carrosserie est toute nouvelle et bon nombre d'éléments techniques ont été optimisés ou sont nouveaux, comme certains moteurs. Côté équipements, comme à l'accoutumée, Mercedes propose, mais souvent en option, le dernier cri technologique, comme le système anti-collision Pre-Safe, le radar Distronic, la vision de nuit infrarouge couplé à l'intelligent light system, les avertisseurs de limitation de vitesse, de franchissement de ligne ou d'angle mort…bref, nous voici à bord d'un véritable avion long courrier ! Le tarif, lui évolue peu, puisque la version de base 220 CDi à boîte auto est proposée à 43 700 euros. Pour un 4 cylindres, c'est plutôt cher…

MERCEDES Classe E 220 Cdi berline MERCEDES Classe E 220 Cdi berline

Design extérieur et intérieur

Ce qui frappe au premier abord de cette nouvelle Mercedes Classe E 2009, c'est cette nouvelle ligne taillée à la serpe, mais nous étions prévenu. Le SUV compact Mercedes GLK, taillé comme un bloc de marbre, préfigurait le nouveau langage Mercedes. Dont acte. La Mercedes Classe E nouvelle mouture, plus musculeuse, arbore des double projecteurs et de feux anguleux qui rappellent, de loin, les anciennes générations. Les épaules et les hanches larges, pour leur part, évoquent la ligne de la limousine Classe S. La proue, volontaire, fait figure de pointe de flèche si l'on observe les plis de tôle des flancs, nettement plongeants. Volontaire, certes, mais la nouvelle Classe E apparaît toujours massive. A priori, donc, rien ne laissait présager un coefficient de pénétration dans l'air record, avec un Cx de seulement 0,25. C'est bon pour la consommation, autre sujet où la berline allemande a fait de significatifs progrès…

L'habitacle de la Classe E 2009, lui aussi, reprend le langage stylistique inauguré sur le GLK, à savoir une nette angulosité des lignes qui tranche avec la génération précédente. Même le volant a droit à son coup d'équerre ! N'empêche, l'ergonomie a fait des progrès. Si l'assise reste toujours irréprochable, on notera une migration de l'écran GPS/multifonctions en haut de la planche, comme chez BMW, alors qu'il était positionné auparavant au milieu. Mais le réaménagement fait une victime, le panneau de commande de la climatisation, désormais tout en bas de la console centrale. Il est vrai que ce type de commande est moins sollicité lors d'un voyage… Pour le reste, on retrouve sous la casquette anguleuse, en face du conducteur, les indémodables instruments ronds. Le gros tachymètre analogique accueille en son centre une matrice à cristaux liquides où la plupart des informations sont délivrées. Bref, l'agrément est au top et l'habitabilité demeure excellente à l'avant comme à l'arrière.

Mécanique, châssis

Nous venons de l'évoquer, les motorisations de la nouvelle Mercedes Classe E ont été revues dans le sens de l'économie à la pompe. Le meilleur exemple, bien sûr, est à chercher du côté des diesel, une des grandes spécialités Mercedes. D'ailleurs, le mix prévisionnel en France table sur près de 95% de ventes de Classe E en version diesel. Au menu, en attendant un petit 4 cylindres 200 CDi de 136 ch, nous avons à disposition les E 220, E 250 et E 350 CDi, affichant respectivement 170, 204 et 231 ch. Les deux premiers sont des 4 cylindres, totalement nouveaux, le troisième un V6 de 3 litre, comme son nom ne l'indique pas ! Nous avons sciemment choisi de nous intéresser au plus petit bloc disponible aujourd'hui, le 220 CDi siglé « Blue Efficiency », couplé à la boîte automatique à 5 rapports et à la finition la plus haute, nommée Avantgarde Executive.

C'est effectivement une tendance générale, la clientèle dite premium préfère désormais privilégier, à tarif équivalent, un équipement haut-de-gamme plutôt qu'une motorisation plus noble et plus puissante… Ce quatre cylindres diesel à injection directe, totalement nouveau, dispose d'un couple et d'une puissance disponibles plus tôt que l'ancienne mouture (170 ch à 3000 tr/mn et 400 Nm à seulement 1400 tr/mn), ainsi qu'une consommation moyenne mixte en baisse, ainsi que des rejets polluants moindres : les données provisoires font état de 6 l/100 km et 159 grammes CO2/km, contre 6,6 litres et 174 grammes. La version 220 CDi à boîte mécanique, disponible en septembre 2009, s'annonce encore plus vertueuse avec seulement 139 grammes de CO2/km. Notons que la Mercedes Classe E 220 CDi, même avec sa boîte automatique, échappe au malus. Côté châssis, on retrouve une architecture très proche de la précédente génération, mais nettement optimisée et allégée grâce à la présence accrue de composants en aluminium. Le système repose sur de nouveaux amortisseurs à double chambre qui autorisent une plus grande finesse de réaction selon la force d'amortissement. On note également la présence d'une direction à démultiplication variable qui améliore nettement l'agilité. Notre modèle Avantgarde Executive dispose également d'un châssis rabaissé de 15 mm, de barres de torsion renforcées et de roues de 17 pouces.

MERCEDES Classe E 220 Cdi berline MERCEDES Classe E 220 Cdi berline

Sur la route

Le châssis dit « sport » de notre Mercedes Classe E d'essai met en lumière une excellente agilité pour le gabarit. Plus ferme, prodiguant un vrai sentiment d'efficacité dans les courbes, on goûte de plus près les progrès accomplis. Cette définition « sport » gomme cependant moins bien les petites irrégularités de revêtement. Mais passons. La direction, longtemps point noir des Mercedes, devient ici quasi-irréprochable. Elle est informative, bien démultipliée, bien calibrée en termes d'assistance. Pour résumer, on peut mener cette grosse berline à bon rythme avec un niveau d'efficacité et de sécurité remarquables. D'autant que le « petit » diesel ne manque pas de répondant malgré sa puissance relativement modeste. Il a notamment la particularité d'être alimenté par de nouveaux injecteurs piézo-électriques, cœur du système de rampe commune dite de « quatrième génération », qui permettent une pression de 2000 bars.

Autre spécificité, une suralimentation par turbocompresseur à double étage, qui agit comme une double suralimentation. Résultat, une réactivité remarquable au regard de la cylindrée -2143 cm3- et de surcroit avec une boîte automatique à convertisseur, qui justement dégrade souvent la réactivité. On note pourtant une certaine paresse à reprendre des tours lorsque l'on navigue à moyen régime, mais il faut ici incriminer encore la gestion de boîte automatique, moins au goût du jour que la 7G-Tronic équipant d'autres modèles. Le bilan purement mécanique s'avère toutefois très positif. Autre point de satisfaction, l'agrément à bord s'avère tout bonnement exceptionnel, notamment en termes de vibrations et d'insonorisation. La Mercedes Classe E, même humblement motorisée, peut recevoir comme ici une finition haut-de-gamme qui en fait un véritable salon roulant. Reste qu'il faut bien potasser le –gros- manuel d'utilisation pour s'assurer de pouvoir tout faire fonctionner au doigt et à l'œil. C'est la rançon de la haute technologie embarquée, qui fait de la nouvelle Classe E une des grandes berlines premium les plus douées du moment.

À retenir

Nous n'en attendions pas moins de Mercedes : la nouvelle Classe E progresse sur tous les fronts, notamment en termes dynamiques, où sa stabilité s'avère remarquable. Le nouveau 4 cylindres diesel 170 ch, pour l'heure la motorisation de base, s'avère tout à fait convainquant, échappe au malus et permet d'éluder les motorisations plus puissantes au profit d'une finition plus richement dotée. Mais chez les concurrents, pour le même tarif, on a droit au six cylindres diesel…
points fortsLigne nettement plus dynamique, châssis efficace et plaisant, technologie embarquée, ergonomie, qualité et présentation, consommations en baisse, petit diesel réactif.
points faiblesGabarit conséquent, tarif et nombre des options, châssis sport un peu trop ferme, boîte automatique à 5 rapports peu réactive.
16.2

20
Les chiffres
Prix 2009 : 56 050 €
Puissance : 170 ch
0 à 100km/h : 8.3s
Conso mixte : 6l/100
Notre avis
Agrément de conduite : 16/20
Sécurité active et passive : 19/20
Confort et vie à bord : 19/20
Budget : 13/20

Avis des propriétaires

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