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Essai FIAT Stylo Abarth

Jean-François Destin le 14/06/2002

Le groupe Fiat veut retrouver un lustre et une image positive qui semblent lui échapper. La Fiat Stilo Abarth apparaît en haut de gamme frappée du fameux sigle Abarth.

Présentation

Abarth, cette griffe emblématique que le constructeur italien aurait dû réserver à des versions sportives pimentées distingue actuellement la minuscule Seicento. Déjà un contre-sens flagrant ! Avec la Fiat Stilo Abarth, on se trouve certes en présence d'un modèle puissant et performant (5 cylindres de 2.5l développant 170 chevaux) mais sa facture policée privilégiant le confort et la quiétude des occupants n'aurait sûrement pas reçu l'aval du sorcier autrichien.

Chez Fiat, on semble avoir eu conscience de cette petite usurpation d'où l'unique et discret écusson jaune et rouge fixé à l'arrière droite du hayon. Dans l'habitacle au demeurant cossu, soigné et bien équipé, aucune allusion au célèbre préparateur. Pas plus que dans la documentation de presse où l'on insiste plutôt sur le moteur 5 cylindres 2.4l 20 soupapes à hautes performances. Plutôt concurrente d'un VW Golf V5 dans l'esprit, la Fiat Stilo Abarth peut s'opposer à la récente Ford Focus ST 170 qui ne manque pas d'arguments malgré un prix supérieur. Vendue en France uniquement avec une boite Selespeed robotisée à 5 rapports, la Fiat Stilo Abarth coûte respectivement 21.700€ et 22.100€ (3 et 5 portes).

FIAT Stylo Abarth FIAT Stylo Abarth

Design

Meurtris par le semi échec des Bravo/Brava, les stylistes de Fiat ont voulu réaliser une Golf à l'italienne. Cet objectif, atteint au niveau de la présentation extérieure et intérieure n'a malheureusement pas suffi à séduire la large clientèle escomptée. La faute à une image Fiat toujours aussi mauvaise et à une campagne de pub aussi calamiteuse qu'incompréhensible.

Dans ce contexte difficile, la Fiat Stilo Abarth aurait pu sortir du lot pour séduire les amateurs de compactes sportives tout en tirant la gamme vers le haut. Rien de tel puisque seuls le petit sigle Abarth à l'arrière, les jantes en alliage et le becquet arrière peint en harmonie avec la teinte de la carrosserie distinguent cette version haut de gamme au demeurant très bien équipée. Reste qu'il serait injuste de ne pas saluer la silhouette dynamique de la Fiat Stilo Abarth et un rapport dimensions/habitabilité correcte.

Habitacle

L'habitacle tranche à tous les niveaux avec celui des Bravo/Brava. Les plastiques de belle qualité visuelle et tactile, les cadrans à fond clair très lisibles et la console centrale de belle facture méritent une bonne note. L'ambiance à bord est cependant un peu tristounette. A noter que la 3 portes plus courte (-7 cm) et moins haute (-5cm) que la 5 portes ne dispose pas de la banquette coulissante qu'un beau mannequin aux jambes démesurées mettait en valeur sur les affiches publicitaires. Parmi les nombreux équipements livrés en série se découvre sous le plancher du coffre un large bac permettant de ranger des objets salissants.

Moteur

Comme sa devancière, la Bravo 2.0 20V HGT (155ch), la Fiat Stilo Abarth cache sous son capot un cinq cylindres mélodieux de 170 chevaux. Une puissance respectable mais nécessaire pour dynamiser les 1350 kg de l'Abarth. Les motoristes ont travaillé sur l'allégement des pièces en mouvement, sur le collecteur d'admission (à géométrie variable) et sur la gestion électronique. Les vibrations et émissions sonores désagréables ont aussi été détectées et maîtrisées.

Sportivité oblige, Fiat couple en série ce moteur à une boite à commande séquentielle. Logique mais pas vraiment convaincant, ce mariage est pénalisé par l'absence d'une 6ème et par la lenteur et les à coups des changements de rapports. On est loin de l'instantanéité de réponse de la boite F1 de la Ferrari 360 Modena. Seules satisfactions: les petits coups de gaz automatiques lors des rétrogradages et la possibilité d'obtenir l'automatisme intégral en intervenant sur un bouton.

Châssis

Sur une berline " siglée " Abarth, on s'attend à une suspension raffermie. Mais chez Fiat, on n'a pas souhaité sacrifier le confort et, à un amortissement perfectible s'ajoutent des prises de roulis inopportunes en virage. En adoptant une conduite rapide coulée et en soignant les trajectoires, on parvient à piloter avec efficacité. Attention toutefois aux déclenchements intempestifs de l'ESP qui provoque parfois en entrée de courbe des à coups au niveau de la transmission et de la colonne de direction.

Sur la route

Vous l'avez déjà compris, la Fiat Stilo Abarth ne s'apparente pas vraiment à une sportive de caractère. Soucieux de plaire à une large clientèle, Fiat a voulu proposer une GT compacte multi-usages. Résultat : des performances quelconque et un agrément de conduite rapide qui laisse à désirer. Hormis la lenteur de la boite, on regrette le manque de chevaux au dessous de 4000 tours et à haut régime. Passé le seuil des 150 km/h, il faut un certain temps pour atteindre la vitesse maximum qui se situe autour de 210 km/h. Au passif, citons encore une direction électrique trop lâche à haute vitesse, une pédale de frein manquant de mordant et une consommation élevée (13,4l pendant notre essai soit 40 centilitres de moins que lors de l'essai de la Porsche Carrera deux fois plus puissante !).

Equipements

L'Abarth offre en série l'ABS, 6 airbags, l'antipatinage ASR, l'ESP, la climatisation régulée, le régulateur de vitesse, la direction assistée, les quatre vitres et rétros dégivrant à commande électrique, le volant cuir avec commandes radio et Connect au volant (11 touches), la système Connect Nav+, le pack Confort comprenant le capteur de pluie et luminosité, et le radar de recul, l'aide au freinage d'urgence et les jantes en alliage léger.

FIAT Stylo Abarth FIAT Stylo Abarth

Carlo Abarth

D'origine autrichienne et très tôt attiré par la compétition moto, Karl (avec un K) Abarth comprit très vite au grès de nombreux accidents qu'il ne serait jamais un champion deux roues. Fin mécanicien, intuitif et bricoleur de génie, il commença a améliorer des moteurs en Autriche. Sa réputation naissante lui permit de travailler pour Ferdinand Porsche qui l'envoya représenter la marque en Italie C'est là qu'il fit connaissance à la fin de l'année 46 de Piero Dusio. Milliardaire à 27 ans, cet ex représentant en tissus et draperies devenu par passion de l'automobile pilote de course et patron d'écurie avait décidé juste avant la guerre de fonder la Cisitalia (Compagnia Industriale Sportiva Italia). Créée à l'origine pour fabriquer des équipements sportifs, Cisitalia signera les premières voitures de Dusio, entre autres une petite monoplace.

Un peu mégalo, Dusio qui ambitionne de construire une voiture de Grand Prix a appris que Porsche avait étudié avant la guerre une voiture à moteur central pour Auto Union et qu'un certain Carlo Abarth (ce dernier avait déjà remplacé le K par un C ) en possédait les plans. Enigmatique, secret, un peu introverti et pas très organisé, Abarth est à des années lumière de Dusio qui rêve de devenir un grand constructeur. Les deux hommes ne sont vraiment pas fait pour s'entendre. Cependant en 1947, Abarth obtient pour Cisitalia la cession des brevets de la voiture de Grand Prix et devient conseiller de la firme puis par la suite patron du service compétition. Mais pour le fantasque Dusio, Cisitalia coûte cher et ne génère pratiquement pas de rentrées. Nous sommes en 1949. Sentant poindre la faillite, Dusio part brutalement en Argentine où l'attend Péron désireux de monter une usine automobile. Avec lui disparaissent les plans Porsche de la voiture Grand Prix ! Pour Carlo Abarth, il s'agit d'une nouveau coup du sort. Lui aussi ne va pas quitter le navire les mains vides. Avant de quitter Cisitalia, il fait monter dans un camion trois roadsters 204, deux châssis, un moteur et des pièces et fonde avec son ami Armando Scagliarni l'Abarth et Cie.

De cette nouvelle union sortira plusieurs voitures de compétition atypiques comme la profilée Abarth 205, l'une des reines des Mille Miglia 1950. Plus tard, Carlo Abarth dont l'emblème restera le scorpion (son signe zodiacal) deviendra le préparateur attitré de Fiat notamment au travers de la déclinaison de 1959 à 1965 des Fiat Abarth Balbiero puis plus tard de plusieurs voitures de grande série comme l'Autobianchi A 112.

À retenir

Ne se distinguant pas assez du reste de la gamme Stilo dans sa présentation extérieure et intérieure, l'Abarth ne déclenchera pas de coups de cœur. L'essai confirme cette frilosité des gens de Fiat qui avaient pourtant tous les atouts pour fignoler une voiture vivante et attachante. En revanche, saluons les progrès réalisés en fabrication et sur le rapport prix/équipements.
points fortsRelatif confort, insonorisation, puissance moteur, qualité et implantation des palettes qui commandent la boite robotisée depuis le volant, équipements, prix.
points faiblesLenteur de la boite, direction, pédale de frein, présentation, consommation.
Les chiffres
Prix 2002 : 22 100 €
Puissance : 170 ch
0 à 100km/h : 12.9s
Conso mixte : 9.7l/100

Avis des propriétaires

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