Acheter une MASERATI Quattroporte (I) 4.2 V8 260ch

Stéphane Schlesinger le 17/11/2021

Nantie du meilleur de la technologie Maserati, la Quattroporte de 1963 sera la première super-berline à connaître le succès commercial. Qu'en reste-t-il ?

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L'inspiratrice

MASERATI Quattroporte (I) 4.2 V8 260ch

Au début des années 60, un dîner a lieu entre Omar Orsi, dirigeant de Maserati, et le journaliste sportif Gino Rancati qui lui suggère d'installer un moteur de course dans une berline. Orsi comprend la pertinence de cette idée, et comme sa marque profite d'une bonne santé financière, donne son feu vert à celle qu'il nommera lui-même tout simplement Quattroporte. Il ne lésine pas sur sa conception, qui aboutira en 1963. En guise de moteur, l'équipe d'Alfieri, l'ingénieur en chef de Maserati, ne lui offre rien moins qu'un dérivé du fabuleux V8 quatre arbres de la 450S de course, certes rapetissé et privé de son double allumage. Sa puissance chute de 420 à 260 ch, une valeur jugée moyenne à l'époque pour un 4,1 l, le 6-cylindres 3,8 l de la Jaguar Mk X, sa plus proche rivale, développant par exemple 269 ch. Mais Maserati soigne la souplesse ainsi que la fiabilité à long terme. Ce bloc s'allie à une boîte manuelle ZF comptant cinq rapports, une rareté à l'époque, ou une Borg-Warner automatique se limitant à trois. Ensuite, on s'autorise deux grandes premières sur une production routière du Trident : une structure monocoque spécifique ainsi qu'un essieu De Dion à l'arrière, solutions de pointe à l'époque.

C'est le brillant Frua qui habille le tout, dans un style proche de la 5000 GT qu'il a dessinée pour Karim Aga Khan, Vignale assurant la fabrication de la carrosserie.
A sa sortie, la Quattroporte laisse bouche bée. Capable de 230 km/h, une vitesse vertigineuse à l'époque, c'est la berline la plus rapide du monde ! Et peut-être la plus belle, grâce à ses lignes tendues, ses flancs lisses et ses grandes surfaces vitrées qui lui confèrent une grande modernité, alors que les marques concurrentes s'inspirent encore souvent du style US. Seulement, la belle coûte la bagatelle de 75 000 F, soit 105 000 € actuels, contre 38 500 F à la Jaguar Mk X. Une voiture destinée à l'élite, qui d'ailleurs se bouscule pour se l'offrir : Marcello Mastroianni, Anthony Quinn, Sophia Loren, et même Leonid Brejnev… La Quattroporte se vend au-delà des espérances de Maserati à des chiffres jamais vus pour berline de ce standing. En 1966, la super berline évolue : les 4 phares créés pour les US sont généralisés, mais si le tableau de bord gagne en luxe avec ses nouveaux parements en bois, l'essieu arrière se simplifie. Exit le De Dion, place à un axe rigide et suspendu par des lames, officiellement car cette solution génère moins de bruit, officieusement car elle coûte moins cher. Fin 1968, un V8 4,7 l (290 ch) apparaît au catalogue, puis la Quattroporte quitte la scène en 1969, produite à 760 unités environ, dont près de 260 en phase I. Des chiffres faibles dans l'absolu mais excellents pour un artisan tel que Maserati.

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Au volant

Datant de 1965, notre Quattroporte n'a jamais été restaurée et son cockpit se présente dans un très beau jus d'origine, preuve de sa qualité. Bien équipé (quatre vitres électriques), il regorge de petits détails charmants. La position de conduite est bonne, malgré un grand volant, et la visibilité totale. La grille très serrée du levier de vitesses demande de l'habitude mais celui-ci se montre agréable à manier, tout comme la direction, ferme en manœuvre mais douce quand on roule. Ce qualificatif vaut aussi pour la suspension, de sorte que la Quattroporte étonne par son confort, surtout vu la mauvaise qualité des routes que nous avons empruntées. La dynamique ? Le train avant, assez précis, s'allie au châssis bien équilibré et aux freins très bons vu leur âge pour mettre en confiance. Le moteur n'a pas une rage sportive, mais il est très souple et sa poussée, non linéaire, augmente avec les tr/mn. Surtout, sa mélodie complexe et feutrée sublime l'expérience de conduite.

Avenir

Bien fabriquée, la Quattroporte est robuste. Mais avec les autos de cet âge, c'est la qualité de la maintenance et de la restauration qui importent le plus. La cote ? Plus rare et mieux suspendue, la phase 1 ne cote pourtant pas plus que la 2 en 4,1 l : comptez 60 000 € pour un bel exemplaire. Les 4,7 l, bien plus rares (environ 130 assemblées) réclament 5 à 10 000 € supplémentaires. Des valeurs stables.

Evolution

- 1962 : Présentation de la 5000 GT Frua, annonçant le style de la Quattroporte. Trois exemplaires fabriqués.
- 1963 : Lancement de la Quattroporte, V8 4,1 l, en novembre au salon de Turin.
- 1966 : Restylage léger à l'été, habitacle plus luxueux, tableau redessiné. Un essieu rigide remplace le pont De Dion.
- 1968 : Le V8 4,7 l s'ajoute à la gamme en novembre. Quelques modifications de détail.
- 1969 : Fin de production.

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