Acheter une LANCIA Thema 8.32 (1986 - 1992)

Stéphane Schlesinger le 31/07/2019

On pense souvent que Lancia n'a guère connu de succès avec ses grandes berlines, mais la Thema prouve le contraire. Prenant le relais d'une Gamma dont la fiabilité douteuse l'a poussée vers l'échec, la Thema a su s'attirer les faveurs des spécialistes et du public.

Valeur à suivre

LANCIA Thema 8.32 (1986 - 1992)

Révélée en octobre 1984, la Lancia Thema est la seconde des quatre modèles résultant d'une étude commune entre le Groupe Fiat, auquel Lancia appartient, et Saab. Très orienté sécurité, celui-ci a assez vite pris ses distances avec l'italien, qui, lui, souhaitait favoriser le rendement. En clair, faire une auto plus légère au détriment de la résistance aux chocs. Ainsi, à sa sortie, la Thema pesait à motorisation comparable 150 kg de moins que la Saab 9000 apparue cinq mois auparavant. Les Fiat Croma et Alfa Romeo 164, présentées respectivement en 1985 et 1987, suivront la tendance de la Lancia. Celle-ci, habilement dessinée par Giugiaro, séduit par ses qualités routières, ses performances, son agrément, son confort et même sa finition.

A l'époque, Lancia est une marque dynamique, représentant le haut de gamme du Groupe Fiat, aussi profite-t-elle d'un plan-produit digne de ce nom. C'est ainsi qu'elle frappe un joli coup fin 1986 en dotant sa Thema d'un V8, dérivant de celui de la Ferrari 308. C'est la fameuse 8.32, le 8 symbolisant le nombre de cylindres, et 32 celui des soupapes. Ce 3,0 l développe la coquette puissance de 215 ch, mais diffère sensiblement de celui de la berlinette de Maranello. Moins musclé (25 ch de moins), il est cela dit travaillé pour favoriser le couple (285 Nm contre 240 sur la 308), troquant le vilebrequin plat contre un élément en croix, qui de surcroît en favorise la musicalité. Il passe sa cavalerie sur le seul train avant, qui s'acquitte très honnêtement de sa tâche. Pour favoriser les qualités routières, la 8.32 se dote d'un aileron arrière rétractable qui procure 30 kg d'appui à 200 km/h, d'une direction à assistance variable mais aussi, dès 1987, d'un amortissement piloté optionnel signé Boge. Jouant la carte de la discrétion, elle ne fait apparaître le nom Ferrari que sur son couvre-culasse, tandis qu'à l'extérieur, outre des jantes spécifiques, elle se distingue des versions courantes par ses bas de caisse, sa grille de calandre grise et simple liseré jaune latéral, paraît-il suggéré par Gianni Agnelli en personne. Dans l'habitacle, le tableau de bord arbore une instrumentation jaune inédite, des parements en bois et un revêtement en cuir, celui-ci pouvant s'étendre contre supplément à la sellerie.

Traction alors la plus puissante du monde, la 8.32 est annoncée à 240 km/h au maxi mais fait payer bien cher ses charmes : 315 100 F (79 000 € actuels). C'est plus que pour une Audi 200 Quattro, une BMW 535i voire une Mercedes 300 SEL ! Par ailleurs, si elle est très rapide, cette sorte de Ferrari à 4 portes n'est pas sportive, aussi, elle se vend mal. En conséquence, elle évoluera peu, se contentant fin 1988 de l'habile restylage dont bénéficient toutes les Thema. Pire, avec l'arrivée du catalyseur en 1989, sa puissance chute à 205 ch, tandis que la Turbo 16V avec son moteur survolté se montre plus performante et bien moins chère ! Quitte à mal vendre sa 8.32, Lancia en augmente démesurément le prix qui grimpe jusqu'à 437 450 F en 1991, soit près de 100 000 € actuels.

Produite à 3 520 unités, dont 1 150 restylées, la 8.32 disparaît fin 1992, remplacée par la 3.0 V6, au moteur fourni par Alfa Romeo. Paradoxalement, la Thema à moteur Ferrari est presque plus facile à dégotter actuellement que ses sœurs, grâce à sa valeur résiduelle plus élevée qui l'a préservée de la mise au rebut. Elle demeure une berline confortable et merveilleuse d'agrément grâce à son fabuleux V8, pas si ruineux que ça à entretenir. Reste à trouver un exemplaire parfaitement suivi, ce qui n'est pas si évident, d'où une cote à la hausse.

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