Acheter une CADILLAC CTS-V

Stéphane Schlesinger le 02/09/2021

Grâce à son V8 hérité de la Corvette ZR-1, la CTS-V devient la berline le plus rapide sur la Nordschleife et le break le plus véloce du monde. Mais le châssis est-il à la hauteur ?

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La Cadillac des records

CADILLAC CTS-V

On a souvent l'image de Cadillac comme étant un fabricant de lourde péniches, aussi suréquipées et confortables que totalement anti-sportives. Cela lui a en effet longtemps correspondu, mais au cœur des années 90, le constructeur commence à changer son fusil d'épaule, sous les assauts des dynamiques berlines européennes. Cela commence avec la Seville STS en 1992 (300 ch), remplacée par la 1ere génération de CTS, une propulsion élaborée sur la nouvelle plateforme Sigma. Quand ? En 2003, année où un grand changement intervient : le constructeur lance ses V Series, des versions sportives de ses modèles à l'image des BMW M. Ainsi, en 2004, la CTS-V, sportive, apparaît, dotée du V8 400 ch de la Corvette C5 Z06. Ça ne rigole plus ! Elle rencontre son petit succès et se voit remplacée fin 2007. Cette seconde génération conserve en la modernisant la plate-forme Sigma, affine son style et se décline en trois carrosseries : berline, coupé et break. La berline bénéficie du traitement sportif V en 2008, dont l'énorme V8 LSA 6,2 l est l'élément le plus marquant. Doté d'un compresseur, il dérive de bloc LS9 de la Corvette C6 non pas Z06 mais ZR1. Tout en alliage, il développe quelque 556 ch pour un couple monstrueux de 747 Nm. Surprise, il peut se compléter d'une boîte manuelle à six rapports, signée Tremec ! Naturellement, le châssis est adapté à cette cavalerie : jantes de 19 pouces, suspension affermie, amortisseurs pilotés magnétiques, étriers de freins avant à 6 pistons, différentiel à glissement limité…


La CTS-V bat le record du tour du Nürburgring (où elle a été en partie développée) pour une berline de série, au nez et à la barbe des allemandes en 2008 : 7:59.32 ! En 2010, elle se décline en coupé et en break, mais surtout, débarque en France en novembre. Doté d'une gestion légèrement différente, son V8 développe 564 ch pour 735 Nm de couple, et le prix débute à 77 097 €, soit 80 200 € actuels. Ce sont près de 50 000 € de moins que pour une Mercedes E63 AMG ! Malgré cela, elle ne connaît qu'un succès d'estime en Europe, qu'elle quitte en 2015, où elle a été vendue à quelques centaines d'exemplaires, sur un total de près de 24 000 unités. Une CTS-V de nouvelle génération est lancée en 2016, forte de 649 ch…

Au volant

Très radical, le dessin de la CTS-V Station Wagon se révèle homogène, commentaire qui vaut aussi pour l'habitacle. Surprise, la finition n'est absolument pas ridicule face aux premiums européens. Surtout, notre exemplaire profite de la boîte manuelle ! Bien calé dans le siège, je réveille monstrueux V8… qui séduit d'abord par sa docilité. Dès les premiers tours de roue, la direction à assistance hydraulique ZF Servotronic étonne par son caractère communicatif, alors que la commande de boîte régale par son maniement rapide et précis. En confiance, je sollicite le moteur : quelle poussée fabuleuse ! Sans effort apparent, il emmène ce break jusqu'à plus de 270 km/h sur autobahn, le trafic m'empêchant d'aller plus vite. Très stable, il semble parfaitement à l'aise, y compris en courbe. Sur route sinueuse, son poids élevé l'empêche de se révéler vraiment agile, mais son équilibre, son grip et sa précision sont excellents. Surtout, grâce à ses commandes, on se sent vraiment en connexion avec la Cadillac, surpassant sur ce point les allemandes, qu'elle égale par ailleurs sur le plan des qualités routières et des performances. Seule la consommation de porte-avion viendra tempérer les ardeurs.

Avenir

Quelques compresseurs ont défailli en début de carrière, mais globalement, la CTS-V est une auto fiable. Ce qui n'empêche pas sa cote d'être basse, même si elle moins vite plongé que celle des allemandes. On trouve des CTS-V, après un peu de recherches, dès 32 000 €, soit à peine moins que pour une E63 ou une M5 contemporaines, pourtant bien plus onéreuses neuves ! Le type de carrosserie ou de transmission influe peu sur la valeur de l'américaine, dont le principal handicap est la rareté. Sa cote est stable depuis environ trois ans. Reste qu'avec 50 ch fiscaux, elle écope du malus maximal, sa carte grise revenant à près de 10 000 €…

3 points clés

- Performances exceptionnelles
- Châssis excellent
- Cote stable

Evolution

2007 : Apparition de la CTS de seconde génération.
2008 : Version sportive CTS-V lancée sur le marché US en berline.
2008 : La CTS-V devient la berline la plus rapide sur la Nordschleife en mai.
2010 : La CTS-V se décline en coupé et en break puis arrive en France.
2015 : Fin de commercialisation, une nouvelle génération de CTS débarquant.

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