Salon de Francfort 2003

Compte rendu

Jean-François Destin le 11/09/2003

Malgré l'absence d'un climat festif, ce rendez-vous allemand automnal d'outre Rhin aura une nouvelle fois montré le formidable potentiel des spécialistes allemands.

Deux ans déjà et toujours ces visions de cauchemar du 11 septembre 2001 à New York restées dans toutes les mémoires. En dépit d'une pluie de nouveautés, le Salon allemand (organisé tous les deux ans en alternance avec le Mondial de Paris) a accueilli la presse internationale dans un climat feutré où chacun se demandait si cette exposition majeure en terre allemande n'allait pas être à nouveau sabordée par un acte de terrorisme.

Flonflons, orchestres, danseuses et podiums bruyants ont cette année cédé la place à des conférences de presse studieuses au cours desquelles les constructeurs ont essayé de montrer leur capacité à appréhender l'avenir.

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Un avenir incertain dans un contexte économique difficile lié à une improbable reprise en 2003. En régression en 2002, le marché automobile européen a de nouveau chuté en 2003 accusant sur le premier semestre un repli de 2,4%. Un mauvais résultat lié entre autres à la régression française de 7,7%.

Locomotive de l'Europe (près de 4 millions de ventes attendues), l'Allemagne s'en est plutôt bien tiré avec un tassement limité à -0,5%. Au pays de Mercedes, BMW, Audi et Porsche, les demandes de voitures de luxe ont augmenté de 16,1% (la Serie 7 BMW devançant la Mercedes Classe S et l'Audi A8 en progression de 123% !).

De façon générale, sur tous les marchés, les nouveaux formats font recette. Les immatriculations de minivans (monopaces de moyenne gamme) explosent (+39,4%) et les gros 4X4 de luxe se bousculent (+23,4%). Et c'est bien là l'enjeu de l'avenir de l'automobile. Les clients veulent rouler différent dans un espace ludique tourné vers les loisirs. On l'a constaté à Francfort, les marques jouent la carte de la géométrie variable délaissant un peu les préoccupations écologiques. Certes, ça et là, on continue d'évoquer la pile à combustible, l'hydrogène et les solutions hybrides (moteurs thermique et électrique) prônées par Toyota, mais la préoccupation première est de redéfinir le contours des carrosseries. Le Kusabi de Mazda, le Dunehawk de Nissan, le Roomster de Skoda, la Saab 9.3 Hatch, la Fiat Idea voire les intéressants concepts Be Bob Renault et autres Airlounge Citroën montrent que les constructeurs cherchent toujours les clés magiques d'une cinquième dimension.

Chez les Allemands, cependant, les fondamentaux restent une priorité. Les lancements simultanés de la nouvelle Golf (5ème du nom) et de l'Astra attestent de l'objectif de Volkswagen et d'Opel à regagner les points perdus dans le segment en régression (-7% au cours du premiers semestre en Allemagne) des berlines compactes.

Malgré l'absence d'un climat festif, ce rendez-vous allemand automnal d'outre Rhin aura une nouvelle fois montré le formidable potentiel des spécialistes allemands. Dans des décors parfois somptueux, concepts-cars, prototypes et dream-cars proches de la commercialisation semblaient faire un pied de nez à la crise. Sous le dôme de DaimlerChrysler - qui jouit à Franfort d'une position dominante voire écrasante - était présenté le coupé SLR censé faire revivre les fameuses flèches d'argent et le Vision CLS préfigurant un futur coupé haut de gamme.

Dans son arène privée, BMW pour une fois détaché de Rolls et Mini mettait en avant son nouveau coupé 6, une catégorie abandonnée par Munich depuis 1989. Chez Audi, on capitalise sur les victoires dans la Sarthe avec un coupé sportif haut de gamme tout simplement baptisé " Le Mans ". Même tendance chez VW qui prouve son éclectisme en dévoilant le concept-R.

Un peu écrasés, les constructeurs des autres pays européens ont tenté de montrer leur vitalité. C'est le cas du groupe Fiat avec la sublime Maserati Quattroporte et l'inattendue Alfa Romeo 8C Competizione qui augure un futur coupé à hautes performances.

Outre l'Aston Martin DB9 assez conventionnelle, la bonne et unique surprise du Salon de Francfort est venue de Jaguar qui a amené en dernière minute le prototype R-D6. Compact, musclé et dynamique, ce concept architecturé sur la plate-forme de la récente X-Type abrite le V6 diesel de 205 chevaux concocté par Ford et PSA et qui sera inauguré sur la S-Type en 2004. Il visualise aussi la probable évolution stylistique dont bénéficiera à moyen terme la S-Type notamment au niveau de la face avant et de la poupe.

Enfin, le Salon de Francfort nous a rassuré sur la créativité et la vitalité d'une industrie automobile européenne qui fait désormais la course en tête devant les Japonais et les Américains.

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