Histoire : Histoire du circuit de Linas Montlhéry

le 08/08/2005

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L'industriel Alexandre Lamblin est à l'origine de la création en 1924 de cet anneau de vitesse situé à 24 kilomètres de Paris près des villes de Linas et de Montlhéry, d'où son titre officiel d' "autodrome de Linas-Montlhéry". Ce propriétaire d'une usine de radiateurs d'automobiles et d'avions, par ailleurs possesseur d'un journal sportif, l' "Aéro-sport", a dans l'idée de doter la France et, plus particulièrement la région parisienne qui est à cette époque l'un des principaux centres de l'industrie automobile française, d'un anneau de vitesse.

Le début des années 20 est l'époque des records et matches en tous genres (voiture contre avion, ...). De surcroît, la Grande-Bretagne dispose déjà d'une telle piste avec Brooklands depuis 1907, les Etats-Unis avec Indianapolis depuis 1911 et l'Italie avec Monza depuis 1922.

En 1923, Alexandre Lamblin se porte acquéreur d'un domaine situé sur le plateau de Saint-Eutrope, près de Montlhéry. Deux études sont menées de front et c'est la moins coûteuse, celle prévoyant un anneau de 2,5 km de longueur, éventuellement complété par un circuit routier extérieur, qui est retenue.

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L'ingénieur Raymond Jamin est chargé du dessin de la piste. Elle est de forme ovale avec deux courtes lignes droites de 180 mètres. Dans les virages, elle possède un profil concave en forme de parabole cubique à axe vertical et les raccordements sont tracés suivant une spirale logarithmique, ce qui constitue l'une des particularités de cet ouvrage. L'anneau est calculé de manière a ce que des voitures de 1000 kg puissent atteindre, en haut des virages, des vitesses de 220 km/h environ. Son développement, mesuré au milieu de sa projection sur un plan horizontal est de 2548,24 mètres (ligne médiane).

Montlhéry accueille rapidement un grand nombre de pionniers de la vitesse et leurs monstrueuses voitures à records, venus d'outre-Manche en raison des nombreuses restrictions de bruit (montage de silencieux, interdiction de courses de nuit) imposées par les voisins du circuit de Brooklands. Plus de cent records sont établis ou battus, deux mois seulement après l'ouverture. C'est la marque Rolland Pilain qui ouvre la danse puis, le record du tour de piste sur l'anneau sera longtemps détenu par Gwenda Stewart sur Derby-Miller à 234 km/h de moyenne.

Linas-Montlhéry est aussi un lieu où se disputent des courses. Dès 1925, après adjonction d'un circuit routier construit en un temps record, se déroule le Grand Prix de l'Automobile Club de France qui attire une foule considérable dont le Président de la République lui-même. Les voitures tournent dans le sens des aiguilles d'une montre alors que les records sont effectués dans le sens inverse. Malheureusement, au cours de la course, Antonio Ascari trouve la mort au volant de son Alfa Romeo P2 sur la nouvelle portion du circuit. Finalement, c'est Robert Benoist sur sa Delage 12 cylindres qui emporte la victoire. Le GP de l'ACF se tient ensuite de 1931 à 1937 (sauf 1932) selon diverses formules qui attirent toujours autant de spectateurs venus assister aux duels Alfa Romeo - Bugatti puis, à l'arrivée des Auto-union, Mercedes et Delage.

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La guerre, le renouveau et le déclin

Les frais d'exploitation de plus en plus élevés et l'état du revêtement de béton qui ne permet déjà plus de faire tourner des monoplaces à haute vitesse, conduisent les administrateurs de l'autodrome à vendre en 1939 le site, qui comprend alors 750 ha, au Domaine National qui le met par la suite à la disposition du ministère de la Guerre. L'autodrome subit de graves détériorations durant la guerre. En décembre 1946, c'est l'Union Technique de l'Automobile, du Motocycle et Cycle (UTAC), qui obtient du ministère de la Guerre, en vertu d'un bail de longue durée et contre versement d'une redevance annuelle à l'administration des Domaines, la gérance civile des pistes et installations de l'autodrome, moyennant sa remise en état, son entretien et l'acceptation de l'organisation de compétitions.

Depuis cette date, l'activité ne cesse de croître, principalement dans le domaine des activités de caractère technique et expérimental mais des compétitions continuent à être organisées. Les Coupes du Salon au moment du salon de l'automobile en octobre puis, à partir de 1956 et de manière épisodique, les 1000 kilomètres de Paris. Cependant, le profil du circuit se révèle inadapté aux grandes vitesse atteintes dorénavant. L'accident de 1964 en est la triste démonstration. Les 1000 Kilomètres ne sont repris qu'en 1966 puis dernièrement en 1994. Les Coupes du Salon et le Grand Prix de l'âge d'Or constituent les deux derniers rendez-vous sportifs sur l'anneau. En 1996, le Grand Prix de l'âge d'Or est la troisième manifestation automobile française après les 24h du Mans et le GP de France de F1 mais faute d'un nombre suffisant d'engagés, les Coupes du Salon n'ont pu se tenir.

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Le futur

Le circuit a été confronté dès le mois d'avril 1997 puis en 2001 au renouvellement de son homologation auprès de la commission nationale des circuits de vitesse. L'homologation actuelle a été renouvelée le 9 mai 2001 pour 4 ans (JO N° 114 du 17/05/2001). Sans son obtention, aucune course ne peut plus y être organisée. Pour que les Coupes du Salon ou le GP de l'Age d'Or puissent à nouveau s'y tenir, divers travaux de réaménagement ont été réalisés et notamment la mise en place d'un grillage de protection pour les spectateurs dans la ligne droite allant des tribunes jusqu'au virage des deux ponts ainsi qu'en haut de l'anneau et capable de résister à des vitesses de 300 km/h.

Le problème de l'homologation du circuit, tous les quatre ans, est récurent et, pour sauver l'autodrome, c'est d'un projet à plus long terme qu'il faut convenir...

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Commentaires

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un internaute a dit le 06-11-2007 à 10:21
Il semble que le long circuit routier ait été coupé au niveau des Deux-Ponts en 1972 ou 1973, pour donner la dernière version connue du tracé. Aucune information ne le confirme.