Essai LEXUS LS 460

Jean-François Destin le 18/12/2006

Vitrine technologique, la Lexus LS 460 entend bien faire face aux Allemandes. Confort, sécurité, puissance... A-t-elle tout bon ?

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Présentation

Si la voiture sans pilote n'est pas pour demain, Lexus y travaille. Avec la nouvelle Lexus LS 460, la division de prestige de Toyota s'est encore surpassée. La quatrième génération d'une berline qui marqua en 1989 la naissance de cette nouvelle griffe de luxe est capable de suivre la route toute seule pour peu que l'une des mains du conducteur touche le volant. Le "Lane Keep Assist" optionnel détecte le moindre assoupissement et donne l'alerte mais couplé avec le régulateur de vitesse, il agit sur la direction, le système se référant aux bandes blanches pour maintenir la voiture sur sa file tout en restant à distance des autres usagers !

On l'a compris, Lexus nargue une fois de plus Mercedes, BMW et Audi par un déferlement d'équipements innovants sans pour autant délaisser les performances, le confort et le comportement routier. Mue par un V8 de 380 chevaux (250 km/h et 5,7 secondes au 0 à 100 km/h) associé pour la première fois au monde à une boîte automatique à 8 rapports, la Lexus LS 460 repousse encore les limites en matière d'insonorisation grâce aux bruits parasites traqués… au stéthoscope. Par rapport à ses concurrentes qui la proposent seulement en option, cette limousine de plus de 5 mètres de long reçoit une suspension pneumatique à amortissement piloté. Elle offre aux occupants un transport princier, les sièges arrière chauffants étant assortis de réglages sur la version "Président". Truffée d'une quantité incroyable d'équipements liés à la sécurité, à l'agrément de conduite, et au bien-être pendant le voyage, la nouvelle Lexus sera disponible à l'été prochain en version hybride avec un V8 5 litres porté à 450 chevaux et quatre roues motrices. Lancée le 14 décembre, la Lexus LS 460 est vendue 95.000 € en Pack Executive et 104.000 € en Pack Président.

Design

Lorsqu'apparut en 1989 la toute première Lexus, il était clair que le nouveau label de prestige de Toyota visait Mercedes. A cette époque, les Japonais et pas seulement ceux de Toyota se contentaient de copier les modèles à succès allemands et la Lexus LS première du nom ressemblait à la berline de haut de gamme du constructeur de Stuttgart. On pardonna d'autant mieux ce semi-plagiat que la Lexus LS 400 haussait de façon spectaculaire les standards de qualité de fabrication et de raffinements de confort connus à ce jour.

Depuis, Lexus a acquis son indépendance stylistique et les modèles récents se réfèrent à la philosophie "L-Finesse" visant à une grande harmonie entre la carrosserie et l'habitacle. Avec des cotes en légères hausses par rapport à l'ancien modèle (+ 15 mm en longueur, +45mm en largeur et en empattement), la nouvelle Lexus LS 460 allie avec discrétion l'élégance, la fluidité et une certaine sportivité. Si le porte-à-faux avant s'est accru pour répondre entre autres aux normes de sécurité piéton, celui de l'arrière s'est réduit de 70 mm rendant la silhouette plus dynamique. Partageant beaucoup d'éléments avec les dernières GS et IS, la Lexus LS 460 parvient à trancher sur la concurrence sans céder à des extravagances comme on a pu le constater avec la Serie 7 de Chris Bangle. Pour les Japonais, il s'agissait de trouver une silhouette fédérant les goûts des Américains, des Asiatiques et des Européens. Un pari gagné même si on aurait aimé découvrir une berline au caractère plus affirmé.

Habitacle

Dès 1989 et la première Lexus LS 400, les Japonais de Lexus nous avaient montré leur savoir-faire. Depuis, cette quête de perfection revendiquée s'exprime notamment par la qualité de l'assemblage, le choix des composants avec cette fois pourtant, un petit laisser aller sur l'aspect visuel et tactile du plastique de la planche de bord. Face à Mercedes, Audi et BMW qui se sont en partie mis au diapason, la qualité Lexus tranche moins nettement. Cependant, les heureux acheteurs de la nouvelle Lexus LS 460 ne trouveront pas grand chose à redire sur ce véritable cocon de luxe, de raffinement et de valeur ajoutée. Pour les inserts, ils auront à choisir entre trois essences : le noyer, le frêne et l'érable moucheté et bien entendu entre plusieurs teintes d'un cuir de haut qualité courant jusqu'aux contre portes.

Très conventionnelle, la planche de bord est séparée d'une très large console englobant un écran VGA tactile de 20 cm. Surprise, près d'une trentaine de boutons et manettes ont été répartis autour du conducteur démontrant ainsi le lot d'équipements de série. Contrairement aux spécialistes allemands, Lexus a renoncé à une souris centrale de commande de type I-Drive. Compte tenu de l'âge des clients (+ de 55 ans), un écran tactile et une commande vocale accédant aux réglages ont été jugés plus conviviaux, intuitifs et simples. Très vaste, l'habitacle regorge de petites attentions touchant le confort comme le volant chauffant, la jalousie pare-soleil de lunette arrière à commande électrique, les sièges arrière chauffants, les appuis-tête avant réglables électriquement et les ceintures de sécurité réglables électriquement en hauteur. Grand mais pas très facile d'accès, le coffre contient sous son plancher une vraie roue de secours montée sur une jante en alliage. Les pneus "roulage à plat" n'ont pas été retenus pour des raisons de confort.

Châssis

Ne cherchez pas ailleurs, au niveau des liaisons au sol, Lexus rassemble sur la LS les meilleures solutions techniques. Utilisant un maximum de composants en aluminium, la suspension multibras aux quatre roues travaille avec un système pneumatique “variable adaptative“ à trois lois d'amortissement. Via un bouton situé à côté du levier de vitesses, le conducteur peut choisir entre normal, sport et confort, sachant que quel sous soit le mode retenu, une régulation s'effectue en fonction des infos transmises par tous les capteurs en fonction (régime moteur, vitesse de rotation des roues, hauteur de caisse…). Ainsi l'assiette de la voiture est constamment surveillée de même que les phénomènes de roulis et de tangage notamment en conduite sportive.

La direction EPS (Electric Power Steering) est la première électrique asservie à la vitesse à bénéficier d'un système de démultiplication variable. Une sophistication qui ne nous a pas convaincu. Lexus vante aussi son freinage électro-hydraulique inédit dans la catégorie. Les ingénieurs ont revisité tout le système en dotant les gros disques (357 mm à l'avant et 336 mm à l'arrière) d'une ventilation en spirale pour un meilleur refroidissement. Un module électronique répartit l'effort de freinage plus vite et mieux que sur un GS 430 et les plaquettes ont un coefficient de frottement élevé. Il fallait bien tout ce dispositif pour ralentir et stopper les 2 tonnes de la Lexus LS mais on aurait aimé une pédale à l'attaque plus franche.

Moteur

Vendue en priorité aux Etats-Unis, en Asie et à un rythme confidentiel en Europe (40 seulement sont allouées à la France en 2007), la Lexus LS 460 reçoit un unique V8 4.6 l de 380 chevaux dont certaines pièces sont peaufinées à la main. Plus puissant que ceux de nos deux concurrentes, il est aussi un peu moins consommant, moins polluant et d'une discrétion de fonctionnement encore améliorée. De ce point de vue, les spécialistes allemands n'ont pas comblé leur léger retard. Il serait fastidieux ici d'énumérer tous les composants de cette mécanique d'exception. Citons néanmoins le système d'admission double conduit à contrôle acoustique, une distribution variable optimisée, un système d'injection D-4S à deux injecteurs par cylindre et un nouveau mode de refroidissement.

Ce V6 inaugure une toute nouvelle boîte automatique à 8 rapports. Un rapport de plus que l'excellente 7G de Mercedes. Une surenchère gratuite ? Pas sûr car les 8 rapports parfaitement étagés mettent en valeur les 380 chevaux et le couple à tous les régimes, les changements de rapports s'effectuant avec une douceur extrême. Autre avantage majeur, alors que les autres transmissions auto rétrogradent les rapports un par un, la boîte 8 peut en redescendre jusqu'à 4 à la fois !

Sur la route

L'essai de toutes les berlines haut de gamme du marché commence par la fermeture d'une portière au bruit mat. Une fois installé derrière le volant de la Lexus LS 460, on se sent encore mieux isolé des bruits extérieurs, Lexus ayant dès 1989 introduit l'insonorisation parmi les critères prioritaires de luxe. A peine lancé, le V8 se fait très discret même lorsqu'on le sollicite et tout au long de notre test, il se montrera présent, efficace et d'une infini souplesse sans jamais paraître contraint de dynamiser les 2 tonnes de la berline japonaise. Un fonctionnement d'horlogerie suisse bien cadencé par une étonnante boîte à 8 rapports.

Dans un silence de cathédrale, notre Lexus file sur l'autoroute et un coup d'œil au compteur indique que les 160 km/h viennent d'être dépassés ! Rien ne pouvait l'indiquer et surtout pas la suspension pneumatique adaptative. Tout est à l'avenant dans cette berline de prestige et il faudra gagner le réseau secondaire pour constater que la taille (plus de 5 mètres) et le poids (près de 2 tonnes) doivent être pris en compte par le conducteur malgré cette incroyable débauche de technologie. En cherchant bien, nous avons constaté que la Lexus LS 460 n'apprécie pas trop d'être bousculé et que l'assistance de la pédale de frein se montre excessive. La direction pourtant très sophistiquée n'indique pas non plus comme sur une Mercedes Classe S un ressenti précis de la route. Un choix de réglages conforme sans doute aux attentes de la clientèle.

À retenir

Compte tenu de l'image de Lexus des deux côtés de l'Atlantique et d'une qualité de fabrication reconnue par les sociétés de sondage les plus réputées aux Etats-Unis et en Europe, acheter le top modèle de la gamme n'engendre aucun risque d'autant que la Lexus LS est mieux équipée et pas plus chère que les concurrentes directes. Ceci dit, sans attendre une version diesel pas prévue au programme, n'est-il pas préférable, dans le contexte actuel, de patienter six mois pour s'offrir la LS Hybride 4X4 nantie du même V8 et de deux moteurs électriques ?
points fortsUne vitrine technologique unique, un V8 bien sous tous rapports, une boîte auto efficace, un comportement routier sous haute surveillance électronique, un équipement exhaustif, une insonorisation au sommet.
points faiblesPoids élevé, assistance de la pédale de frein, le ressenti de la direction, le plastique standard de la planche de bord, la silhouette une peu trop neutre, pas de diesel prévu.
Les chiffres
Prix 2006 : 104 000 €
Puissance : 380 ch
0 à 100km/h : 5.7s
Conso mixte : 11.1l/100

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