Essai BMW 118d

Jean-François Destin le 19/07/2004

L'essentiel de la gamme MINI ayant été programmé, rien n'interdisait de reprendre l'étude d'une « petite » BMW Série 1.

Présentation

Depuis que la Mercedes Classe A est née (en 96 dans les conditions douloureuses que l'on sait), BMW planche sur une réplique cinglante. L'épisode Rover ayant tourné court, le constructeur de Munich a été ensuite détourné de son projet par la renaissance de la MINI , un modèle décalé, ludique mais habilement positionné haut de gamme pour servir de première marche à une future clientèle BMW. L'essentiel de la gamme MINI ayant été programmé, rien n'interdisait de reprendre l'étude d'une « petite » BMW, histoire de faire oublier la Série 3 Compact et de pouvoir enfin s'opposer à l'A3, l'Alfa 147 et pourquoi pas à des modèles de grande diffusion comme la Golf, la Renault Mégane ou la Peugeot 307.

Même si ses tarifs sont un peu plus élevés que ceux des compacts de généralistes, la BMW Série 1 (prononcez Une) respecte tous les fondamentaux de la catégorie : une longueur contenue (4.22m), quatre à cinq places, une carrosserie bi-corps à 4 portes, un hayon et des sièges arrière basculants pour faire varier le volume du coffre. En signant ce modèle d'accès à la gamme qui devrait attirer une clientèle de conquête à 70%, BMW a pris soin de ne pas diluer son image, bref de ne pas donner dans le sous-produit. En découvrant la BMW Série 1 dans les concessions depuis le 18 septembre 2004, les clients (on attend aussi beaucoup de clientes) se rendent compte que les prix sont justifiés. Si le design apparaît moins consensuel que celui de l'Audi A3, l'habitacle restitue un authentique parfum BMW tandis qu'au niveau technologique, rien n'a été négligé. Les quatre moteurs proposés (2 essence et 2 diesel) s'apprécient tous pour leurs performances et le comportement routier ne souffre en rien, bien au contraire, de la propulsion aux roues arrière. Une exclusivité BMW puisque toutes les compactes du marché sont des tractions. Direction, freinage, confort font également partie des points forts tout comme la présence discrète mais efficace des aides électroniques à la conduite. Vendue en 20 versions à des prix allant de 21.600 e à 31.000 €, la BMW Série 1 pourrait par la suite sortir avec une carrosserie 3 portes. On ne parle pas encore de coupé ou de cabriolet.

Design

Face à l'Audi A3 lisse comme un galet, la Série 1 montre un traitement un peu tourmenté et atypique par rapport au reste de la gamme. Le long capot, l'arrière presque vertical et les flancs taillés comme sur le roadster Z4 pour jouer avec les reflets ne devraient pas déplaire à défaut de susciter les coups de foudre. A l'avant, pas de doute, la signature BMW saute aux yeux mais on aurait aimé un regard moins triste. Même critique au niveau des bas de caisse cintrés vers le bas. L'arrière somme toutes assez banal aurait pu être imaginé par Opel, Ford ou VW. Le hayon se relève très haut et s'ouvre sur un coffre modulable pratique. Point positif : les femmes trouveront la Série 1 plus drôle et pimentée que l'A3.

Habitacle

La contrariété vient du rapport dimensions extérieures/habitabilité. A l'avant, rien à dire, les occupants trouvent leurs aises y compris en largeur au niveau des épaules. Compte tenu du petit volume laissé aux jambes, les places arrière ne pourront accueillir que des enfants, voir des adultes pour de courts trajets. Avec un dossier trop droit et une assise de sièges ferme, le confort arrière ne fera pas volontiers des heureux.

L'ergonomie et la position de conduite du pilote n'ont rien à envier à celles des autres modèles de la gamme et BMW n'a pas essayé de réaliser des économies sur les composants sous prétexte qu'il s'agit d'un modèle d'accès. Les plastiques sont très corrects (d'aspect et au toucher) et sous la petite visière derrière le volant sont implantés des cadrans de contrôle cerclés d'aluminium. Au centre de la planche de bord prend place l'écran du fameux I-Drive relié à la molette de commande entre les sièges. Devenue plus simple d'utilisation, cette centrale de réglage se normalise. Ceux qui ne pourront pas s'offrir une sellerie en cuir (de bonne qualité et aux coloris chics) devront s'accommoder d'un tissu de siège assez quelconque mais apparemment solide. Enfin, regrettons le petit nombre de rangements à l'image d'une boite à gants minuscule.

Châssis

Un « sans faute » de BMW d'autant plus indispensable que cette Série 1 sera en grande majorité achetée par des clients n'ayant jamais piloté une BMW et surtout une propulsion. Il y a dix ans, ce choix n'aurait pas été possible mais aujourd'hui, en plus de l'équilibre de son châssis, de son long empattement, de ses voies larges et de ses porte-à-faux réduits, des systèmes électroniques surveillent sans faille les évolutions de la voiture. En série sur tous modèles on bénéficie de l'ASC+T (antipatinage), du DSC III (contrôle Dynamique de la stabilité) et bien sûr de l'ABS avec le CBC (contrôle de freinage en courbe), l'EBD (répartiteur de freinage) et le DBC (l'aide au freinage d'urgence). Ainsi nantie, la Série 1 s'avère aussi sûre que les tractions de la concurrence en offrant en plus une meilleure agilité, aucun effet de couple dans le volant à l'accélération et un agrément de conduite supérieur.

Moteur

Décidés à frapper fort face à l'Audi A3, les motoristes de BMW ont sélectionné 4 moteurs performants. En essence, le client aura le choix entre le 1600 cm3 de 115 ch et le 2l de 150 ch qui déménage mais se montre anormalement gourmand (11,9l pendant nos essai routiers). Chez BMW France, on est conscient que les ¾ des clients, y compris les citadins opteront pour le 2 litres diesel common rail proposé en version 122 ou 163 chevaux. Le premier offre un compromis performances/consommation excellent, le deuxième presque sportif étant plutôt dédié aux gros rouleurs. Ces deux diesel supplantent ceux de la concurrence mais on aurait pu travailler davantage pour réduire bruits et claquements à froid. En croisière, la discrétion mécanique est heureusement de mise.

Sur la route

Le premier contact avec la Série 1 déconcerte tant la portière se montre légère. On s'attend au pire en la refermant mais le bruit mat du verrouillage rassure. On est bien dans une vraie BMW. Bien installé au volant et face à un tableau de bord rationnel et fonctionnel, on s'empresse de lancer le moteur. Une manœuvre en deux temps avec d'abord la clé de contact puis l'inutile bouton de démarrage (mais ça fait sport !). Sans revenir sur l'agrément des moteurs, on est surpris surtout de la maniabilité, de l'agilité et de l'équilibre de la Série 1 qui effectivement ne pâtit pas de sa propulsion arrière bien au contraire. On sent vivre la voiture et à l'attaque, elle joue des hanches sans brutalité, les aides électroniques intervenant tardivement et en douceur. J'ai surtout apprécié l'amortissement et la motricité, l'absence d'un roulis excessif lors des mises en appui et des changements de cap, la précision de la direction et l'endurance des freins. Enfin ce châssis associé au diesel de 160 chevaux transforme la Série 1 en petite sportive et peu d'aménagements seront à prévoir lors de l'arrivée à moyen terme d'un 6 cylindres 3 litres de plus de 200 chevaux.

Equipements

Finition Confort Tous les équipements traditionnels relatifs au confort et à la sécurité, auxquels s'ajoutent les jantes en alliage de 16 pouces à rayons radiaux, la climatisation automatique à réglages séparés avec capteurs de buée, d'ensoleillement et de pollution, le détecteur de pluie et l'allumage automatique des phares, le régulateur de vitesse, le volant cuir trois branches, les vitres électriques à l'arrière et l'accoudoir central avant.

À retenir

BMW France annonce 3500 ventes au cours du dernier trimestre 2004 et de 8000 à 10.000 en 2005. Un objectif qui devrait être largement dépassé lorsque le bouche à oreille des premiers servis fonctionnera. Didier Maitret, PDG de BMW France estime que le succès de la Serie 1 devrait cannibaliser un peu les ventes MINI en bas et Série 3 en haut : « On s'aperçoit que de plus en plus de gens descendent en gamme mais souhaitent conserver le même niveau de luxe, de raffinements et d'équipement » explique t-il. Dans cette optique, la Série 1 de base dépourvue de climatisation ( !) ne sera jamais achetée, elle n'existe que pour meubler le tarif et offrir un prix d'appel. Les finitions les plus prisées seront la « Confort » et la « Luxe ».
points fortsSilhouette agréable, châssis de référence, comportement routier, confort, moteurs performants, équipements de sécurité actifs et passifs au top.
points faiblesPlaces arrière peu généreuses, accès à l'arrière, capacité du coffre, tissu des sièges, commande de boite perfectible, quelques bruits aérodynamiques, avertisseur sonore ridicule.
Les chiffres
Puissance : 122 ch
0 à 100km/h : 10s
Conso mixte : 5.6l/100

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