Nissan 370 Z / Porsche Cayman

David Lamboley le 25/08/2009

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Présentation


Vincent Desmonts

Vincent Desmonts
Depuis plusieurs générations, la Nissan Z pérpétue une lignée de coupés sportifs à tarif serré. La nouvelle 370 Z ne déroge pas à la règle et offre, pour à peine plus de 40 000 euros, des prestations quasi-imbattables : un V6 de 331 ch, un équipement complet et surtout une nouvelle ligne plus racée au dessin très réussi. Notons également un châssis raccourci de 10 cm par rapport à la 350 Z, ainsi qu’une qualité de fabrication en hausse, le tout sous une ligne véritablement spectaculaire. Une réussite !

Pour accéder à l’univers Porsche, deux solutions : l’occasion, ou le catalogue des voitures neuves. Mais ne rêvez pas, impossible de signer un bon de commande avec 40 000 euros en poche. Avec 50 000 euros, en revanche, il existe un modèle d’accès, le Cayman, petit coupé basé sur le Boxster. A vrai dire, le Cayman n’a quasiment pas changé depuis son apparition en 2005, et la discrétion relative de l’engin ne sonne pas forcément comme un reproche. Les nouveautés concernent principalement la mécanique, avec un nouveau moteur à injection directe cubant 2.9 litre et délivrant 265 ch, et surtout, en option, une nouvelle transmission à double embrayage PDK. Le prix de base du Porsche Cayman est en rapport avec l’aura de la marque, et ne comptez pas sur le moindre équipement superflu… A moins de dépenser encore plus.

David Lamboley

David Lamboley
Bref, sur le papier, la Nissan a une longueur d’avance. Alors pourquoi envisager un gros effort financier supplémentaire et se tourner vers le Cayman ? Tout simplement parce qu’il s’érige comme une référence plutôt que comme une alternative. Si le six à plat nouvelle génération ne manque pas d’agrément et de répondant, il manque de pep’s à moyen régime. Notre modèle d’essai, doté de l’option PDK, la boîte de vitesses à double embrayage à commande au volant, fait preuve d’efficacité mais dilue quelque peu les sensations. Le petit Cayman, donc, n’a rien d’un monstre assoiffé de performances ! Côté tenue de route, en revanche, c’est un monstre d’efficacité, capable d’offrir, en plus, une sacrée dose de confort. L’homogénéité de cette petite Porsche, mais aussi sa qualité de fabrication et sa fiabilité sont ses atouts les plus brillants.

Design extérieur et intérieur


Jérôme Desvignes

Jérôme Desvignes
Même si, de toute évidence, le budget consacré au développement de la Nissan 370 Z a été serré, cette presque nouveauté ne manque pas d’attraits. A commencer par sa ligne véritablement fabuleuse, mélange de courbes sensuelles et de coups de crayons énergiques, avec des formes tantôt en boomerang, pour les optiques et les feux, tantôt ovoïdes. L’empattement raccourci et la ligne de toit spectaculairement plongeante dès le pare-brise interpellent. A la voir, on a presque l’impression que le pilote est assis sur le train arrière ! Vue de dos, la nette progression des voies (+15 mm à l’avant et +55 mm à l’arrière) promettent également un comportement plus vif que sa devancière. Bref, la Japonaise en jette !


Jérôme Desvignes

Jérôme Desvignes
Dans l’habitacle, même topo, l’ambiance est plutôt jeune, moderne, avec quelques effets de style tel le bloc d’instruments solidaire de la colonne de direction, comme sa devancière. La qualité perçue, pour sa part, est en hausse sensible, et l’équipement est « up to date », avec notamment un démarrage sans clé. Côté ergonomie, en revanche, on a vu mieux…notamment du côté de chez Porsche. Le Cayman est en effet irréprochable sur ce plan, tout comme celui de la qualité des matériaux ainsi que de l’assemblage. Mais les lignes ont un peu vieilli, dehors comme dedans. Au chapitre équipement, c’est le minimum sur cette version d’attaque, et les éléments dont nous disposons, tel le GPS ou le boîte PDK (2960 euros), sont des options plutôt onéreuses. C’est aussi ça l’univers Porsche…
Intérieur Nissan 370 Z
Intérieur Nissan 370 Z Jérôme Desvignes
Intérieur Porsche Cayman
Intérieur Porsche Cayman Jérôme Desvignes

Mécanique et châssis


Jérome Desvignes

Jérome Desvignes
Le V6 Nissan prend du muscle : exit l’ancien V6 3.5 litres « VQ35 HR » et place au « VQ37 VHR » cubant 3.7 litres, celui des Infiniti G37 et FX37. La puissance passe de 313 à 6800 tr/mn à 331 ch à 7000 tr/mn et le couple, presque inchangé, de 358 à 4800 tr/mn à 365 Nm à 5200 tr/mn. Cependant, ce nouveau bloc s’avère être un des plus « technologiques » de la famille VQ. Le système de distribution entièrement variable, avec un timing d'ouverture et de levée des soupapes d’admission et d’échappement, est totalement géré par électronique, avec à la clé de meilleures performances énergétiques… sur le papier. Il semble difficile, en effet d’avoir le pied constamment léger, et même avec de gros efforts, difficile de consommer moins de 15 litres/100 ! En, revanche, les rejets de CO2 /km passent de 280 (sur la 350 Z de 313 ch) à 249 g/km, ce qui permet à la Nissan 370Z d'échapper au gros malus écologique de 2600 euros. Côté boîte, on retrouve celle de la 350 Z, mais avec une commande revue aux débattements raccourcis. Nouveauté, le système Synchro Rev Control, décactivable, permet des talon-pointe automatiques au rétrogradage. On notera également un empattement raccourci de 10 mm, bénéfique à la vivacité, une longueur totale amputée de 7 cm et une largeur supérieure de 3,3 cm. La voie arrière, pour sa part, gagne 5,6 cm.

David Lamboley

Jérome Desvignes
Le Porsche Cayman n’est pas en reste. Si le châssis, excellent, ne change guère, le six à plat revient avec une injection directe et pas mal de changements internes : bloc renforcé, lubrification optimisée et frottements réduits, masse de l’équipage mobile en baisse, admission et échappement retravaillés. Les ingénieurs n’ont pas chômé et ont véritablement remis à plat le six cylindres ! Pourtant, à l’usage, on ne peut pas dire que ce flat six mette le feu au bitume. Les sensations sont peu présentes à moyen régime, un peu plus vers le haut du compte-tours, et plutôt gratifiantes à la limite de la zone rouge, avec une sonorité typiquement Porsche. La boîte PDK, techniquement réussie, enlève en revanche pas mal de sensations en conduite sportive. D’autant que la boîte manuelle Porsche est un modèle du genre, alors pourquoi dépenser plus ? Finalement, si on compare le bloc allemand de 265 ch au V6 nippon de 331 ch, c’est un peu mettre face à face la force tranquille et la force brute. Une question de sensations, donc, qui fait de la Porsche un engin parfaitement vivable au quotidien, et de la Nissan un mini-dragster plutôt fun.
Tableau de bord Nissan 370 Z
Tableau de bord Nissan 370 Z Jérôme Desvignes
Intérieur Porsche Cayman
Intérieur Porsche Cayman Jérôme Desvignes

Sur la route


Jérôme Desvignes

Jérôme Desvignes
Allons-y tout de go, la Nissan 370 Z contre la Porsche Cayman, c’est le camion contre le vélo ! Entendez par là que les sensations au volant ne sont pas les mêmes… Plutôt brute dans ses réactions, difficile à cerner au premier abord, dotée d’un typage de suspension peu homogène, la Nissan 370 Z donne l’impression qu’elle est plus grosse et plus lourde qu’elle ne l’est. Plus vive que la 350 Z dans ses réactions, avec une direction un peu plus précise, toujours très fun à mener, elle regorge de caractère. Mais ce goût rustique, pas désagréable, pourra en rebuter plus d’un…

A bord de la Porsche Cayman, c’est un autre monde. La suspension tout d’abord, souple, confortable, mais parfaitement calibrée pour l’attaque, avec une précision diabolique, une vivacité et une légèreté qui font défaut à la Nissan. L’ergonomie parfaite incite également à rester à bord ! Avec le Cayman, on peut envisager sereinement de « bouffer des bornes », puis de s’échapper sur les départementales tortueuses avec un égal bonheur. Comment mieux illustrer l’excellente homogénéité de l’Allemande ? Au fait, elle reste également une freineuse de premier ordre, bon sang ne saurait mentir…

Jérôme Desvignes

Jérôme Desvignes

Notre avis


David Lamboley
La Nissan 370 Z contre la Porsche Cayman, c’est finalement une question de goût et de philosophie plus qu’une simple question de prix. A vrai dire, il est presque impossible de les départager sur le plan du caractère. Le design et le sport fun à prix d’attaque côté Japon, la rigueur, l’homogénéité et l’aspect statutaire côté Allemagne, difficile de trancher. Mais si l’on réagit froidement, sans état d’âme, le rapport prix/prestations de la Nissan 370 Z reste, il est vrai, imbattable…tant que l’on aborde pas le chapitre de la valeur résiduelle après quelques années. Voilà de quoi réfléchir avant de signer pour la Japonaise…

Jérôme Desvignes

Jérôme Desvignes
NISSAN 370 Z

Points forts
Rapport prix/prestations, look spectaculaire, qualité de fabrication en hausse, caractère moteur et châssis

Points faibles
Comportement manquant de rigueur, réactions vives en conduite sportive, consommation

PORSCHE CAYMAN

Points forts
Comportement super efficace en conduite sportive, tout en étant confortable aux allures usuelles, super d’homogénéité, qualité de fabrication

Points faibles
Tarif, équipement pauvre, moteur manquant de répondant à moyen régime, option boîte PDK occultant les sensations

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Commentaires

avatar de Keuloks
Keuloks a dit le 27-08-2009 à 16:13
Impasse sur les rejets de co2 pour le porsche, pourtant ils ont à la pointe là dessus. Mais j'aurais plutot vu un cayman S Vs. 370Z
avatar de propulsion
propulsion a dit le 26-08-2009 à 10:16
courage, compliments surtout aux 2 constructeurs de diffuser en France (pays complexé par les belles et les bonnes autos) ces 2 modèles vers lesquels les flics braquent immédiatement la jumelle. Normal, leurs femmes leur font acheter des scénic et picasso.