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Acheter une ALFA ROMEO 1600 Spider Duetto (1966-1968)

Julien Lombard le 18/02/2009

Note au lecteur : ce guide ayant été publié le 18/02/2009, les prix indiqués pour les pièces et la côte des véhicules risquent de ne plus refléter l'état du marché actuel.

Avec son style épuré et très personnel et son excellent double arbre, l'Alfa Romeo Duetto est un des cabriolets les plus séduisants des années 60.

Historique

ALFA ROMEO 1600 Spider Duetto (1966-1968)

En septembre 1955, quelques mois après la berline, est lancée la Giulietta Spider, dessinée par Pinin Farina et animée par un moteur 1300 double arbre. Surnommée la signorina, elle remporte un grand succès, en Italie comme sur les marchés extérieurs.
En 1962, est dévoilée la berline Giulia à moteur 1600 et boîte de vitesses à cinq rapports. Cependant, les nouvelles versions sportives se font attendre. Dans l'immédiat, le Spider Giulietta, rebaptisé Giulia, reçoit la nouvelle mécanique, restant en production jusqu'en 1965. Par ailleurs, le cabriolet GTC, dérivé de la Sprint GT, est produit en faible quantité en 1965-66.

Le nouveau Spider dessiné par Pininfarina n'est présenté qu'en 1966. Si sa ligne apparaît très novatrice, elle a été annoncée depuis dix ans par six prototypes du carrossier turinois et d'abord par la Super Flow d'avril 1956. Animée par un moteur 6 C 3500, celle-ci se caractérise par ses flancs convexes qui comportent une profonde rainure longitudinale (formes qui favorisent l'aérodynamisme et la stabilité en cas de vent latéral), ses phares placés sous un carénage en plexiglas et ses parties avant et arrière plongeantes. Elle est suivie, la même année, de la Super Flow II puis, en 1959-60, des Spider Super Sport et Coupé Super Sport. On se rapproche encore plus des formes et des dimensions du modèle définitif avec les Giulietta Spider Aerodinamica de 1961-62, munies toutefois de phares rétractables.

Au Salon de Genève 1966 est dévoilée la « 1600 spider » (type 105.03). Suite à un concours, elle est baptisée Duetto, même si l'appellation n'est pas retenu officiellement. A l'usine, on parle volontiers d' « os de seiche », par allusion à la forme de l'arrière. Notons que les lignes novatrices du Spider sont fraichement accueillies, à la différence de ses qualités dynamiques.

En janvier 1968, le Duetto cède la place à la 1750 Spider Veloce (type 105.57), modèle à la carrosserie identique, équipé d'un moteur de 1800 cm3. Quelques mois plus tard est lancée une version plus économique, baptisée Spider 1300 Junior (type 105.91).
Fin 1969, le Spider fait l'objet d'un profond restyling, avec l'adoption d'une partie arrière à pan coupé : la 2e série, dite coda tronca, remplace la coda longa.

Identification

Numéro de série : gravé sur la cloison pare-feu à côté de la fixation du capot
Plaque constructeur : sur la cloison pare-feu
Numéro de moteur : sur le carter, côté droit.

Par rapport au Spider coda tronca, le Spider coda longa se reconnaît à :

- son arrière en forme « d'os de seiche » ;
- ses petits feux arrière affleurant et ses catadioptres rapportés ;
- son pare-chocs arrière en deux parties ;
- son pare-chocs avant incluant une prise d'air et son cœur de calandre plus haut et plus étroit ;
- son pare-brise moins incliné et ses essuie-glaces qui se croisent en bas du pare-brise ;
- son tableau de bord en tôle peinte, dépourvu de console centrale.

- son monogramme « Alfa Romeo » en lettres cursives sur le coffre arrière ;
- ses roues de 15 pouces (roues de 14 pouces en série sur la 1750 et en option sur la 1300) et ses enjoliveurs spécifiques ;
- son répétiteur de clignotant en forme de goutte d'eau, placé derrière le passage de roue avant (qu'on retrouve cependant sur les tout premiers 1750 Spider Veloce) ;
- son rétroviseur extérieur (généralement) placé sur l'aile avant et non sur la portière ;
- ses phares munis d'un carénage en plexiglas (absent sur la 1300).

Groupe motopropulseur

Le Duetto est animé par le fameux quatre cylindres en ligne double arbre Alfa Romeo, entièrement en alliage léger ; sa première mouture de 1300 cm3 a fait son apparition sous le capot de la Giulietta en 1954.

La version 1600 cm3, secondée par une boîte de vitesses à cinq rapports est apparue en 1962, lors du lancement de la Giulia TI (92 chevaux DIN). Le Duetto est équipée du même moteur que la Giulia Sprint GT Veloce ; il est à la fois plus puissant et plus souple que le moteur de la Sprint GT et plus coupleux que le moteur de la TI Super et de la Giulia Spider Veloce.

La cylindrée est de 1570 cm3 (78 x 82 mm). L'alimentation est assurée par deux carburateurs horizontaux double-corps Weber 40 DCOE 27. La puissance est de 109 chevaux DIN à 6000 t/m (le couple maximal s'établissant à 14,2 mkg à 4000 tours/min). Le Duetto peut dépasser 185 km/h.

Puissant et solide, le moteur du Duetto peut atteindre aisément 200 000 km à condition de respecter deux règles d'or : d'une part, bien faire chauffer la mécanique (environ 20 minutes) avant de monter dans les tours, d'autre part, veiller à son entretien régulier.

vLes brides des carburateurs sont à vérifier. Sinon, au-delà de 100 000 km, on remarque parfois une fumée bleue, qui indique que les guides de soupapes (voire les joints de queues de soupapes) sont fatigués.

La boîte à cinq vitesses est solide même si l'on note, comme souvent chez Alfa Romeo, une certaine fragilité du synchro de 2nde. La pratique du double débrayage permet de ménager les synchros.

Suspensions et trains roulants

Le Duetto possède les mêmes trains roulants que la berline Giulia et le coupé Giulia GT. A l'avant, les roues sont indépendantes avec triangles superposés de longueur inégale, ressorts hélicoïdaux, amortisseurs télescopiques et barre anti-roulis. A l'arrière, on trouve un essieu rigide, avec des ressorts hélicoïdaux et des amortisseurs télescopiques coaxiaux. Notons que l'essieu rigide est soigneusement guidé, à la fois par des barres de réactions longitudinales et par une barre en forme de T pour les efforts transversaux. D'autre part, les débattements sont limités par un système de sangles et de tampons en caoutchouc.

En matière d'entretien, il faut veiller au changement des silentblocs des trains avant et arrière au bout de 100 à 120 000 km. Cependant, même si la voiture n'a pas atteint ce kilométrage, les silentblocs sont souvent fatigués au bout d'une vingtaine d'années.
Signalons d'autre part que le montage de ressorts et/ou d'amortisseurs et de silentblocs plus durs est déconseillé car il a tendance à « fatiguer » la caisse.

Structure, carrosserie, châssis

Le Duetto possède une carrosserie monocoque autoportante.
Perçues comme très novatrices en 1966, ses lignes, signées Pininfarina, ont été mal accueillies à l'époque. C'est d'ailleurs essentiellement pour cette raison et aussi parce que la poupe en « os de seiche » rendait les manœuvres de parking difficiles (et risquées pour la carrosserie…) que l'arrière a été modifié dès la fin 1969, même si on a officiellement mis en avant les qualités aérodynamiques de l'arrière à pan coupé (suivant les théories d'Herr Professor Wunibald Kamm).

La capote, de couleur noire quelle que soit la teinte de la carrosserie, est d'un maniement aisé et son étanchéité apparaît satisfaisante. Le hard-top, présenté en novembre 1966 et également de couleur noire, possède une vaste surface vitrée. S'il rend plus confortable la conduite hivernale, sa lourdeur fait que son maniement est difficile.

Le nuancier du Duetto comporte pas moins de neuf couleurs : blanc, ivoire, deux nuances de rouge, bleu moyen, bleu ciel, gris, vert et noir.
Le Duetto est très sensible à la corrosion, qui s'attaque notamment à la jupe arrière, aux bas de caisse, aux planchers, etc. Il va sans dire qu'un examen minutieux, avec passage sur un pont, s'impose avant l'acquisition.

Freinage, direction et pneus

Le freinage du Duetto est assuré par quatre disques.
De série, le Duetto est équipé de jantes en acier ajourées de 15 pouces de diamètre et de 4,5 pouces de large, chaussées de pneumatiques de type 155 SR 15.
La direction est soit à circuit de billes (Burman), soit à vis globique et galet (ZF).
Notons qu'il vaut mieux éviter de monter des jantes et des pneus plus larges : ils alourdissent la direction et « fatiguent » la caisse.

Habitacle et finitions

Le Duetto est équipé d'un tableau de bord en métal peint couleur carrosserie. Le tachymètre et le compte-tours, dont les graduations sont décalées, sont placés sous une visière en plastique en face du conducteur.
Les cadrans auxiliaires (jauge à essence, manomètre de pression d'huile et thermomètre d'eau) sont placés sur des platines chromées, situées au milieu du tableau de bord et orientées vers le conducteur.

Le volant en bakélite noire est à trois branches, avec commande du klaxon sur chacune des branches.
Le cache de l'autoradio comporte un monogramme Pininfarina (Alfa Romeo sur les tout premiers exemplaires).
Les sièges, munis de dossiers réglables sont en skaï noir, parfois rouge, les contre-portes étant assorties. La qualité des garnitures va s'améliorer durant le millésime 1967.

Sur la 1750 Spider Veloce, la présentation reste identique, à l'exception du volant en bois, du cendrier plus volumineux et du déplacement de certaines commandes.
L'intérieur du Spider 1300 Junior se reconnaît à son volant en bakélite à deux branches, ainsi qu'à son absence d'allumage-cigare.
Sur la version coda tronca, le tableau de bord sera modifié en profondeur (utilisation de plastique moulé, apparition d'une console centrale) sur les versions haut de gamme (1750 puis 2000), tandis que les Junior garderont une présentation similaire.

Prise en main

Le Duetto, première mouture du spider Giulia, est une superbe auto au style très personnel, avec ses flancs creusés et son arrière en forme d'os de seiche. On est frappé par la pureté de cette version originelle, que ne vient gâcher aucun accessoire disgracieux et qui se caractérise par la finesse des détails, comme les prises d'air avant encadrées par les lames de pare-chocs et les petits feux arrière intégrés. Le propriétaire de notre voiture d'essai a eu le bon goût de conserver les jantes en tôle d'origine, tandis que la rare couleur Grigio grafite va fort bien au Duetto, changeant agréablement du sempiternel rouge.

N'affichant que 56 000 km d'origine, notre Duetto possède un intérieur dans un état exceptionnel. Les garnitures en skaï rouge foncé contrastent agréablement avec la teinte de la carrosserie et du tableau de bord (en tôle peinte). La présentation est sobre voire spartiate (on trouve des tapis en caoutchouc…), mais le charme opère toujours, avec le long levier de vitesses incliné, les inscriptions en italien et les manos trônant sur leurs platines orientées vers le conducteur… L'abondance de touches chromées égaye l'atmosphère.

L'installation à bord n'est pas aisée pour les grands gabarits, lesquels devront tendre la jambe droite pour la faire passer sous le volant… Faute de sièges reculant suffisamment, la position de conduite est loin d'être idéale, obligeant à écarter les genoux. En revanche, le pédalier au plancher n'est pas gênant.

Contact. Le double arbre émet un son rauque, encore amplifié par la ligne d'échappement en inox à laquelle il manque un silencieux : un vrai bonheur !
Un petit « galop d'essai » sur l'autoroute, capote levée, vient nous confirmer que ce n'est pas le terrain de jeu favori du spider ; s'il n'a pas de mal à suivre le rythme, il se montre en revanche extrêmement bruyant aux allures légales. Faisant figure d'OVNI, le Duetto gris ne passe en tout cas pas inaperçu…

Il est temps de rejoindre les petites routes de Bourgogne et de décapoter – manœuvre instantanée - malgré le froid. Le Duetto s'avère très maniable, tandis que la boîte de vitesses est un régal à manier et que le moteur nous gratifie de montées en régimes aussi instantanées que mélodieuses. Le « petit » 1600 suffit largement pour se faire plaisir. Certes, la pédale de frein est dure, la caisse manque de rigidité, tandis que le pont arrière rigide rappelle sa présence sur mauvais revêtement. Pour autant, le Duetto reste extrêmement agréable à conduire sur les petites routes, que ce soit en flânant ou en accélérant un peu plus l'allure…

Budget d'entretien et cote (en 2009)

En très bon état, un Duetto se négocie environ 12 500 euros
L'entretien courant suppose une vidange du moteur (avec changement du filtre à huile) tous les 5000 km ou chaque année. Le réglage de l'allumage et de la carburation se fait tous les 10 000 km ou une fois par an.
La vidange de la boîte et du pont s'effectue tous les 20 000 km ou tous les deux ans.
Enfin, il faut changer les liquides de refroidissement, de frein et d'embrayage tous les deux ans.

S'agissant de la mécanique, la disponibilité des pièces est très bonne. Par ailleurs, la plupart des pièces spécifiques se trouvent facilement, notamment pour la tôlerie et l'accastillage. A titre d'exemple, une bulle de phare (reproduction) est affichée 76 euros TTC l'unité, un cabochon (reproduction) de feu arrière 123 euros TTC. Certaines pièces sont très onéreuses ; un demi pare-chocs avant coûte ainsi pas moins de 650 euros TTC. (Tarifs aimablement fournis par la société Victor Parts). Dans tous les cas, il est donc conseillé de faire l'acquisition d'un exemplaire complet.

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www.alfaholics.com
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Remerciements

Christophe GENTIL (Garage Gentil, 89440 L'Isle sur Serein)
Garage Quadrifoglio
Victor Parts


À retenir

Premier modèle de la longue lignée des Spiders type 105, le Duetto est une des Alfa Romeo les plus marquantes de l'après-guerre, immortalisée par Dustin Hoffman dans le film « Le lauréat ». Bénéficiant d'un style inimitable, le Duetto est un régal à conduire sur les petites routes, son moteur ne demandant qu'à monter dans les tours et sa boîte de vitesses s'avérant très agréable à manier, tandis que son comportement se montre prévenant, même s'il vaut mieux garder le pied léger sur route détrempée…. S'il donne beaucoup à son propriétaire, le Spider n'est pas caractériel, sous réserve d'être bien entretenu. Cependant, il est très sensible à la corrosion ; on prendra donc garde à ne pas faire l'acquisition d'un exemplaire habilement maquillé. Signalons enfin que la forme très particulière du Duetto se traduit par une grande vulnérabilité lors des accrochages ; il ne s'agit donc pas d'un modèle adapté à la circulation urbaine.
points fortsLigne très personnelle, moteur brillant, très bonne boîte de vitesses, performances honorables, fiabilité mécanique
points faiblesCorrosion galopante, rare en bon état et souvent maquillée, voiture peu adaptée à la circulation urbaine, pièces spécifiques parfois très onéreuses

Avis des propriétaires

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Commentaires

avatar de gouyasse
gouyasse a dit le 13-12-2016 à 22:35
en bonne etat 12500 euros, j y crois pas tellement.
avatar de interpaul
interpaul a dit le 08-07-2014 à 20:10
Bonjour, je cherche un tableau de bord de 1600 coda tronca 1974 Merci !!!
avatar de melkior
melkior a dit le 30-12-2013 à 00:16
Propriétaire d'un spider depuis 8 ans de 1979 je ne peux que vanter la robustesse du moteur 2 litres et de la boite qui ont certainement vécu de mauvais moments car il arrive de californie et là bas on ne leur fait pas de cadeau.Il est rendu à 165000km ne consomme pas d'huile .Il est très confortable par rapport à triumph ou mg décapoté ce n'est que du bonheur. La fragilité alfa : quelle fragilité !!!!
avatar de 199830ZZP
199830ZZP a dit le 25-08-2013 à 12:55
Bonjour J ai acheté un spider série 3 de 1987. Quelqu un peut il de donner les référence d une housse pour couvrir la voiture Merci Robert
avatar de carpe_diem_54
carpe_diem_54 a dit le 29-10-2012 à 22:59
Heureux propriétaire d'un spider 2.0i de 1990 en provenance de sa mère patrie avec seulement 45.000 km, c'est une voiture intemporelle au physique inégalable même s'il y a eu des versions plus agréables mécaniquement... ce n'est pas ma première Alfa à 58 ans mais ce moteur double arbre est un des meilleurs de tous les temps avec le XK Jaguar. Tout le reste n'est que pâle copie ou simple broutille mécanique. Au volant d'un spider, c'est carpe diem et tout le reste n'est que littérature... ENJOY !!!!